mardi 1 mai 2018

Animal

culsnus

Il est évident que le poète
Qui s'évertue
À trop faire reluire
Son humanité
N'est qu'un petit fonctionnaire
Ou un curé

Soyons sérieux !
Le poète n'est qu'un animal
Comme toi

 

– Dans mes carnets, mots en vrac –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

Photographie © Ren Hang / 2012

Posté par thierrymurat à 08:27 - Permalien [#]
mercredi 25 avril 2018

127 pages au compteur

carton_dessins

Vous l'aurez compris...
Il est bien entendu que vous ne verrez rien de mon prochain livre en cours,
sur ce blog, avant la date de sortie (à part quelques maigres
croquis préparatoires 
précédemment publiés ici au printemps 2017
et à l'automne dernier).

Sachez juste que ce livre de bande dessinée sera publié aux éditions
Futuropolis (évidemment), 
qu'il fera 158 pages, que je met tout mon cœur
à l'ouvrage sur l'écritoire,
les mains dans le pétrin depuis plus de 18 mois.
Et que pour l'heure, il y a 127 pages finalisées dans ce carton à dessins.
Un beau paquet de feuilles maculées d'encre de chine, de tipex et de passion.

Je ne vous en dirai pas plus...
Le secret, la surprise et la curiosité sont les plus plus belles choses
à préserver – pour ceux qui vous aiment – dans ce siècle obscène
qui avale tout sans désir véritable.

N'est-ce pas ?

Posté par thierrymurat à 09:26 - Permalien [#]
mardi 24 avril 2018

Perestroïka (fragments de)

Perestroïka

It's over babe...

Sur le front nord-est
De l'autre côté du mur
Et des décombres

L'opulence du festin
Dégouline le long de la croupe
Du Bolchoï

Tatiana, les seins à l'air
Se pourlèche la vulve
Le torse viking tatoué
D'acrimonie
Elle reprend du goulag
Pour saucer son pain
Et finir sa vodka

Sergeï, la tête haute
Se prend pour une écuyère
En tutu

Chevauchant Šemík
Comme un cosaque émasculé
En mal de croisades

Au loin on entend toujours
La Moskova qui ronronne encor
Près de l'incendie

 

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments hallucinogènes
et relire Soljenitsyne –
(rien à voir du tout avec mon nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 12:49 - Permalien [#]
lundi 23 avril 2018

Charnier (fragments de)

charnier

Peuple prétendant à la souveraineté
Et au pouvoir direct
Je n'ai plus confiance en toi

Inutile de chercher ma dépouille
Sur le champ de bataille
Pour en faire l'icone embaumée
D'un héros inconnu
J'ai déserté depuis des lunes

Je suis responsable de ce que j'ai écrit
Mais pas de ce que tu as lu
On ne récupère pas un poète
Comme un chanteur d'opérette
Ou un prophète puceau de l'âme

L'engagement est une posture
Le désengagement
Est un acte

Poète-engagé
Est un oxymore

Dégagé de tout
Je prends mon envol
Noir
Le cœur enneigé
Au dessus de la plaine
Ravagée
Je compte les vivants et les morts

Et j'achève les blessés
Avec mes mots
Odieux et cruels
Comme un miroir

 

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de
« ceci-étant-dit-afin-que-les-choses-soient-claires» et puis remettre ma démission –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

Posté par thierrymurat à 10:55 - Permalien [#]
dimanche 22 avril 2018

Les fossoyeurs

fossoyeurs

Les vrais fossoyeurs de ce monde ne sont pas les politiciens,
les banquiers, les soldats ou les gouvernants.
Ce sont les historiens et les journalistes.
Faussaires minutieux et appliqués, ils réécrivent le présent et le passé.
Ils attisent les braises des sentiments les plus vils de l'humanité.
Ils n'hésitent pas à salir ou à occulter la beauté dès qu'elle les dérange.
Ni à embellir la laideur si ça les arrange.
Ils induisent ainsi, en toute impunité, la mémoire du futur.
C'est ce que l'on appelle en psychanalyse ; les faux souvenirs induits.

Seuls les poètes devraient être habilités à nous raconter le monde ;
ce qui fût, ce qui est, ce qui sera, confondus dans une unique brume
qui s'évapore au matin, nous laissant comme après un rêve,
dans un état de clairvoyance et de lucidité absolue.

 

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de doute
et puis allumer un barbecue virtuel avec des vieux médiaparts –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours. Quoi que...)

