Le blog de Thierry Murat

mardi 21 novembre 2017

Typographie

exclamation

– Dans mes carnets, trucs en vrac, écrire des épiphanies de typographe,
et puis jeter l'encre –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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lundi 20 novembre 2017

Exil (fragments d')

embrums

Retiré
Depuis son poste
De sentinelle
Le poète se marre
Dans ses peurs

Il pleure
Dans la mare

Un horizon de sel

Il écoute le silence
Des pierres
Qui dérive
Sur les brisants

Et le cri
Des cargos
Se perd
Dans le courant

Alors le poète écrit
Le vacarme translucide
Des oiseaux
Qui dans le vent s'agitent

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments d'embrums
et puis rentrer au port –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Photo © Henri Cartier-Bresson, 1956

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dimanche 19 novembre 2017

Le supplément du petit dimanche illustré

journalX

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samedi 18 novembre 2017

Lullaby (fragments of)

teddy

Leave me alone
Coffee and smoke
I stay at home
Like an old dead oak

I'm not here
I just get laid
I'm just a bear
I'm not afraid

You can hear me
Near the darkest lake
Of your dream tea
It's not a fake

I'm not here
I just get laid
I'm just a bear
I'm not afraid


– In my sketchbooks, bulk words, writing fragments of emptiness
and then, hibernate –
(nothing to do with my brand new book in progress)

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vendredi 17 novembre 2017

Interview minimaliste

interview_3

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jeudi 16 novembre 2017

Et pendant ce temps-là, sur facebook...

deuxmouches

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mercredi 15 novembre 2017

Prolongation (fragments de)

matinmorning

Le poème prolonge 
La voie des brumes 
Dans le souvenir 
Du givre. 

Il respire 
Il crache 
Il se tait. 

Le soleil blanc d'un matin suspendu. 

Il sait avant de savoir 
Il pousse avant d'avoir germé 
Il ne pense pas 
Il est. 

Tu veux l'écrire 
Tu meurs 
Tu veux l'oublier 
Il naît 
Tu crois le posséder 
C'est lui qui te hante. 

Vas-y. 
Écris. 

Tais-toi. 
Crache. 
Respire. 


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments et se taire –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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lundi 13 novembre 2017

Correspondance (fragments de)

Le Magnifique

Mon très cher ami,

Tu veux vraiment écrire un Roman ?
Un putain de grand Roman !
Pas un livre de messe, hein...
Ni un manuel d'histoire-géo ou d'éducation civique...
Un putain de grand Roman !

Ok.

Alors arrête d'enfiler les perles du chapelet
de la condescendance généralisée.
Tu n'es pas là pour nous chier un baromètre sociétal
en récitant le bulletin météo.
Les convictions à la mode ne sont que des émotions fossiles 
et monolithiques. Arrête de donner du grain aux poules. 
Sacrifie-les plutôt sur l'autel de tes incertitudes les plus profondes. 
Écrits des hérésies de vaudous avec le sang de la volaille.

Marche pieds nus dans le feu.
Affirme.
Prends le parti de l'erreur flamboyante.
Sois au rendez-vous de nulle part, dans un déséquilibrisme de funambule.
Tu ne changeras pas le monde. Jamais.
Ni avec tes cantiques littéraires, ni avec quoi que ce soit d'autre.

Tu ne changeras pas ton lecteur. Non plus.
Alors détruis-le pour qu'il se reconstruise lui-même.
Avec sa lumière à lui.

Prends-le par derrière.
Mets-lui tes doigts dans sa bouche.
Donne-lui des chiquenaudes sur la joue.
Attrape-le par les cheveux.
Et pendant que ta main claque sur sa croupe, demande-lui s'il aime ça.

Comment ça !
Tu ne peux pas faire ça ?
Ok.
Alors continue à écrire des livres de curés.
Des livres de missionnaires.
Et maintiens ton public et les médias dans cette simulation
d'orgasme collectif.


