samedi 11 novembre 2017

Calligramme

calligrame

– Dans mes carnets, trucs en vrac, faire semblant d'être Apollinaire 
et puis aller vider le lave-vaisselle –

(Rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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vendredi 10 novembre 2017

Fuite (fragments de)

fouleboue

Le groin du peuple
Fouille dans la merde
Il renifle
Ses propres excréments
En insultant les rois
Qu'il a lui-même couronnés
Depuis des siècles

L'humanité est un étron
L'étron de dieu

Si la beauté existe
Elle est ailleurs
Elle se cache – c'est certain
Dans le clair-obscur
Du cœur de Belzébuth ;
L'archange déchu à tête de mouche
Exilé volontaire
Banni de cette fange

Viens, Lilith...
Fuyons !
Tu veux ?
On va se dévorer à la renverse,
À faire blêmir l'entrecuisse
De nos ténèbres

Humides et superbes.



– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de misanthropie
et puis prendre une douche –

(Rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Photo : AFP

Posté par thierrymurat à 16:28 - Permalien [#]
mercredi 8 novembre 2017

Scène 14

carnet-80-81

« Silence »

 

– Gribouillis préparatoires, découpage narratif, mise en page,
encre & café dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 16:09 - Permalien [#]
mardi 7 novembre 2017

Neige (fragments de)

snowneige

En regardant les grands arbres s'endormir sous la neige, l'homme pensait qu'il n'avait jamais rien vu de plus triste ni de plus beau que cet effacement du monde. Les points de suspension de ses pas sur le blanc du sol s'estompaient en descendant jusqu'au ventre de la vallée. Plus haut sur la crête, le gamin traînait le gibier derrière lui ; le cadavre d'un grand lièvre roux aux yeux noirs, ficelé par les pattes arrière.

Le gamin a crié.
   – Reste pas là assis par terre, le vieux ! Tu vas nous faire venir la mort !
Le vieil homme, en bas, ne pouvait plus bouger. Et son regard opaque avait rejoint l'immensité du ciel blanc. Sous son lourd manteau de laine, son cœur frappait les secondes d'une horloge fatiguée. 
   – Reste pas là, le vieux ! Relève-toi !
De minuscules flocons tourbillonnaient dans l'air glacé. De là-haut, le gosse voyait briller une sorte de vapeur de lumière. Juste au-dessus de la masse noire et inerte du manteau de laine. 

Lorsque le grand lièvre commença à s'agiter dans une rafale de spasmes, le gamin regardait encore vers le contrebas de la crête. Il n'avait pas vu derrière lui la lueur diffuse qui enveloppa un court instant le corps de l'animal. Ce halo scintillant, presque insignifiant. 

La pauvre bête frappait la neige de ses pattes arrière prisonnières. À l'autre bout de la corde, le petit homme pleurait. Il a couru jusqu'au monticule de laine noire qui recouvrait le vieux. Il a prix le fusil. Il a remonté le talus enneigé. Et il a tiré trois coups à bout portant dans le gosier du grand lièvre.

À ce moment précis, le gamin devenu vieux a vomi un hurlement de loup et la forêt s'est éteinte. Laissant la place à une nuit froide et dure. Scellée dans un néant de roche.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de froid
et puis boire un chocolat chaud –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 11:49 - Permalien [#]
dimanche 5 novembre 2017

Remembering Springtime

flowers

– Gribouillis préparatoires, encre, café, tipex et rouge à lèvres
dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 10:34 - Permalien [#]
samedi 4 novembre 2017

Boue 2.0 (fragments de)

autoroute 2

Sur la  bande boueuse d'arrêt d'urgence, la foule en loque se presse
sous une pluie battante. Elle regarde passer les accidents...

Soudain le ciel s'embrase et les nuages crasseux dégoulinent le long
de la paroi tactile de la cybersphère. Alors la foule applaudit.