Gravure : Hamlet et Horatio devant les fossoyeurs - D'après Delacroix, 1904 

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samedi 21 avril 2018

Black Mary

blackMary

Tes chaînes et tes blessures
Sont des talismans

Violée, mise aux fers
Tu n'as gardé que l'or
Pas de blason
Pas de drapeau
Pas de banderole vengeresse
Juste une amulette
Intime et précieuse

Sans ameuter la foule
Sans ameuter la meute
Tu règnes
Souveraine
Et libre

Tête d'ébène
Montre-nous la lumière
Dans le sang des imbéciles
Dans le cri de la poussière

Ô Black Mary
Sublime putain vierge offerte
En pâture

À la vindicte des pleureuses ridicules

Émancipe le troupeau
Dans le foin coupé et ramassé
Donne-lui en gage ton splendide silence
De reine vagabonde

 


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des prières païennes
et oublier la foule –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Image : La vierge noire de Rocamadour

Posté par thierrymurat à 10:33 - Permalien [#]
vendredi 20 avril 2018

Prière (fragments de)

prière

Dieux des arbres et des fontaines
Faites nous la promesse
Que l'on puisse encore longtemps
Se toucher les fesses
Se lécher à l'entrecuisse de la déraison
Sucer la queue de la bête
Sauvage à la lisière des consciences
Se culbuter, se dévorer
Dans l'illicite
Et l'immoralité
Sans que la justice de la république
Et celle des moutons connectés
Ne vienne nous voler la liberté de jouir
Avec ou sans « amour »
Mais toujours sans entraves
Et dans le feu sacré
De la peau des âmes mêlées

Blessed is the skin in wildness and freedom
Alleluia

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments et respirer le ciel –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

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jeudi 19 avril 2018

Dégel sur la toundra (fragments de)

toundra

C'est la fonte des neiges
Oyez, dame blanche
La chanson velue du faune voleur de feu

Cet air de flûte
Que pleurait jadis
Le spectre du berger maussade

Ayez pitié de lui
Reprenez donc votre couronne de fleurs
Avant le grand retour des loups
En auto-stop

Cœur dévoré
Les tripes à l'air

De la kacha
En plein soleil

Que faut-il faire, Světlana ?

Run Lady, run !
The road is rought


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de route
et puis danser la troïka en calbut –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 14:36 - Permalien [#]
lundi 16 avril 2018

Franchise (fragments de)

franchise

Ça y est... Même la franchise devient irrévérencieuse.
T'as vu ça ?
L'âme humaine – celle qui, normalement, vibre et frétille
de ses merveilleux paradoxes pluriels – est morte. 
Ça y est. On y est...
Tout bouffi de morale et de progrès, étouffé par son désir collectif
de troupeau et de réseau,
sclérosé par sa dépendance à la sécurité
et au confort,
l'être humain a vendu sa liberté de parler, de fumer,
de toucher le cul des filles ou des garçons,
d'embrasser celui du diable,
de péter à table et de dire merde à celui qui vient lui briser les burnes
pour l'empêcher de danser en rond autour du cercle magique...

Tout ça pour pouvoir rester un petit consommateur, connecté,
prudent et bien au chaud. 
Putain !

Allez...
Tout le monde au garde-à-vous, en position du missionnaire !

On ne mange plus de viande.
On se vaccine. On bouffe de la merde.
On met des ".e" à la fin de chaque mot.
On se soumet à l'insoumission de pacotille.
On chante les cantiques de saint François Ruffin.
On se prosterne devant la rationalité et l'objectivité.
On like ! (Même la médiocrité, m'sieur ? Mais oui ! Surtout la médiocrité !)
On extermine tout ce qui est passionnel, instinctif et incontrôlable.
On oublie ses rêves, surtout les plus immoraux.
On lit la MédiaPravda du révérend père moustache, ce héros…
Et on ferme sa gueule si on n'est pas d'accord !
Ou alors, on prend un pseudonyme de chien-chien émasculé 
pour japper derrière son p'tit clavier.

Alors... Puisque c'est l'heure obscène et factice de la tétée,
veuillez, mon jeune ami, avoir l'obligeance de vous vautrer sans détour 
dans les idéaux putrides de ce royaume de faux-culs, 
léchés par des langues de bois.




– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments d'échec collectif
et puis écrire encore. En mon nom et conscience –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 16:53 - Permalien [#]
samedi 14 avril 2018

Platon est un con

platon

Hey, Platon... Tu chasses les poètes de la cité ?
Tu veux faire de l'existence une simple affaire politique, citoyenne ?
Tu penses que l'art est un danger pour la république ?
Tu veux établir le culte de la vérité et de la rationalité philosophique ?

« Les hommes sont vraiment des cons
Platon est un homme
Donc Platon est vraiment un con. »

Et ça... Ce n'est pas un syllogisme.
C'est de la poésie, mec !
Du fond de ma caverne je vois tout ce que tu ne peux pas voir.
Crétin... Ton regard est vide.
Tu n'es qu'un comptable.

Moi, ce sont bel et bien les dieux et les muses qui dirigent mes yeux
Vers ces visions crépusculaires.
Toi, tu n'y a pas accès.
Sauf si je t'ouvre généreusement les portes
Et me fais l'interprète de la beauté, du mystère absolu
Et de la magie des ombres blotties dans la lumière.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments manifestes
et puis écrire encore –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

Posté par thierrymurat à 11:05 - Permalien [#]