mardi 31 octobre 2017

Carnet, livre en chantier...

carnet_86-87

Dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
je convoque Victor H. pour un apéro-café.

– Gribouillis préparatoires, découpage narratif, mise en page,
encre & café dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

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samedi 28 octobre 2017

Cailloux (fragments de)

hasguor

Au nord de la mer d'Hasguör trônait une île, vieille de cinq-mille ans,
où le Roi avait ordonné, par dépit amoureux, de faire détruire
les sept ponts qui reliaient son royaume au continent.

On raconte que lors de la nuit qui a précédé la démolition des édifices,
une pluie de cailloux, aussi durs que celui qu'il avait dans le cœur,
s'est abattue sur l'océan.
Au matin, une gigantesque digue de granit – indestructible –  
avait définitivement arrimé l'île à la côte.

Mais même dans les ouvrages anciens publiés au pays d'Örsnær,
nul ne fait état de la soudaine disparition du triste Souverain,
au lendemain de cette nuit de chaos.


– Dans mes carnets, mots en vrac,
écrire des fragments de vaines légendes et essayer d'y croire –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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mercredi 25 octobre 2017

Ouvertures célestes...

peau01

Tenter de dessiner la peau dans les vibrations de l'âme.
Chercher la ligne fragile et provisoire qui résumera tout.
Les sons, les odeurs, la braise sous la neige, les émanations sauvages
au creux d'une goutte de rosée, la densité de cet intime secret ;
être au monde.

peau02

J'aime tellement les parfums qui flottent dans l'air de cet endroit...
Profonds comme la mémoire de l'univers.
Une aube nouvelle ; à quatre pattes dans les herbes hautes,
la croupe cambrée en ouvertures célestes.

 

– Mots en vrac, gribouillis préparatoires, encre & café dans mon carnet 
(nouveau livre en cours)

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lundi 23 octobre 2017

Prends le parti du risque de l'erreur

 – Yves Simon « Raconte-toi » - une chanson de 1975, éternellement ajustée –

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mardi 17 octobre 2017

Les petites filles méchantes

fillesmodèles

Pendant que la « planète fille #MeToo #balancetonporc » relit Barbe Bleue et comptabilise les mains au cul qu'elle aurait oubliées au fil de son parcours intersidéral, moi je lis L'Homme Sauvage & l'Enfant – l'avenir du genre masculin – de Robert Bly (éditions du Seuil, 1992).

Et je repense aux petites filles modèles de la cour de récré de mes dix ans. Ces petites filles méchantes qui frottaient leur timide féminité à la virilité des garçons vulgaires.
En se laissant tripoter par « les autres », elles me souriaient gentiment, me laissant là, violemment sur le seuil, le cœur durablement en miettes, dans mon rôle d'éternel meilleur ami, exclu des premiers jeux érotiques.
Peut-être étais-je, à leurs yeux, trop doux, trop « poète », ou certainement pas assez « protecteur » pour attiser leur libido en construction...


Après toutes ces années, je ne suis devenu ni gay, ni rock star, ni serial killer...
Juste un môme éternel.

Aujourd'hui, les petites filles modèles postent leurs selfies, leurs hashtags « à la con », des photos de leurs chats et de leurs décos de noël sur facebook. Et moi... J'écris, je dessine et publie des livres en homme libre.

 

« Les petites filles modèles
Se moquaient bien de moi
Tu n'es pas connu disaient-elles
Tu n'as pas l'air d'un roi
Les petites filles méchantes
Aimaient jouer avec moi
Elles avaient une façon cruelle
De s'endormir entre mes bras. »

– William Sheller (Les petites filles modèles / 1982) –

Gravure : anonyme. Vers 1900...

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samedi 14 octobre 2017

Poëtes !

poètesetleshommes

Page 96 !
On avance...

 

– Gribouillis préparatoires, dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

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jeudi 12 octobre 2017

Elles savent...

femelle

Tant que les combats pour les droits des femmes et contre les violences faites aux femmes ne se nourriront que de buzz sur les réseaux sociaux et d'opportunisme émotionnel dans les médias ou au café du commerce, rien ne changera. Tant que la culture diabolisante du bouc émissaire mâle sera le moteur des ces légitimes combats féministes, rien ne changera.

En Amérique latine, les femmes mettent en avant leur féminité de femelle pour crier leur force et leur puissance archaïque. Elles ne mettent pas les hommes au pilori et dans le même panier, à la première occasion venue. Elles ne se victimisent pas par principe. Elles savent que c'est le féminin sacré qui les accompagne depuis la nuit des temps dans leur combat quotidien. Elles s'interdisent de sortir les crocs, pour un oui, pour un non... Elles savent que leur force est dans leurs entrailles de femelles, pas dans la haine stupide contre les mâles.

Elles savent.