Bien à toi.
     - Ton ami -


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de lettre rilkienne 
et bienveillante et puis aller dessiner –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Photo : Jean-Paul Belmondo dans « Le Magnifique »
un film de Philippe de Broca - 1973

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samedi 11 novembre 2017

Calligramme

calligrame

– Dans mes carnets, trucs en vrac, faire semblant d'être Apollinaire 
et puis aller vider le lave-vaisselle –

(Rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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vendredi 10 novembre 2017

Fuite (fragments de)

fouleboue

Le groin du peuple
Fouille dans la merde
Il renifle
Ses propres excréments
En insultant les rois
Qu'il a lui-même couronnés
Depuis des siècles

L'humanité est un étron
L'étron de dieu

Si la beauté existe
Elle est ailleurs
Elle se cache – c'est certain
Dans le clair-obscur
Du cœur de Belzébuth ;
L'archange déchu à tête de mouche
Exilé volontaire
Banni de cette fange

« Viens, Lilith...
Fuyons !
Tu veux ?
On va se dévorer à la renverse,
À faire blêmir l'entrecuisse
De nos ténèbres

Humides et superbes. »



– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de misanthropie
et puis prendre une douche –

(Rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Photo : AFP

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mercredi 8 novembre 2017

Scène 14

carnet-80-81

« Silence »

 

– Gribouillis préparatoires, découpage narratif, mise en page,
encre & café dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

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mardi 7 novembre 2017

Neige (fragments de)

snowneige

En regardant les grands arbres s'endormir sous la neige, l'homme pensait qu'il n'avait jamais rien vu de plus triste ni de plus beau que cet effacement du monde. Les points de suspension de ses pas sur le blanc du sol s'estompaient en descendant jusqu'au ventre de la vallée. Plus haut sur la crête, le gamin traînait le gibier derrière lui ; le cadavre d'un grand lièvre roux aux yeux noirs, ficelé par les pattes arrière.

Le gamin a crié.
   – Reste pas là assis par terre, le vieux ! Tu vas nous faire venir la mort !
Le vieil homme, en bas, ne pouvait plus bouger. Et son regard opaque avait rejoint l'immensité du ciel blanc. Sous son lourd manteau de laine, son cœur frappait les secondes d'une horloge fatiguée. 
   – Reste pas là, le vieux ! Relève-toi !
De minuscules flocons tourbillonnaient dans l'air glacé. De là-haut, le gosse voyait briller une sorte de vapeur de lumière. Juste au-dessus de la masse noire et inerte du manteau de laine. 

Lorsque le grand lièvre commença à s'agiter dans une rafale de spasmes, le gamin regardait encore vers le contrebas de la crête. Il n'avait pas vu derrière lui la lueur diffuse qui enveloppa un court instant le corps de l'animal. Ce halo scintillant, presque insignifiant. 

La pauvre bête frappait la neige de ses pattes arrière prisonnières. À l'autre bout de la corde, le petit homme pleurait. Il a couru jusqu'au monticule de laine noire qui recouvrait le vieux. Il a prix le fusil. Il a remonté le talus enneigé. Et il a tiré trois coups à bout portant dans le gosier du grand lièvre.

À ce moment précis, le gamin devenu vieux a vomi un hurlement de loup et la forêt s'est éteinte. Laissant la place à une nuit froide et dure. Scellée dans un néant de roche.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de froid
et puis boire un chocolat chaud –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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dimanche 5 novembre 2017

Remembering Springtime

flowers

– Gribouillis préparatoires, encre, café, tipex et rouge à lèvres
dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

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samedi 4 novembre 2017

Boue 2.0 (fragments de)

autoroute 2

Sur la  bande boueuse d'arrêt d'urgence, la foule en loque se presse
sous une pluie battante. Elle regarde passer les accidents...

Soudain le ciel s'embrase et les nuages crasseux dégoulinent le long
de la paroi tactile de la cybersphère. Alors la foule applaudit.


Ève est belle sur son selfie.

Adam se demande très lucidement, si son discret « j'aime »
au milieu des cent-quarante-cinq « j'adore » sera suffisant pour caresser
l'espoir de la culbuter en mp de manière courtoise.


Soudain... Bang ! Frrouhfff !
Encore un accident.
Beaucoup moins spectaculaire que le précédent, mais tout aussi beau.
Et tout aussi foutrement hardcore !

Alors la foule applaudit à nouveau.

