samedi 30 novembre 2019

Communiqué #6

bijoux

Au moment même où l'on découvre, 150 ans après avoir été couchée sur le papier, cette magnifique strophe inédite et manuscrite des Fleurs du Mal, nous apprenons à l'instant que le fantôme de Jeanne Duval, la célèbre muse de Charles Baudelaire, vient de déposer ce matin une plainte pour harcèlement sexuel à l'encontre du prince des poëtes.
Certainement réveillé par les hurlements incessants du Metoo, le spectre de la belle mulâtresse de la Porte Saint-Antoine a fait savoir sur les réseaux sociaux que tout allait être mis en œuvre pour « détruire la carrière du troubadour pornographe mondain » (sic). Voilà qui risque fort de compromettre, vendredi prochain chez Drouot, la vente aux enchères du manuscrit retrouvé, en partenariat avec France Inter et Télérama... 

Dans ce climat très tendu, les réactions des internaute·e·s ne se sont pas fait attendre : « Je te kiffe trop, Jeanne ! Et j'te suis à fond dans ton délire... Total soutien ! », aurait même twitté ce soir Aya Nakamura, la célèbre instagrameuse et influenceuse de la nouvelle chanson française engagée. 


— C'était un communiqué de Jusqu'ici-Tout-Va-Bien — 
(Merci de nous avoir suivis) 

Posté par thierrymurat à 19:39 - Permalien [#]
vendredi 29 novembre 2019

Interlude (ad libitum)

zoopraxiscope

— Chut, Lucien... Ne me dites rien. 
À voir votre manière de danser je suis certaine que,
vous au moins, vous n'êtes pas un pervers narcissique. 

— Nous ne pouvons hélas préjuger de rien, très chère Justine...
Tout n'est ici qu'illusion d'optique dans le grand tourbillon
cyclique de l'existence. Mais ce qui est sûr, c'est que je bande
comme un salaud. 

— Ah ah ah ! Oh, Lucien...
La vie avec vous est tellement magique et animée.
Venez ! Allons vite nous faire un rail de coke
et partouzer dans la piscine de l'hôtel ! 

— Justine... Je dois vous avouer quelque chose. 

— Chut, Lucien... Ne me dites rien.
À voir votre manière de danser je suis certaine que,
vous au moins, vous n'êtes pas un pervers narcissique. 

— Nous ne pouvons hélas préjuger de rien, très chère Justine... 
Tout n'est ici qu'illusion d'optique dans le grand tourbillon 
cyclique de l'existence. Mais ce qui est sûr, c'est que je bande 
comme un salaud. 

— Ah ah ah ! Oh, Lucien...
La vie avec vous est tellement magique et animée.
Venez ! Allons vite nous faire un rail de coke 
et partouzer dans la piscine de l'hôtel ! 

— Justine... Je dois vous avouer quelque chose. 

— Chut, Lucien... Ne me dites rien... 


(... ad libitum) 

dancingcircle

Le zoopraxiscope, ce merveilleux jouet optique donnant l'illusion 
d'un mouvement cyclique, fût inventé par Eadweard Muybridge. 
Il permettait une projection sur grand écran à l’aide 
d’une lanterne magique. (Dessins : Eadweard Muybridge, 1893 / Dancing) 

Posté par thierrymurat à 08:12 - Permalien [#]
jeudi 28 novembre 2019

Intérieur

inside

Le poète s'en tient presque 
toujours au « presque ». 

Il nous regarde avec son ombre
et se poste sans posture sur le seuil
de la porte qu'il a entrouverte.
Sur le point de nous faire accéder
au « tout » de la pièce vide, 

il nous laisse entrer presque seul.
Et c'est là que tout se joue ;
dans ce presque rien d'hospitalité,
le poème se transforme alors
en chaise, amphore ou candélabre... 

Et « tout » est « presque » là,
comme au premier jour du monde. 

 


— Dans mes carnets, écrire des fragments —
(Dans mon Digital Revio, photo presque inopinée) 

Posté par thierrymurat à 07:22 - Permalien [#]
mercredi 27 novembre 2019

Trois paysages

3paysages

— Dans mes carnets / Fragments gribouillés — 

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mardi 26 novembre 2019

L'ignorant

boismorts

« Dans l'ombre et l'heure d'aujourd'hui se tient cachée, 
ne disant mot, cette ombre d'hier. Tel est le monde. 
Nous ne le voyons pas très longtemps ; juste assez 
pour en garder ce qui scintille et va s'éteindre 
pour appeler encore et encore, et trembler 
de ne plus voir. Ainsi s'applique l'appauvri, 
comme un homme à genoux qu'on verrait s'efforcer 
contre le vent de rassembler son maigre feu... » 


— Philippe Jaccottet / L'ignorant, 1958 (extrait) — 
(Dans mon atelier / Bois morts (détail) / Monotype sur Velin d'Arches, 
50 x 65 cm / Thierry Murat © 2019) 

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lundi 25 novembre 2019

Propaganda

ishliebe_fb

— Dans mes carnets / Allégorie uchronique d'un populisme 
connecté et ordinaire — 

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samedi 23 novembre 2019

Blanc (fragments de)

blanc

C'est l'hiver demain.
Et le souffle blanc du chant
des oiseaux
se fige à l'horizontale 
comme les épées de glace 
qui pendent aux toitures verticales 
d'un paysage en équilibre. 

Si l'on est attentif à la beauté
des interstices aux aspérités universelles,
alors on peut voir parfois 
et même toucher
la transparence 
du silence blanchâtre des cantiques, barcarolles,
berceuses, arias, 
ou cantates volatiles, 
se dessiner dans le froid des brumes 
qui se lèvent sur les entremondes, 
pour éclore au cœur des âmes vagabondes. 

C'est l'hiver demain. 

 

— Dans mes carnets / Écrire des fragments — 
(Dans mon atelier, acrylique blanche sur tôle rouillée) 

Posté par thierrymurat à 17:45 - Permalien [#]
jeudi 21 novembre 2019

Justitia 2.0

tribunalis populus

— Dans mes carnets / Archives — 

Posté par thierrymurat à 13:31 - Permalien [#]
mardi 19 novembre 2019

Certitude

uncertain

De la confrontation avec le monde, nous ne faisons que du journalisme. Et ce n'est pas de la littérature. De la confrontation avec les autres, nous ne faisons que de la rhétorique. Et ce n'est pas de l'art. De la confrontation avec les idées, nous ne faisons que de la polémique. Et ce n'est que de la merde. 

De la confrontation avec nous-même, nous faisons de la Poésie.
Et c'est essentiel. 


— Dans mes carnets, notes en vrac — 
(Photographie © Alain Etchepare, 2018 / détail) 

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dimanche 17 novembre 2019

Aphorisme

berger

« Quand le troupeau devient trop con,
le chien de berger se transforme en loup. » 

— Proverbe paysan — 
(Photographie : anonyme, vers 1920) 

Posté par thierrymurat à 10:16 - Permalien [#]