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— Dans mes cartons, relique du vingtième siècle /
Page inédite d'une histoire de détective privé de dessert,
(heureusement) jamais terminée / 1986, année de mes 20 ans —

— Dans mes cartons, relique du vingtième siècle /
Page inédite d'une histoire de détective privé de dessert,
(heureusement) jamais terminée / 1986, année de mes 20 ans —

Je m'en remets
Désormais au travail
Aux silences
Au mystère
Caché dans l'ombre
Du dessin
Dans les secrets
De l'écriture
Et c'est que du bonheur
Comme disent les footballeurs
— Table de travail, janvier 2020, nouveau livre en cours —

L'avoir
peut rendre
acceptable
le manque
d'être.
Mais l'être
peut effacer
totalement
le manque
d'avoir.
— Dans mes carnets, notes en vrac —
(Dans mon Digital Revio, conjuguer ce qu'il reste)

Il y a 5 ans, abasourdi comme tout le monde par la déflagration de ce 7 janvier 2015, je faisais mes premiers pas sur les réseaux sociaux que j'avais boudés jusque là. Novice, j'ouvrais donc un compte facebook pour la première fois afin de regarder, écouter ce que le monde, la foule disait, ressentait à cet instant précis où la liberté d'expression venait d'être attaquée dans sa chair avec une violence inouïe. J'ouvrais ce compte facebook pour me sentir moins seul dans cette incompréhension qui allait gangrener peu à peu ce nouveau siècle, et pour essayer certainement de retrouver – comme nous tous au creux de cette empathie collective – un peu d'apaisement dans ce chaos que je croyais passager...
5 ans après, le chaos est permanent, ici où ailleurs, les censeurs et la bien-pensance moralisatrice ont changé de bord ou de camp. On brûle des livres, on interdit des concerts, des films, par voix de pétitions, de manifestations, ou de prosélytisme incessant. Et on lynche à tour de bras, au gré des émoticônes du moment.
Il est donc temps pour moi aujourd'hui de fermer définitivement, en fin de soirée, cette page connectée qui n'a plus de sens à mes yeux. En ce 7 janvier, je trouve que c'est un « beau jour » pour quitter les réseaux artificiels de la dictature de la pensée formatée.
Bonne continuation à vous.
( Je reste présent sur mon blog : http://thierrymurat.canalblog.com/ )
— Sur ma page facebook, dernier message avant autodestruction
de toutes mes connexions sur les réseaux dits sociaux / 7 janvier 2020 —

La verticalité spirituelle des religions monothéistes occidentales s'étant totalement évaporée depuis que les archevêques sodomisent les anges, il faut bien – à l'aube horizontale du nouveau millénaire – se faire accroire que l'on va réussir à apaiser les angoisses néo-existentialistes de la foule avec les bréviaires d'un nouveau catéchisme de supermarket qui crucifie les porcs en transformant la vieille littérature sulfureuse – ou toute autre forme d'art « dégénéré » – en un tout nouveau scandale ou une toute nouvelle affaire d'état qui lave encore plus blanc qu'une réclame poussiéreuse des seventies.
Dans ce spectacle du châtiment, soyons certains que cette grande lessive du siècle tout neuf nous garantisse à tout jamais la purification ultime de l'âme souillée de l'humanité. N'en doutons pas !
— Dans mes carnets, écrire des fragments de notes —
(Dessin © Fondation Alberto Giacometti, exposition Giacometti / Sade
« Cruels objets du désir », du 21 novembre 2019 au 9 février 2020, Paris 14e)

Aux creux humides
des forêts
à l'heure où s'éteignent
les clartés mille fois séculaires,
au bord des plongeons nocturnes
chevauchant les morts
et réveillant les rêves interdits
qui dansent le long
des ossements en ruine,
il y a
le charbon ardent d'un va-et-vient
à l'entrefesson
du silence.
— Dans mes carnets, écrire des fragments —
(Photographie © Matthias Heiderich / White Noise / 2011)

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BOUTIQUE FERMÉE (all sold out) LE 26 / 04 / 2020