Je ne sais pas si l'apaisement de l'Humanité est entre les mains de la « Femme Sauvage * », entière, intuitive et créatrice de mondes. Mais ce qui est sûr, c'est que cet apaisement n'est ni entre les mains du sextrémisme à la sauce ukrainienne (les Femen), ni entre celles de la working girl parisienne qui s'exaspère de son statut de femme en escarpins, et pleurniche sur France Inter ou sur facebook.

 

* Est-il besoin de préciser que le terme « Sauvage » dans ce contexte
ne signifie pas pour moi « féroce » ou « brutal », mait tout l'inverse ? Oui. Je le précise...
Je précise aussi que le concept de « Femme Sauvage » est emprunté à
Clarissa Pinkola Estés , dans son livre « Femmes qui courent avec les loups ».

– Photo © Chanel Baran –

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lundi 9 octobre 2017

Mon rendez-vous avec l'Histoire - Blois 2017

blois bando2017

« L’Histoire est le produit le plus dangereux
que la chimie de l’intellect ait élaboré. 
Ses propriétés sont bien connues. Il fait rêver, il enivre les peuples, 
leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, 
entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, 
les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution, 
et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines. »

– Paul Valéry –

 

L'histoire est trop souvent écrite par les vainqueurs...
Mais la bonne nouvelle, c'est que les poètes ont toujours raison !

expo_males

Exposition « ÉtuŋwAŋ / Celui-Qui-Regarde »
(Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique 2016)

expo_lampe

Commissaire de l'exposition : Sylvain Gache (pour bd BOUM)
Scénographie : Bruno Goujon (pour bd BOUM)

expo_bureau

Du 4 octobre au 2 décembre 2017
Bibliothèque Abbé Grégoire, Blois

expo_chambre

Un grand merci aux belles personnes des Rendez-Vous de l'Histoire et de bd BOUM !

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Photos : D.R.

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mercredi 4 octobre 2017

Au commencement (?)

guerre_du_feu

Selon Levi Strauss, chez les peuplades qui ne connaissent pas la cuisson des aliments, les mots « cuit » et « cru » n'existent pas. Ici, ce n'est donc pas le langage qui induit le mode de vie ou de penser. C'est l'inverse. Il serait idiot de croire que c'est parce que ces concepts sont absents de leur langage, que ces peuplades ne connaissent pas (ou n'ont pas pu avoir accès à) la cuisson des aliments.

Au commencement est l'action.
(Et non le verbe)
L'Homme (ou la Femme ?) invente le feu.
Et ensuite il (ou elle !) le nomme : « Ffff »
(Feu, Fire, Fuego, Feuer, etc. peu importe...)


Ce n'est pas parce que le masculin l'emporte sur le féminin dans la grammaire française que la société française est phallocrate. C'est peut-être l'inverse. Et encore, ça reste à prouver... Aucune affirmation sur un territoire aussi vaste et complexe que la liguistique ne peut être décrétée vérité absolue. Ce qui est sûr, c'est qu'essayer de modifier le langage (avec l'écriture inclusive, non « genrée ») afin d'influencer et de modifier la pensée sexiste, est un fantasme autoritaire et totalitaire. Ça ne sert à rien. Ce n'est qu'une idée un peu « bébête » de publicitaires. De communicants* qui s'autoproclament « très influents »... Une lubie d'urbains déconnectés des archaïsmes les plus fondamentaux, qui monopolisent les réseaux sociaux avec leur prosélytisme mondain et condescendent.

Puisqu'au commencement est, bel et bien, l'action.
(Et non le verbe)

Les peuples primitifs (ceux d'avant le langage) ne connaissaient évidemment pas le mot « liberté »Mais il serait idiot de croire qu'ils n'avaient aucune conscience du sentiment de liberté (en opposition de celui de captivité) lorsqu'ils étaient, par exemple, prisonniers d'une tribu adverse.

Il est même fort probable que les peuples premiers aient eu conscience de manière intuitive de la masculinité du soleil et de la féminité de la lune bien avant de formuler ou d'écrire un seul mot articulé. Il n'y a guère que ces pauvres anglais qui n'ont pas réussi à trancher (the moon, the sun...).

Pourtant la lune est bel et bien une femme. Le vent est bel et bien un homme. La pluie est bel et bien une jeune fille. Le chène est bel et bien un grand-père et la forêt, une grand-mère. J'en suis intimement persuadé. Quand tu vis en pleine campagne depuis plus de 15 ans, on te la raconte pas avec le sexisme du langage...

Les gens de la ville sont des sots,
C'est la faute à Voltaire.
C'est c'que disent les gens d'la terre,
C'est la faute à Rousseau.

* Pour info : http://www.motscles.net/le-chemin-de-influence
(Attention ! Voyage surréaliste dans le monde « merveilleux » des communicants)

– Photo : « La Guerre du Feu » - un film de Jean-Jacques Annaud - 1981
(d'après le roman de J.H. Rosny aîné - 1909) –

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