Ève est belle sur son selfie.

Adam se demande très lucidement, si son discret « j'aime »
au milieu des cent-quarante-cinq « j'adore » sera suffisant pour caresser
l'espoir de la culbuter en mp de manière courtoise.


Soudain... Bang ! Frrouhfff !
Encore un accident.
Beaucoup moins spectaculaire que le précédent, mais tout aussi beau.
Et tout aussi foutrement hardcore !

Alors la foule applaudit à nouveau.

Ève lâche nonchalamment un « Han ! Trop bien ! ».
Et ça commente... « Nan, mais c'lui-là, c'est carrément pas mon préf' ! ».
Et ça discute, les pieds dans la boue.

Une divine notification annonce que « Ève a actualisé son statut ».
Maintenant, sur son selfie, elle est entièrement nue sous la pluie.
Elle suce son index en souriant comme dans Alice au Pays des Sextoys.
Quelques traces de boue le long de ses cuisses la rendent encore plus belle.


Adam n'a rien vu. Il n'a plus de batterie.
À peine le temps de lire une citation de Gandhi écrite en blanc sur fond rose...
Et paf ! 
Son brightphone 8 switche en mode burn-out.

Dommage. On annonçait un splendide lynchage sur la voix rapide vers 15h43.
Encore un artiste... Accusé d'avoir été le miroir de cette civilisation putride.


Et cette pluie qui ne s'arrête pas...



– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de genèse apocalyptique
et puis courir pieds nus dans la forêt –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 17:26 - Permalien [#]
jeudi 2 novembre 2017

Landscape

cloudsnow

– Gribouillis préparatoires, encre, café et tipex dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 17:22 - Permalien [#]
mercredi 1 novembre 2017

Brume (fragments de)

clocher

La cloche du village cogne contre la brume de pierre.
Ils sont tous là. 
Les lâches, les gueux, les pucelles et les catins.
Le curé est en retard, dans ce matin gris aux ailes fracassées.

La brave petite paysanne pleure encore sous ses dentelles de chagrin.
Elle ne se souvient même plus pourquoi.

La vieille femelle aux cheveux rouges, ricane près du baptistère.
Elle sait...
Elle caresse, au creux de ses guenilles, une amulette ;
un phallus aux yeux de bouc.
  – Ainsi, toujours trépassent les gens de bien, petite...
Fauchés par le vent d'Autan. Pas vrai ?

Le curé ne viendra pas.

Un chat noir comme l'orage s'effiloche sous la pluie.
Et le village se rendort dans la boue, jusqu'à la prochaine éternité.


– Dans mes carnets, mots en vrac,
écrire des fragments de contes déglingués et dormir –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 09:30 - Permalien [#]
mardi 31 octobre 2017

Carnet, livre en chantier...

carnet_86-87

Dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
je convoque Victor H. pour un apéro-café.

– Gribouillis préparatoires, découpage narratif, mise en page,
encre & café dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 08:11 - Permalien [#]
samedi 28 octobre 2017

Cailloux (fragments de)

hasguor

Au nord de la mer d'Hasguör trônait une île, vieille de cinq-mille ans,
où le Roi avait ordonné, par dépit amoureux, de faire détruire
les sept ponts qui reliaient son royaume au continent.

On raconte que lors de la nuit qui a précédé la démolition des édifices,
une pluie de cailloux, aussi durs que celui qu'il avait dans le cœur,
s'est abattue sur l'océan.
Au matin, une gigantesque digue de granit – indestructible –  
avait définitivement arrimé l'île à la côte.

Mais même dans les ouvrages anciens publiés au pays d'Örsnær,
nul ne fait état de la soudaine disparition du triste Souverain,
au lendemain de cette nuit de chaos.


– Dans mes carnets, mots en vrac,
écrire des fragments de vaines légendes et essayer d'y croire –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Posté par thierrymurat à 11:43 - Permalien [#]