Le temps de l'effacement
n'est jamais celui de la revanche.
Il y a des silences
qui ne sont pas synonymes
de cautionnement ;
ce mot symbolique
à la mode symptomatique
de l'époque enténébrée,
victimaire et culpabilisatrice.
Le bien et le mal érigés en trophées
convoquent parfois des effacements
nécessaires et indisciplinés
dans ma discrète indifférence.
Il y a alors, le temps intime de l'absence
à l'écart du chaos avarié
des émeutes et des amitiés flétries.
Et puis il y a l'ennuie de la foule
qui me pousse depuis toujours à fuir
la sécurité confortable et mortifère,
garantie par ce fantasme d'un état
de providence sans lendemain.
Mais heureusement,
il y a au fond de mes poches,
l'avenir dématérialisé
comme une nostalgie qui s'efface.
Comme un abandon accidentel,
salutaire et vivifiant.
— Dans mes carnets, fragments —
(Dans mon atelier, peindre du rien)

Il parait que l'intelligence artificielle est dans l'impasse : absence d’autonomie, hyperspécialisation réductrice, incapacité à manipuler du sens, inaptitude à créer de l'abstraction ou à proposer une représentation subjective du monde... Impasse totale donc, nous dit, dépité au détour d'un article de presse, un chercheur directeur de projet informatique.
Triste nouvelle pour les esprits cartésiens. Mais comment peut-il en être autrement ? Puisque l'intelligence, elle même, est dans l'impasse depuis un bon moment déjà. Aucune théorie de l'intelligence n'a été, à ce jour, mise en lumière. Les psychologues les plus éclairés admettent – par prudence frileuse – qu'il y a « plusieurs » formes d'intelligence. Même si depuis trop longtemps, la seule forme d'intelligence insidieusement et officieusement jugée supérieure est celle que l'on nomme « mathématique » ou « scientifique » : concentration, logique, rapidité de calcul et compétitivité. Il n'y a qu'à regarder comment les décennies passées ont mis sur un piédestal ces filières scolaires et universitaires peuplées de singes savants.
En revanche, dans l'indifférence la plus totale, l'intelligence dite littéraire ou artistique, nourrie d'abstraction, de subjectivité, capable de sortir le vocabulaire de son rôle bêtement utilitaire pour transcender les mots en images mentales (et inversement) n'a jamais été réellement considérée comme une forme d'intelligence ; au pire, un grain de folie gentiment atypique et distrayant... ou un don (quel mot vulgaire et méprisant). En clair, être capable de percevoir le grand tout de l'univers dans la représentation d'une chaise vide (et inversement), n'a que très peut d'intérêt pour la masse normalisée de l'humanité (on s'en serait douté...).
Nous y voilà. L'intelligence artificielle est donc dans l'impasse (quel scoop...). Après plusieurs décennies de recherches purement technologiques, partant du postulat que l'intelligence avec un grand « I » n’est rien d'autre que celle capable de calculer aussi rapidement qu'un microprocesseur quantique au galop, quelques chercheurs – ayant l'intelligence de l’humilité – avouent leur échec : l'intelligence artificielle ne sera jamais capable d'ouvrir les Portes de la Perception (quel scoop...). Ceux qui ont lu William Blake et Aldous Huxley savent depuis toujours que seuls les actes de création artistique, dans un dérèglement absolu de tous les sens (ou éventuellement la drogue ou la méditation), sont capables de transcender le biologique – socialement et bassement utilitaire – en une connaissance universelle de la signification du tout existant. L'artiste est équipé congénitalement pour être un voyant extra-sensoriel, c'est ainsi. Mais l'époque préfère encenser d'autres différences : l'autisme ou la dyslexie par exemple, dans une liturgie victimaire très à la mode. C'est plus pratique. On réservera à l'artiste le « privilège » de la vindicte populaire moralisatrice et le pilori... (mais c'est un autre sujet).
On y croyait pourtant. Avant internet, on pensait que toute cette stupidité collective était due à un manque d'accès à l'information. Et depuis l'avènement des réseaux sociaux, on pensait qu'une armée d'imbéciles connectés et ultra documentés allait pouvoir devenir – à l'image des innombrables connections neuronales d'un cerveau globalisé – une foule intelligente permettant d'accueillir une forme d'intelligence artificielle supérieure. Mais en fait, non (on s'en serait douté...). La seule ingénierie de cyber-psychisme réellement au point est finalement la crétinerie artificielle et universelle. Et c'est certainement pour cela que la recherche sur l'intelligence – naturelle ou artificielle (peu importe) – ne fera que se cogner dans les angles des impasses d'un gigantesque labyrinthe infini, jusqu'à l'extinction de l'humanité, bien avant la fonte totale des glaces et des pingouins manchots bipolaires (c'est à dire très bientôt).
— Dans mes carnets / fragments de notes en vrac —
(Dessin de Léonard De Vinci)