Ève lâche nonchalamment un « Han ! Trop bien ! ».
Et ça commente... « Nan, mais c'lui-là, c'est carrément pas mon préf' ! ».
Et ça discute, les pieds dans la boue.

Une divine notification annonce que « Ève a actualisé son statut ».
Maintenant, sur son selfie, elle est entièrement nue sous la pluie.
Elle suce son index en souriant comme dans Alice au Pays des Sextoys.
Quelques traces de boue le long de ses cuisses la rendent encore plus belle.


Adam n'a rien vu. Il n'a plus de batterie.
À peine le temps de lire une citation de Gandhi écrite en blanc sur fond rose...
Et paf ! 
Son brightphone 8 switche en mode burn-out.

Dommage. On annonçait un splendide lynchage sur la voix rapide vers 15h43.
Encore un artiste... Accusé d'avoir été le miroir de cette civilisation putride.


Et cette pluie qui ne s'arrête pas...



– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de genèse apocalyptique
et puis courir pieds nus dans la forêt –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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jeudi 2 novembre 2017

Landscape

cloudsnow

– Gribouillis préparatoires, encre, café et tipex dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

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mercredi 1 novembre 2017

Brume (fragments de)

clocher

La cloche du village cogne contre la brume de pierre.
Ils sont tous là. 
Les lâches, les gueux, les pucelles et les catins.
Le curé est en retard, dans ce matin gris aux ailes fracassées.

La brave petite paysanne pleure encore sous ses dentelles de chagrin.
Elle ne se souvient même plus pourquoi.

La vieille femelle aux cheveux rouges, ricane près du baptistère.
Elle sait...
Elle caresse, au creux de ses guenilles, une amulette ;
un phallus aux yeux de bouc.
  – Ainsi, toujours trépassent les gens de bien, petite...
Fauchés par le vent d'Autan. Pas vrai ?

Le curé ne viendra pas.

Un chat noir comme l'orage s'effiloche sous la pluie.
Et le village se rendort dans la boue, jusqu'à la prochaine éternité.


– Dans mes carnets, mots en vrac,
écrire des fragments de contes déglingués et dormir –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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mardi 31 octobre 2017

Carnet, livre en chantier...

carnet_86-87

Dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
je convoque Victor H. pour un apéro-café.

– Gribouillis préparatoires, découpage narratif, mise en page,
encre & café dans mon carnet de story-board 
(nouveau livre en cours)

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samedi 28 octobre 2017

Cailloux (fragments de)

hasguor

Au nord de la mer d'Hasguör trônait une île, vieille de cinq-mille ans,
où le Roi avait ordonné, par dépit amoureux, de faire détruire
les sept ponts qui reliaient son royaume au continent.

On raconte que lors de la nuit qui a précédé la démolition des édifices,
une pluie de cailloux, aussi durs que celui qu'il avait dans le cœur,
s'est abattue sur l'océan.
Au matin, une gigantesque digue de granit – indestructible –  
avait définitivement arrimé l'île à la côte.

Mais même dans les ouvrages anciens publiés au pays d'Örsnær,
nul ne fait état de la soudaine disparition du triste Souverain,
au lendemain de cette nuit de chaos.


– Dans mes carnets, mots en vrac,
écrire des fragments de vaines légendes et essayer d'y croire –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

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mercredi 25 octobre 2017

Ouvertures célestes...

peau01

Tenter de dessiner la peau dans les vibrations de l'âme.
Chercher la ligne fragile et provisoire qui résumera tout.
Les sons, les odeurs, la braise sous la neige, les émanations sauvages
au creux d'une goutte de rosée, la densité de cet intime secret ;
être au monde.

peau02

J'aime tellement les parfums qui flottent dans l'air de cet endroit...
Profonds comme la mémoire de l'univers.
Une aube nouvelle ; à quatre pattes dans les herbes hautes,
la croupe cambrée en ouvertures célestes.

 

– Mots en vrac, gribouillis préparatoires, encre & café dans mon carnet 
(nouveau livre en cours)

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lundi 23 octobre 2017

Prends le parti du risque de l'erreur

 – Yves Simon « Raconte-toi » - une chanson de 1975, éternellement ajustée –

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