Le blog de Thierry Murat

mercredi 5 mai 2021

Feu

allumettes de l'enferLes idées unanimement en commun ruinent toute sorte d’œuvre d'art. Lorsque la singularité de la pensée et de l'esthétique a été réduite à un terrain neutre où chacun se reconnaît, nous n’avons alors plus d’œuvres, mais de simples produits de consommation courante. Le commerce éditorial des idéologies affadit toute création artistique. La plupart des auteurs non-artistes écrivent comme on remplit un vase afin que le lecteur y trempe trois fleurs mortes. Alors qu'au même instant, le poète allume un feu... Un incendie. 


— Dans mes carnet, fragments pyromanes — 

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mercredi 28 avril 2021

Fictum versus Factum

Picabia_1919

La prophétie warholienne du quart d'heure de célébrité s'éternise en crowdfunding interminable et en storytelling connecté à deux balles. La surproduction de livres frise aujourd'hui l'indécence. Tout le monde veut publier, plus personne ne lit. Et il y a dix fois plus d'auteurs que de lecteurs. 
Le critique littéraire 2.0 est devenu influenceur. Sa prose indigente a cent fois plus d'audience que l'ouvrage chroniqué. Trois jolis pouces bleus et érectiles par-ci, deux étoiles (sur cinq) par-là... Ni les auteurs, ni les lecteurs ne prennent réellement leur pied dans ce petit jeu de concours de bites. Mais, à défaut de s'en offusquer, ils s'habituent à la médiocrité. 

Lire de la fiction nécessite une capacité à s'immerger dans l'univers de l'Autre. Une aptitude à dépasser ses appréhensions, à postuler sur l'apriori, à transcender la possible non-adhésion au Récit proposé par quelqu'un d'autre que soi-même. Lire de la fiction exige une disposition à accepter le risque, l'inconfort esthétique ou le doute idéologique, à accueillir les multiples possibles de la psyché humanoïde, à tolérer de ne pas obligatoirement adhérer à ce qui est écrit sans pour autant s'indigner comme un crétin. Inutile de développer davantage... Lire de la fiction est désormais à des années-lumière de l'état d'esprit, des préoccupations et des certitudes du siècle vingt et un. 
En revanche, le livre suppositoire, celui qui promet de soigner ou de guérir en vaselinant le réel, est désormais la norme. Il se vend bien. Il sent bon le documentaire ou le reportage aux huiles essentielles de biopic. Il est rempli de contenu. Rempli de bons gros sentiments. Il rend la populace, engendrée par la téléréalité, inapte à la fiction. À l'instar des stages de développement personnel, le livre suppositoire rend con. On a les effets secondaires qu'on mérite. 

À quoi bon des poètes en temps de détresse ? Telle était la question tragique et désabusée posée par Hölderlin. Alors... Entre fictum et factum, l'Auteur encore vivant se démène, sans se soucier davantage de l'étymologie latine, pour raconter cet éternel mensonge qui dit la vérité. Et le Récit reprend alors son envol, au dessus du ravin, avec ses ailes de géant, débarrassé à tout jamais des commentaires mort-nés qui l'empêchaient de marcher. 

— Dans mes carnets, fragments éveillés — 
(Dessin de couverture de la revue Dada 4-5 / Francis Picabia, 1919, empreintes de réveil matin disséqué / Détail) 

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samedi 24 avril 2021

Placement de produit *


pommadeMDR( * Réclame ) 

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mardi 20 avril 2021

Stand-by

la chaise d'Henry Miller

Lorsqu'on demandait à Henry Miller pourquoi il écrivait, 
il aimait répondre qu'il écrivait pour mieux pouvoir se taire le reste du temps... 


— Dans mes carnets dessinés, fragments en veille — 

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mercredi 14 avril 2021

Relativisme(s)

relativisme(s)

Le problème avec les livres intelligents, c'est que le lecteur éclairé et exigeant s'estime tellement flatté qu'il ne ressent qu'un seul besoin en refermant l'ouvrage ; celui de s'installer dans un silence hiératique. Alors que le lecteur con, lui, se sent systémiquement offensé ou humilié et n'a qu'une seule obsession ; réaffirmer à voix haute ses goûts de chiottes en les érigeant en critères esthétiques, ou (pire encore) en critères idéologiques. 

