cielsixtine

Michel-Ange s’est assis en tailleur au sommet de l’échafaudage. Il a posé son pinceau encore chargé d’indigo dans le creux de l’écuelle de terre, puis il s’est roulé une clope et s’est mis à crier : « Putain ! J’ai fini… ».

Alors, le ciel de la chapelle Sixtine s’est embrasé de mauve, de pourpre et d’or. Les anges se sont approchés de l’artiste et ont léché sa peau saturée de sueur. Dieu, sortant la tête de son nuage-barbe-à-papa, a chuchoté à l’oreille du peintre : « Je suis ton Père… ».
« Toi, ta gueule ! », lui a répondu Michel-Ange en balançant une mandale qui explosa magistralement la mâchoire du Saint-Père.

Dans un épuisement proche de la béatitude païenne, Michel s’est finalement endormi les bras en croix sur l’échafaudage. Les paumes de ses mains tournées vers le sacré. Et son sexe furieusement dressé vers l’immensité verticale de l’œuvre achevée.


*


Voilà. Je crois que c’est à peu près ce qu’il m’arrive, là…  
au bout de dix-huit mois passés à écrire et à dessiner ce putain de récit
(et tout l'été à le mettre en couleur).
Le livre sera enfin disponible en librairie le 1er novembre de l’an de grâce 2018.
Juste après l’embouteillage éditorial de cette putain de rentrée littéraire 
et juste avant l’engorgement de ces putains de fêtes de fin d’année.
Pile poil pour la fête de la Samhain ; le sabbat des sabbats ! 

C’est parfait…

Je vous parlerai donc de tout ça (sans trop en dire) très bientôt !

 

– Peinture : plafond de la chapelle Sixtine / détail –