femelles

Alors vient enfin
le temps
où la voix compassée
des petits poètes
vendeurs d'espoir
un peu mièvre
est aussi flamboyante
qu'un tube de dentifrice
en promo sur ta tête
de gondole cadenassée
comme un lundi matin
avec ses oiseaux merdeux
qui se brossent les dents
dans la cuisine.

Tu rêves d'un sphinx
qui te murmure à l'oreille
des œillets rouges
comme le ciel,
des amandiers dans le vent
et des colliers de coquelicots
en colère.
Mais les clameurs que tu entends
ne sont que les cris dégueulasses
des chiens en feu
que tu prends pour Bella Ciao
en remix électro zouk.

Alors viens.
On va goûter le miel à l'entrecuisse
des femelles souterraines,
et respirer le récit des temps anciens
qui nous dévorait et nous soignait
dans nos obscures mystères.
La vie aime se faire foutre
à quatre pattes avec entrain
dans l'allégresse du souvenir
des péchés capiteux.

Les constellations
qui surgissent
de nos feux éteints
apaiseront les silences
de nos entrailles brûlées.

Nos cœurs cailloux
sont plus durs
que ceux des autres.
Mais ils ont la hauteur des abîmes
et des ailes parsemées de planètes
et de forêts.

 

 

– Dans mes carnets / écrire des fragments –
(Photography © Rik Garret, 2014 / detail / glass plate collodion)