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— Dans mon atelier, fragments / Acrylique et brou de noix sur toile —

Aux abords de ces paysages stériles,
le foutre et le sang s'agitent
dans le noir mélange
de la merde et du vent femelle
arraché aux tétines
des chiennes pyromanes.
Et il faut être diablement éclairé
pour sucer encor le jus de la lumière isocèle.
No hug, dans ce bordel.
— Dans mes carnets, fragments —
(Dans mon atelier, monotype sur papier Velin d'Arches)

— Sur mes étagères, fragments thérapeutiques /
En application cutanée, trois fois par jour : protège l'individuité
contre les névroses collectives pandémiques et sociétales /
Par voie orale : puissant analeptique, riche en fer et en potassium —
(Fabrication artisanale © T.M. / Exemplaire unique)

Au printemps 1940, dans la forêt de Katyń, près de la frontière biélorusse, dans le plus grand secret, les soviétiques enterrent dans des fosses communes les cadavres des prisonniers qu'ils viennent d'exécuter un à un au pistolet : 22 000 officiers et réservistes polonais jugés hostiles à l’idéologie communiste. Et en cette même année, ils en déporteront 60 000.
Pour la première fois, ce film raconte l’histoire de ce massacre, longtemps attribué par ruse à l’Allemagne nazie. Il dévoile comment ce crime est le résultat d’un système arrimé à trois piliers : un prosélytisme pathologique, une pratique policière redoutablement bien ficelée et un culte de la dissimulation quasi religieux.

Entre avril et août 2019, j’ai réalisé soixante-dix dessins en couleur, au format 16/9ème, à la demande de la Générale de Production pour ce film documentaire écrit et réalisé par Cédric Tourbe, qui sera diffusé mardi prochain (25 février) en prime time, sur la chaîne Arte. Les images d'archives et mes dessins se mêleront pendant une heure trente afin de rendre compte d’un des fragments les plus inhumains et les plus oubliés de l'histoire de « l'humanité »…
Je suis extrêmement fier, en ce XXIe siècle obscène et ultra connecté, qui fabrique du faux en flux tendu, d’apporter ma modeste participation au film de Cédric, dont le plus bel objectif à mes yeux est de raconter ce que, souvent par protection idéologique, on n'a jamais envie d’entendre ; c'est-à-dire la vérité factuelle.
— LES BOURREAUX DE STALINE - KATYŃ 1940
Un documentaire de Cédric Tourbe / 01h30mn /
Coproduction Arte France - La Générale de Production /
Diffusion : MARDI 25 FÉVRIER, 20h50 sur Arte —
(Dessins © Thierry Murat / La Générale de Production, 2019)
Et bien sûr, en replay sur la pateforme numérique Arte,
jusqu’au 24 avril, ici :

« Dans quelques jours le film sera prêt, déjà j’oublie le début du travail, sous le ciel de Berlin, dans les bureaux de Road Movie, ou à la pizzeria juste en bas. Il y avait ces réunions interminables pendant lesquelles, nous, les techniciens, nous essayions de comprendre ce que voulait Wim. Surtout, nous avions besoin de savoir à quoi allaient ressembler les anges ; les ailes des anges, en quoi les faire ? En plume ? En satinette ? Peut-être en plexiglas ? Ah, non, pas le plexiglas. C’est bien trop rigide, et puis, c’est moche. Mais d’ailleurs, est-ce qu’on doit les voir, ces ailes ? C’est franchement encombrant.
Le temps passait, le froid de l’hiver était tombé d’un coup sur Berlin. Oui, mais alors, est-ce que les anges ont froid ? Non, bien sûr que non. Bon, il faudra bien les couvrir. Nous notions : prévoir sous-vêtements chauds pour les anges. Et comment faire pour que la pluie ne les mouille pas ? Pour que le vent ne les décoiffe pas ? Henri Alekan, le sourcil en bataille, avait toujours mille idées. Wim nous écoutait. Il avait sommeil. Il avait encore passé une nuit blanche avec l’ordinateur qui remâchait sans fin le scénario. Nous débattions toujours quand Wim a décidé qu’il fallait commencer le tournage.
La vraie question pour lui, je crois, c’était le regard des anges, ce que voient les anges ; Berlin, les hommes, les femmes, les enfants, une petite trapéziste aussi, ceux qui désespèrent et ceux qui appellent encore à l’aide. Finalement tout est devenu plus clair. Les anges sont entrés doucement dans l’image, simplement. Ils apparaissent derrière les reflets d’un pare-brise de voiture, sont découverts à la fin d’un petit travelling. Les regards de Bruno et d’Otto, sans trucages, sans ralentis, sans surimpressions.
Dans le bureau de Wim, sur le mur, une feuille de cahier punaisée sur laquelle il avait recopié : Je marche au devant de mon image et mon image vient à ma rencontre. Elle me caresse et m’étreint comme si je revenais de prison. »
— Claire Denis, première assistante de Wim Wenders
sur le tournage des Ailes du Désir / 1987 —

— Dans mes cartons, relique du vingtième siècle /
Sérigraphie trois couleurs / Tirage (heureusement) très très très limité /
1986, année de mes 20 ans —

— Dans mes cartons, relique du vingtième siècle /
Page inédite d'une histoire de détective privé de dessert,
(heureusement) jamais terminée / 1986, année de mes 20 ans —