gato
Comme toujours à la fin du banquet, ceux qui trônent à la table des mariés reprennent deux ou trois fois du dessert. Et vous, en bout de table, vous avez beau crier poliment que vous voudriez bien une autre part de gâteau, parce que vous n’avez eu qu’une lichette, rien à faire personne ne vous entend.

Pour ceux qui ne connaissent pas très bien le milieu du livre, petit rappel des chiffres en vigueur depuis la nuit des temps...
Voici la répartition* des gains sur le prix d’un livre vendu :

Libraire : 30 %
Diffuseur / distributeur : 28 %
Fabrication (imprimeur) : 14,5 %
Editeur : 14 %
Auteur : 8 %
TVA : 5,5 %

On peut remarquer que l’auteur est juste un peu mieux servi que l’état, qui dans sa généreuse largesse, applique une TVA à 5,5 % sur les produits littéraires au lieu des 19,6 % habituel… Il n’empêche que lorsqu’un livre est signé par 2 personnes, auteur et illustrateur par exemple, comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse ou en bande dessinée, la part de gâteau étiquetée « auteur » ne bouge pas. C’est donc la part des 8 % qui est partagée en deux : 4 % chacun. Et là, dans ce cas précis, l’état gagne davantage sur un livre que chaque auteur...

Mon propos n'est pas de remettre en question la légitimité de la TVA... Je remarque juste, que si la part des auteurs est si infime, c'est à cause des deux gros gourmands qui se baffrent de gâteau confortablement assis à la table des mariés. Suivez mon regard... Mais le nouvel ordre mondial et numérique arrive à grands pas aux portes du marché du livre. Et comme il est écrit dans la bible, un jour, les premiers seront les derniers (mais il y a beaucoup de conneries écrites dans la bible, comme dans tout bon livre dogmatique qui se respecte...).

* Cette répartition est une moyenne. Ces chiffres peuvent variés d’un poste à l'autre, selon les livres, mais pas de beaucoup…