— Dans mes carnets, fragments pictographiés — 

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mercredi 7 avril 2021

Aujourd'hui, en librairie !

en_librairie

« À l'heure blanche et éphémère de tous les matins des hommes... 
le repos de l'âme n'est qu'une chimère pleine de contrecoups. 
Le bruissement du temps se rétrécit. Les siècles succèdent aux siècles. » 


— NE RESTE QUE L'AUBE / Thierry Murat © éditions Futuropolis —
(176 pages en bichromie / 24,6 x 30,7 cm / ISBN : 9782754828086 / Poids net égouté : 1,13 kg.) 

En librairie, à partir de ce mercredi 7 avril de l'an de grâce 2021 ! 

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vendredi 2 avril 2021

À cet instant précis...

helico

« Je n'aurais jamais imaginé
que, soudainement, tout puisse aller si vite.
Que tout puisse s'accélérer ainsi, en une nuit,
au creux de mon éternité nonchalante,
cinq fois séculaire. »

 

— NE RESTE QUE L'AUBE © Thierry Murat / éditions Futuropolis / page 134, extrait —
(En librairie, à partir du 7 avril de l’an de grâce 2021) 

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lundi 29 mars 2021

Essentialisme

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Un livre essentiel,
en vente libre essentiellement
à partir du 7 avril prochain,
dans des commerces essentiels... 

 

— NE RESTE QUE L'AUBE / Thierry Murat © éditions Futuropolis —
(176 pages / 24,6 x 30,7 cm / ISBN : 9782754828086 / Poids net égouté : 1,13 kg.) 

En librairie, à partir du 7 avril de l'an de grâce 2021 ! 

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mercredi 24 mars 2021

Coming soon...

La musique hypnotique de cette bande annonce a été composée par Firmin, mon grand fils de 17 ans (l'âge de Rimbaud), enregistrée et mixée dans le home studio de sa chambre en décembre 2020. Merci à Jean-Baptiste Ballion (Jug Prod) pour son aide précieuse sur le montage vidéo. Le livre sera donc en librairie le 7 avril. Désormais, le bruissement du temps se rétrécit... 


— NE RESTE QUE L'AUBE © Thierry Murat / éditions Futuropolis — 

(En librairie, le 7 avril de l’an de grâce 2021) 

Citylights

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samedi 20 mars 2021

Par ici la sortie !

nerestequel'aube_futuropolis

Je ne sors un livre
que tous les deux ans.
Parce que j'ai toujours,
globalement,
beaucoup trop d'avance.
Et j'ai peur que le public
ne suive pas...
Alors,
ne sois pas en retard
au rendez-vous. 



NE RESTE QUE L'AUBE / Thierry Murat © éditions Futuropolis —
(176 pages / 24,6 x 30,7 cm / ISBN : 9782754828086 / Poids net égouté : 1,13 kg.) 

En librairie, à partir du 7 avril de l'an de grâce 2021 ! 

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mercredi 17 mars 2021

Ignorant

aurore« L’effacement soit ma façon de resplendir, 
la pauvreté surcharge de fruits notre table, 
la mort, prochaine ou vague selon son désir, 
soit l’aliment de la lumière inépuisable. » 

— Philippe Jaccottet, 1925 - 2021 / L’Ignorant © Gallimard, 1958 —
(Dans mon atelier, monotype sur papier vélin) 

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samedi 13 mars 2021

Senso

senso

Les arts majeurs,
comme la poésie ou le dessin,
imposent par définition
une esthétique de la forme
qui est toujours supérieure au contenu
afin d'en sublimer le sens. 
Et tout le reste n'est que journalisme... 
ou militantisme. 

