vendredi 31 août 2018

Rituel

statuesmenhirs

On trouve des statues menhirs un peu partout autour de nous. En Aveyron, sur Guernesey, au Portugal ou aux alentours de Barcelone... Elles ont toutes le même âge : 3000 ans.
Je me demande souvent ce que vont trouver les archéologues, d’aussi puissant et émouvant, dans trois millénaires. Que vont-ils découvrir de nous, qui archivons toute notre précieuse intimité sur le big data ? Nous qui faisons confiance aux réseaux sociaux (tout en les critiquant) pour mémoriser nos insignifiantes petites existences.
Ils ne trouveront certainement rien. Les données numériques auront été vraisemblablement effacées par un bug géant, un orage cosmique ou une main malveillante (ou bienveillante ?) qui aura tout désintégré d’un simple clic. Il ne restera que des unités de stockage, vides et rouillées.
Il m’arrive parfois d’enterrer des clés usb au fond de mon jardin. J’y mets des scans de dessins inédits et inavouables, des poèmes érotiques jamais publiés nulle part ailleurs que sur mon ordi. Et d’autres bricoles anecdotiques...
Je me dis que même si la coque plastique et la connexion métallique de la clé se décomposent, il restera au moins le silicium, cette mémoire de sable non connectée, compacte, imputrescible et inatteignable.
Ce rituel profondément minéral et païen m’empêche, en quelque sorte, d’avoir la nostalgie de l’avenir.

– Dans mes carnet, dessins en vrac / Écrire des fragments monolithiques –

Posté par thierrymurat à 14:36 - Permalien [#]
mardi 28 août 2018

Mise au point avant la rentrée « littéraire »

bulles

J’entends souvent dans la bouche de gens intelligents, lettrés et cultivés :
« Moi, je n’aime pas la BD ». Et ça me rend triste d’entendre ça.

Dire que l’on n’aime pas la bande dessinée, c’est aussi crétin que de dire que l’on n’aime pas la chanson (à cause de cet abruti de Francis Lalanne). Ou que l’on n’aime pas la poésie (à cause de ce nigaud de Paul Géraldy). Ou que l’on n’aime pas le cinéma (à cause de cette andouille de Franck Dubosc).

Mais en même temps, je comprends, hein…
La bande dessinée, qui souffre encore d’une image ringarde d’un autre siècle, croyant se moderniser, s’est engouffrée depuis une dizaine d’années dans une pataugeoire remplie de récits sclérosés dans le réel, caressant gentiment l’échine de la foule dans le sens du poil, englués dans des poncifs du genre : la guerre c’est affreux, être méchant c’est pas beau, le mal c’est pas bien, etc.  Des histoires descriptives, poussives et utilitaires (oui, utilitaire comme le c15 de chez Citroën). Des livres à thème, des biopics, des reportages dessinés… qui sont à dix mille années-lumière de ce que doit être la littérature ; c'est-à-dire, l’inverse du journal télévisé, du bulletin météo ou du manuel d’histoire-géo.

Comme disait l’autre : « C’est avec les bons sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature. »

Si la bande dessinée ne devient pas littérature dessinée en se réappropriant la fiction romanesque, elle ne sera jamais un art. Même pas un art mineur. Juste un pauvre tas de publications journaleuses, pondues par des auteurs non-artistes, brandissant un engagement vaguement social et soigneusement vaseliné.
Les éditeurs qui, dans leur démagogie dégoulinante, fourguent à la pelle ces livres suppositoires, sont entièrement responsables de cette débâcle (qui, de surcroît, alimente la surproduction... mais c’est un autre débat).

Heureusement la bande dessinée littéraire existe encore (celle qui dérange, bouleverse, et nous invite dans un ailleurs, très loin de nos petites certitudes). Mais cette bande dessinée est de plus en plus rare et invisible. Elle est donc précieuse. Je compte sur vous pour ne pas l’oublier.

Bonne rentrée à toutes et à tous.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de « j’écris ce que je pense »
et de « je panse ce que j’écris » –

Posté par thierrymurat à 10:53 - Permalien [#]
lundi 27 août 2018

Putain !

cielsixtine

Michel-Ange s’est assis en tailleur au sommet de l’échafaudage. Il a posé son pinceau encore chargé d’indigo dans le creux de l’écuelle de terre, puis il s’est roulé une clope et s’est mis à crier : « Putain ! J’ai fini… ».

Alors, le ciel de la chapelle Sixtine s’est embrasé de mauve, de pourpre et d’or. Les anges se sont approchés de l’artiste et ont léché sa peau saturée de sueur. Dieu, sortant la tête de son nuage-barbe-à-papa, a chuchoté à l’oreille du peintre : « Je suis ton Père… ».
« Toi, ta gueule ! », lui a répondu Michel-Ange en balançant une mandale qui explosa magistralement la mâchoire du Saint-Père.

Dans un épuisement proche de la béatitude païenne, Michel s’est finalement endormi les bras en croix sur l’échafaudage. Les paumes de ses mains tournées vers le sacré. Et son sexe furieusement dressé vers l’immensité verticale de l’œuvre achevée.


*


Voilà. Je crois que c’est à peu près ce qu’il m’arrive, là…  
au bout de dix-huit mois passés à écrire et à dessiner ce putain de récit
(et tout l'été à le mettre en couleur).
Le livre sera enfin disponible en librairie le 1er novembre de l’an de grâce 2018.
Juste après l’embouteillage éditorial de cette putain de rentrée littéraire 
et juste avant l’engorgement de ces putains de fêtes de fin d’année.
Pile poil pour la fête de la Samhain ; le sabbat des sabbats ! 

C’est parfait…

Je vous parlerai donc de tout ça (sans trop en dire) très bientôt !

 

– Peinture : plafond de la chapelle Sixtine / détail –

Posté par thierrymurat à 10:58 - Permalien [#]
dimanche 26 août 2018

Et pendant ce temps-là, sur facebook...

deuxmouches

Après 9 mois de désertion « sociale »,
je viens de faire rapidement un petit tour par là-bas.

Me voilà « rassuré ». Rien n'a changé...

Posté par thierrymurat à 10:23 - Permalien [#]
lundi 20 août 2018

Posture !*

teeshirt_poëte
( * Ne pas confondre avec imposture )

– Projet de tee-shirt en série limitée, cherche financement participatif et solidaire –

Posté par thierrymurat à 14:17 - Permalien [#]