lundi 30 août 2021

Illusionnisme

Bosch_1480

En initiant ou en co-organisant des embryons de révolutions populistes – comme les cortèges de gilets fluo en plastoc ou les troupeaux obscurantistes de ruminants anti-médecine, militant pour la potion magique – les réseaux sociaux ne savent faire, bêtement, que ce pourquoi ils ont été créés : fabriquer de l'illusion en générant de la surinformation émotionnelle afin d'affaiblir la connaissance universelle. That's (only) what I said. 


— Dans mes carnets, écrire des fragments hérétiques — 
(Peinture : Jérôme Bosch, 1480 / « L'Escamoteur » / Huile sur bois, 53 x 65 cm

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dimanche 15 août 2021

Ice Screen

Telex

Sur leurs écrans télex
à néo-particules holographiques,
nos avatars peuvent, certes,
croire encore
en l’harmonie
dans les luttes perpétuelles ; 

celles qui opposent. Celles qui divisent. 
Mais… 

Comment dire ?... 

 

— Dans mes carnets, écrire des « fragments of times » — 
(Dans mon Digital Revio, souvenirs quantiques) 

Posté par thierrymurat à 12:04 - Permalien [#]
lundi 9 août 2021

Mythologie(s)

cyclopéique

Homère était aveugle. 
Tout comme Démodocos, le poète,
à qui la Muse qui l'aimait
avait offert le pire et le meilleur,
en parfait contrepoint. 

Elle lui avait pris ses yeux.
Mais en compensation, avait donné
à la voix de son amant
la douceur d'un chant du plus bel esprit,  
ainsi qu'à ses dix doigts,
l'agilité de l'oiseau sur la branche
d'une lyre à sept cordes. 

Démodocos aimait chanter les ruines
des amours adultères d'Arès & Aphrodite,
dans un motel palace abandonné
sur la grève blafarde d'une plage de Cythère.
Homère, quant à lui, n'était peut-être
rien d'autre que Personne,
tout comme son Ulysse transperçant
l'œil universel des brumes cyclopéennes. 

La poésie n'est sûrement
qu'affaire de regard, de visions...  
ou d'aveuglement. 

Alors, puisque la parole 2.0
est désormais décrédibilisée
par les algorithmes de l'immédiateté,

et que toute tentative de malicieuse ironie
est aujourd'hui considérée
comme hérésie blasphématoire,
autant se crever les deux yeux
afin de se sortir le cul des ronces
avant que le poème ne devienne
qu'une insipide pommade feel-good,
aux huiles essentielles de rien,
qui apaise notre inconséquence écarquillée
de misérables voyeurs interconnectés. 

 


— Dans mes carnets , écrire des épopées miniatures —
(Réédition augmentée d'un fragment publié initialement, ici même sur ce blog, en septembre 2019) 

Posté par thierrymurat à 08:45 - Permalien [#]