— Dans mes carnets dessinés, fragments — 

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mardi 9 mars 2021

Human downgrading

algo-data

Si l'on regarde le réel droit dans les yeux et que l'on cesse de conjecturer le fantasme progressiste, cette ambiance dépressive de début de siècle est une bénédiction pour les algorithmes qui apprennent sagement de toutes nos faiblesses et de toutes nos peurs, afin de mieux découper la civilisation en identités blessées, offensées, discriminées, stigmatisées, etc. La finalité étant simplement de capter du temps de connexion de manière exponentielle pour produire de la croissance financière de manière... exponentielle. Ça on le sait depuis le début de l'histoire. 
Mais ne soyons pas plus adulescent que l'on nous enjoint à l'être en se contentent de dire naïvement que « l'important est d'en être conscient »... Non. Tout cela est hélas bien plus complexe et délétère. Grâce à la dopamine générée par le marketing de soi-même et l'addiction aux nombres de likes ou de vues, les IA encore balbutiantes sont en train de comprendre comment contrôler parfaitement les émotions, les convictions, les indignations et les frustrations de la foule, en créant une dépendance absolue, bien plus forte que celle à la nicotine ou à la cocaïne. Même ceux qui se sentent éloignés de tout ce réseau neuronal artificiel sont atteints sans s'en rendre compte, puisque désormais, la machine ronge la totalité des cerveaux, lentement mais avec abnégation, comme un cancer généralisé. 
Certains radars, ou garde fous, que l'on appelait jadis artistes, ou intellectuels, nous alertent pourtant depuis longtemps. Mais ces alertes peinent à toucher la foule qui choisi plutôt d'écouter les influenceurs de la culture connectée du divertissement et préfère s'engager dans le militantisme virtuel pour défendre des particularismes minoritaires, intolérants et prosélytes qui fragmentent l'humanité en une multitude de pixels éparpillés dans la cendre froide et la poussière. 

 

— Dans mes carnets, fragments of time — 
(Photo © Unsplash / Taylor Vick) 

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mercredi 3 mars 2021

En attendant...

_strip_aube_

« Tout passe et s'évapore en pourritures célestes. 
Les siècles succèdent aux siècles.
Contempler la chute permanente de l'état de grâce... 
Et admirer la décomposition du monde
dans la corruption de l'existence éternelle. » 

— NE RESTE QUE L'AUBE © Thierry Murat / éditions Futuropolis / page 78, extrait — 
(En librairie, le 7 avril de l’an de grâce 2021) 

Ici, quelques précisions de la part de l’éditeur : https://www.futuropolis.fr 

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lundi 22 février 2021

Lyrisme

Lyre

Nérac, octobre 2018. Les Rencontres Chaland... 
Attablé en terrasse nocturne avec Jean-François Martin, je noie dans un whisky fraise mon bonheur d'être invité à cette grand messe de la bande dessinée, dans le temple de la Ligne Claire. Alors que mon regard flâne à droite à gauche... j'aperçois un type un peu dandy accoudé au bar en grande discussion avec Serge Clerc. Je demande à Jean-François, qui est ce gentleman ?... Qui ça ? Ah, Philippe ! Me répond-t-il comme une évidence. 
Fichtre ! Mon sang dilué au whisky fraise ne fait qu'un tour dans mes veines jugulaires ! Philippe... Serait-ce Phil Perfect en personne ?! Bonté divine !!! Où est Sam Bronx ?!? Bref... Serge Clerc s'éloigne du type. Arrive alors François Avril à l'arrière plan, près du zinc, avec une blague désopilante au bord des lèvres. Du moins je l'imagine... Car à cette distance, le volume sonore du bar de nuit ne me permet de discerner qu'un lointain mambo électro-chacha et le bruit des vagues sur la Baïse. Soudain, le type – le fameux Philippe – éclate de rire en posant sa main sur l'épaule de François Avril. La scène est graphiquement impeccable... jusqu'au légendaire fouetté de pinceau à la Jijé sur les plis de pantalons.
Philippe qui ? Dis-je, sortant de ma rêverie et faisant sursauter Jean-François Martin qui commençait à s'endormir, le nez dans son tilleul menthe. Philippe Cuny ! Me répond-t-il d'un air entendu. Il fait des lampes... Il est designer. Jean-François sort alors un stylo bille et retourne religieusement le ticket de caisse qui somnolait à côté du cendrier. Il se met à dessiner... Regarde, me dit-il, sa lampe est une véritable icône du design... La lampe Lyre ! Elle ressemble un peu à ça... Jean-François pose le stylo sur la table. Magnifique, non ? Me chuchote-t-il en souriant dans sa barbe. Viens, je te le présente... 