« Si ma ligne de vie venait à se casser
J'aimerais pour finir avoir encore le temps
De monter sur la dune et le voir écumer
J'aimerais pour finir regarder l'océan
Comme lorsque l'on courait et qu'il apparaissait
Et qu'on criait de joie, ivres de sa colère
On ne le craignait pas et nous en étions fiers
C'était la même colère qui en nous s'élevait
L'océan »
— Dominique A / L'océan, 2015 —
(Dans mon Digital Revio, apprivoiser l'hiver)
Ces cartes postales illégales,
longtemps diffusées sous le manteau,
ont fait la fierté de la censure digitale et connectée
du 21e siècle.
Enfin rééditées, elles redonneront le goût
de la correspondance interdite
aux internaute·e·s postmoderne·e·s,
avide·e·s de liberté et de communication intense !
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— Ça doit pas être facile tous les jours,
de peindre du « rien »...
Pas vrai ?
— Effectivement.
C'est beaucoup plus compliqué que de parler
pour ne rien dire.
(Dans mes carnets, écrire des dialogues / Dans mon atelier,
acrylique sur toile)

— Réédition spéciale du supplément du petit dimanche illustré
du 19 novembre 2017, initialement publié sur ce blog, ici même —

Ces célèbres affiches ont fait la fierté de la censure digitale
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(NB : Attention... La détention de ces affiches est toujours passible d'une peine
de six mois de cyber-harcèlement, pouvant aller jusqu'à trois ans
de lynchage médiatique avec sursis.)
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Chaque jour, ou presque, une nouvelle question philosophiquement complexe est tirée du grand chapeau médiatique afin d'apporter une unique réponse simple, vulgaire et prédigérée pour le bétail post-humain neurasthénique.
Ces derniers temps, j'entends ici ou là, sur les réseaux de l'ultra moderne bêtise interconnectée qu'il ne faut absolument pas séparer l'œuvre de l'artiste. La question est évidemment complexe... Mais comme toujours, la réponse imposée par les haut-parleurs virtuels des algorithmes est très simple. Comme chez Orwell dans 1984, le cheminement de la pensée nourrie d'arguments est systématiquement écarté afin de réduire le risque de discernement au degré zéro de la réflexion. Peut-on séparer l'œuvre de l'artiste ? Non. Il ne faut pas. Point à la ligne.
C'est mal. (Fin de la discussion).
À l'écart du cyber-brouhaha, je reste comme d'habitude sans voix, les bras tombants au milieu de tant de certitudes péremptoires et je pense soudain à Federico García Lorca...
Je me dis qu'il aurait certainement préféré, lui, que l'on sépare son œuvre de sa vie d'homme au moment précis où les milices franquistes posèrent froidement sur sa tempe le canon d'un pistolet automatique au détour d'un chemin boueux. Son seul crime était d'avoir écrit des poèmes dérangeant la pensée unique érigée en système. Mais ce ne sont pas ses livres que l'on a interdits ou brulés, c'est sa cervelle que la meute docile a fait exploser en l'exécutant à bout portant comme un chien. On ne sépare pas l'œuvre de l'artiste !
Enfin ! Puisqu’on vous le dit...
Alors, je pense à lui et aux centaines de poètes muselés ou assassinés de par le monde au fil de l'histoire humaine et je pisse comme je pleure sur la morale en plastoc préfabriquée par les petits procureurs autoproclamés de la justice facebookienne, twitterienne ou médiapartiste de ce siècle misérable.
Je pense aussi à Rimbaud, qui au détour d'une lettre à son ancien professeur de français, eu la vision extralucide d'écrire : « Je est un autre ». En quatre mots seulement, il rebattait soudainement toutes les cartes poussiéreuses de la vieille littérature, ouvrant enfin à l'infini les portes rouillées des horizons du geste artistique et de la pensée libre & immorale avant de mettre définitivement les voiles vers les mers du sud pour y vendre des armes, de l'opium et des filles de joie, nous laissant tous, ici-bas, dans la fange confortable de nos petites certitudes.
— Dans mes carnets / Fragments de doute —
(Dessin de Federico García Lorca / détail)

