franchise

Ça y est... Même la franchise devient irrévérencieuse.
T'as vu ça ?
L'âme humaine – celle qui, normalement, vibre et frétille
de ses merveilleux paradoxes pluriels – est morte. 
Ça y est. On y est...
Tout bouffi de morale et de progrès, étouffé par son désir collectif
de troupeau et de réseau,
sclérosé par sa dépendance à la sécurité
et au confort,
l'être humain a vendu sa liberté de parler, de fumer,
de toucher le cul des filles ou des garçons,
d'embrasser celui du diable,
de péter à table et de dire merde à celui qui vient lui briser les burnes
pour l'empêcher de danser en rond autour du cercle magique...

Tout ça pour pouvoir rester un petit consommateur, connecté,
prudent et bien au chaud. 
Putain !

Allez...
Tout le monde au garde-à-vous, en position du missionnaire !

On ne mange plus de viande.
On se vaccine. On bouffe de la merde.
On met des ".e" à la fin de chaque mot.
On se soumet à l'insoumission de pacotille.
On chante les cantiques de saint François Ruffin.
On se prosterne devant la rationalité et l'objectivité.
On like ! (Même la médiocrité, m'sieur ? Mais oui ! Surtout la médiocrité !)
On extermine tout ce qui est passionnel, instinctif et incontrôlable.
On oublie ses rêves, surtout les plus immoraux.
On lit la MédiaPravda du révérend père moustache, ce héros…
Et on ferme sa gueule si on n'est pas d'accord !
Ou alors, on prend un pseudonyme de chien-chien émasculé 
pour japper derrière son p'tit clavier.

Alors... Puisque c'est l'heure obcène et factice de la tétée,
veuillez, mon jeune ami, avoir l'obligeance de vous vautrer sans détour 
dans les idéaux putrides de ce royaume de faux-culs, 
léchés par des langues de bois.




– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments d'échec collectif
et puis écrire encore. En mon nom et conscience –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)