Mars 2020. Je me décide enfin à demander à Philippe, qui entre-temps est devenu un ami, la permission d’installer sa très élégante lampe Lyre dans le décor dessiné de mon livre en chantier ; Ne reste que l’Aube. 
Mars 2021. Dans un mois, le livre sort en librairies (commerces essentiels...). Je regarde le temps qui succède au temps. Et... tout est à sa juste place, comme les légendes... Et comme l'amitié. 


— Dans mes carnets, fragments — 

(Dessin de J.F. Martin, oct. 2018, collection particulière Philippe Cuny) 

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lundi 15 février 2021

Bonnes feuilles

bonnesfeuillles

Les feuilles test sont impeccables.
Le livre part incessamment sous presse. 
Bichromie ; Noir & Gris pantone 403.
Papier offset Oria Neutro, 130g. 
Un livre comme un nocturne. 
Intérieur nuit, 176 pages. 
Le blanc du papier pour la lumière, 
dans l’obscurité du récit. 

On y parle peinture, philosophie,
immortalité, Renaissance,
Cinquecento, et fin de 21ème siècle
en putride décomposition. 

On y respire les parfums 
à peine éclos dans la poussière. 
On y éprouve le goût du sang 
dans les premières lueurs de l’aube. 

En librairie le 7 avril… 

 

 — NE RESTE QUE L'AUBE © Thierry Murat / éditions Futuropolis — 
(Coming very soon, now...) 

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dimanche 7 février 2021

En librairie, le 7 avril !

NeResteQuel'Aube

Voilà un an, presque jour pour jour, que le monde s’est mis brutalement à l’arrêt en s’agitant dans tous les sens, dans une chorégraphie neurasthénique de gesticulations parfois grotesques, parfois pittoresques, souvent pathétiques et dérisoires. En ce qui me concerne, j’ai choisi l’indifférence et l’isolement absolu afin de préserver l’essentiel.
Je n'ai pas voulu faire semblant de jouer la contrition dans une performance online ou dans un journal de bord de « l'artiste-auteur confiné », comme il en pleuvait par centaines sur les réseaux sociaux à partir de ce mois de mars 2020, orchestrés par le dictat du culte de l'apparence, chaperonnés par l'indigence du crowdfunding et sublimés par l'addiction au marketing de soi-même. Cela fait plus de quinze ans que le confinement est mon quotidien, ma façon d'être au monde ; aucun intérêt d’en faire un scoop nombriliste ou un spectacle virtuel. C'est ainsi, dans l’éloignement, que je cultive depuis toujours mon plaisir d'offrir des récits dessinés sous forme de livres, uniquement quand le moment est venu et non quand l'émotion collective le réclame.
En février dernier je me mettais donc au travail, pour de vrai, comme un ermite pendant neuf mois, sans me soucier du reste... Durant cette absence au monde, j’ai fini d'écrire et me suis mis à dessiner un livre, commencé en 2019, qui sortira en librairie le 7 avril prochain. Certainement l'ouvrage le plus important pour moi depuis des lunes. Mon sixième livre de bande dessinée aux éditions Futuropolis. Un récit graphique de 176 pages qui parle d’immortalité et de peinture. Mais aussi – et surtout – de notre humanité de fourmilière, vue d’en haut ; c’est de là que l’on observe avec le plus d'acuité. Souvent... 


NE RESTE QUE L'AUBE © Thierry Murat / éditions Futuropolis — 

(En librairie, le 7 avril de l’an de grâce 2021) 

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dimanche 31 janvier 2021

Archivage

étagères

Tous les deux jours, la race humaine crée désormais autant d’information que nous l’avions fait entre l’aube de la civilisation et l'an 2000. Cela représente un peu plus de cinq exaoctets de données par jour... Les espaces de stockage ne pouvant être indéfiniment en expansion comme l'Univers, qu'allons-nous archiver en priorité pour les générations post-humaines de demain ? La merde ou la poésie ? 


— Dans mes carnets, fragments de notes — 
(Sur les étagères de mon Digital Revio, homelandes) 

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