jeudi 24 décembre 2020

#christmas

christmas

Soupçonné d'incarner le symbole de l'impérialisme capitaliste mondialisé de l'Amazonie numérique, accusé d'être responsable de la déforestation sapinière et présumé coupable de toutes les frustrations de la populace névrotique, le Père Noël jette l'éponge et démissionne. C'est officiel.
Lynché sur les réseaux sociaux, tabassé par des hologrammes en gilets jaunes sur les parkings des supermarkets, insulté – parce qu'il n'existe même pas – par des enfants pixélisés... le jovial patriarche rouge et blanc n'assurera pas sa mission cette année et ce, jusqu'à nouvel ordre.
« Allez vous faire cuire le cul et joyeux Noël ! », a-t-il tweeté ce matin, avant de disparaître sur son traîneau, provoquant ainsi la risée générale : « Ouais c'est ça, ouais... Casse toi, boomer ! T'es qu'une fake news ! », lui ont répondu en masse les internaute·e·s, dans une avalanche de commentaires citoyens, solidaires et engagés pour un monde nouveau. « Un monde enfin débarrassé des croyances et des légendes old school à la con ! », a commenté Sophie Marceau du tac au tac, sur son TikTok. 


— C'était un communiqué de « Jusqu'Ici-Tout-Va-Bien », merci de nous avoir suivis — 

Posté par thierrymurat à 16:34 - Permalien [#]

dimanche 20 décembre 2020

Préambule

préambule

Avant toutes choses,
je devrais te parler de l'outil,
de la planche, des copeaux,
et du grain à moudre
qu'il faut ramasser
pour retrouver la source
vers le nouveau livre à déflorer,
la nouvelle histoire à enfanter,
en perforant la falaise

qui surplombe le bruissement des voix
alors que se croisent au même instant,
au-dessus du vide,
des images en bleu de travail. 


— Dans mes carnets, fragments — 

Posté par thierrymurat à 08:47 - Permalien [#]
jeudi 17 décembre 2020

LandeScape

homelandscape

— Dans mon Digital Revio, homelandes — 
(Ici, temps élargi à l'infini) 

Posté par thierrymurat à 13:28 - Permalien [#]
lundi 14 décembre 2020

Le titre...

titre_Aube

Toi qui te demandes quel est donc ce nouveau livre de bande dessinée sur lequel je travaille – et retravaille – le dessin et l’écriture, sans relâche depuis presque deux ans... Sache que je te mitonne pour 2021, toujours chez Futuropolis, un des plus beaux romans graphiques de ma bibliographie.
176 pages en bichromie. Noir & gris, en tons directs. Pages de garde ; rouge sang. Plus classieux, tu meurs. Voici déjà son titre et sa date officielle de sortie en librairie. C’est déjà ça... J’espère que tu prendras cette humble confidence comme un cadeau de noël avant l’heure. En février c'est promis, tu auras – telle une épiphanie pour patienter jusqu'en avril – la couverture de l'ouvrage sous tes yeux, sur ce blog ici même. 


— NE RESTE QUE L'AUBE © Thierry Murat / éditions Futuropolis —
(En librairie le 7 avril de l’an de grâce 2021) 

Posté par thierrymurat à 10:25 - Permalien [#]
mercredi 9 décembre 2020

Building Universe(s)

Serra

Sur la planète Télhus, ce qui émerge des rapports des parties au tout, tant dans l’architecture que dans la nature, se construit de la manière la plus évidente depuis des centaines de milliers d'années. Les monuments traditionnels dans lesquels les Télhusiens se sentent chez eux ; les villages de quartz, les tentes mésomorphes ou les temples baryoniques, ont toujours été érigés par des sortes de shamans-bâtisseurs, spirituellement proches de ces constructions et de tout ce qui a permis de les réaliser. 
Sur Télhus, il est impossible de construire de grands monuments ou de concevoir des habitations confortables sans suivre scrupuleusement cette méthodologie tangible qui s'inspire fondamentalement des énergies formelles, naturelles et ancestrales du cosmos. Et on ne peut nier le contraire... 

— Réédition spéciale d'un fragment cosmique et prémonitoire, comme souvent sur ce blog, publié initialement ici même en mai 2020, avec un peu d'avance à l'allumage sur les événements...  — 
(Photographie : « East-West / West-East », sculpture-installation de Richard Serra / Qatar, 2014) 

Posté par thierrymurat à 11:21 - Permalien [#]

lundi 7 décembre 2020

2+2=5

Luminus_1er

Jadis réservée au méchant pouvoir oligarchique totalitaro-orwellien, la célèbre équation sophiste semble aujourd'hui se démocratiser au creux de l'intrication quantique participative de nos cyber-cerveaux ultraconnectés : 2+2=5. Voilà donc que désormais le gentil bon petit peuple, usant lui aussi de solipsisme à bon marché, tente de soigner ses divines névroses collectives dans la pratique religieuse de l'arithmétique frelatée. 


— Dans mes carnets, fragments lumineux — 

Posté par thierrymurat à 08:56 - Permalien [#]
samedi 5 décembre 2020

Atlas

carto

La géographie des profondeurs 
retient la verticalité du silence. 

Elle cartographie
l'affrontement cinétique des abysses,
dans une écriture
aussi incertaine que l'érosion
des montagnes de pluie. 


— Dans mes carnets, fragments — 

Posté par thierrymurat à 08:49 - Permalien [#]
vendredi 4 décembre 2020

Phóbos

cyberfourmis

Les fourmis cyber-connectées se donnent des leçons de morale en débats virtuels et en temps réel. Elles réinventent l'inquisition 2.0 ; le bûcher punitif et purificateur partagé en réseaux. Du bout de leurs antennes, elles consomment de la pensée mortifère dans leur exhibitionnisme pudibond. Au creux de leurs carapaces noires, elles sucent le cadavre liquide de leur libido triste et fatiguée, espérant un jour se reproduire en likant la semence stérile de leurs propres commentaires. 

— Réédition spéciale d'un fragment publié ici même sur ce blog, en septembre 2018 — 

Posté par thierrymurat à 10:45 - Permalien [#]
mercredi 2 décembre 2020

Scketchbook #4

fragments_intimes

« Si j’enfonce un mot violent comme un clou, je veux qu’il suppure dans la phrase comme une ecchymose à cent trous. Pour être cruel, il faut être éclairé. Voilà la vérité. » 

— Antonin Artaud — 
(Dans mes carnets, fragments dessinés au scalpel) 

Posté par thierrymurat à 08:51 - Permalien [#]
mardi 1 décembre 2020

Dehors

wetgarden

La peine a du mal 
à se faufiler entre les vides 
du ciel et du chagrin. 
Alors quoi ? 

Les insignifiantes tragédies
du monde
ne sont que des flaques 
où l'écriture ne prend pas. 
Les mots dissous 
entre les plaintes disjointes 
ne racontent rien. 
Le carnet repose alors la question. 
Alors quoi ? 

Une chaise sous la pluie. 
Un nid. 
Un tas d'os dans la boue. 
Un feu. 

Écrire comme un manche 
de pioche. 
Et faire germer la charogne. 
Alors ça va. 

 

— Dans mon Digital Revio, fragments de poème humide — 

Posté par thierrymurat à 14:41 - Permalien [#]