« And there was trouble
Taking place
Trouble
Taking place
There, inside the garden »
— PJ Harvey / The Garden, 1998 —
(Dans mon Digital Revio, fragments d'automne)

La prose indigente et consensuelle du XXIe siècle me fait profondément chier.
Alors, en ces temps maussades d'étiquetage automatique, de philosophie de supermarché, d'ubérisation de la pensée, de disette intellectuelle et de jeunisme culturel, mon cœur relit les anciens.
Je préfère apprendre dans les vieux bouquins ce qui a construit la civilisation, plutôt que lire ceux qui essayent de me réexpliquer ce qui la détruit à petit feu.
Ce qui fait certainement de moi un antimoderne, sans aucun doute. Ou un « réac », si ça peut en arranger certains, qui par manque de vocabulaire ou de littérature ont un peu de mal à nuancer leurs jugements expéditifs.
— Dans mes carnets, en toute franchise —
(Peinture : Jean-Baptiste Camille Corot, 1855)

Au moment même où l'on découvre, 150 ans après avoir été couchée sur le papier, cette magnifique strophe inédite et manuscrite des Fleurs du Mal, nous apprenons à l'instant que le fantôme de Jeanne Duval, la célèbre muse de Charles Baudelaire, vient de déposer ce matin une plainte pour harcèlement sexuel à l'encontre du prince des poëtes.
Certainement réveillé par les hurlements incessants du Metoo, le spectre de la belle mulâtresse de la Porte Saint-Antoine a fait savoir sur les réseaux sociaux que tout allait être mis en œuvre pour « détruire la carrière du troubadour pornographe mondain » (sic). Voilà qui risque fort de compromettre, vendredi prochain chez Drouot, la vente aux enchères du manuscrit retrouvé, en partenariat avec France Inter et Télérama...
Dans ce climat très tendu, les réactions des internaute·e·s ne se sont pas fait attendre : « Je te kiffe trop, Jeanne ! Et j'te suis à fond dans ton délire... Total soutien ! », aurait même twitté ce soir Aya Nakamura, la célèbre instagrameuse et influenceuse de la nouvelle chanson française engagée.
— C'était un communiqué de Jusqu'ici-Tout-Va-Bien —
(Merci de nous avoir suivis)

— Chut, Lucien... Ne me dites rien.
À voir votre manière de danser je suis certaine que,
vous au moins, vous n'êtes pas un pervers narcissique.
— Nous ne pouvons hélas préjuger de rien, très chère Justine...
Tout n'est ici qu'illusion d'optique dans le grand tourbillon
cyclique de l'existence. Mais ce qui est sûr, c'est que je bande
comme un salaud.
— Ah ah ah ! Oh, Lucien...
La vie avec vous est tellement magique et animée.
Venez ! Allons vite nous faire un rail de coke
et partouzer dans la piscine de l'hôtel !
— Justine... Je dois vous avouer quelque chose.
— Chut, Lucien... Ne me dites rien.
À voir votre manière de danser je suis certaine que,
vous au moins, vous n'êtes pas un pervers narcissique.
— Nous ne pouvons hélas préjuger de rien, très chère Justine...
Tout n'est ici qu'illusion d'optique dans le grand tourbillon
cyclique de l'existence. Mais ce qui est sûr, c'est que je bande
comme un salaud.
— Ah ah ah ! Oh, Lucien...
La vie avec vous est tellement magique et animée.
Venez ! Allons vite nous faire un rail de coke
et partouzer dans la piscine de l'hôtel !
— Justine... Je dois vous avouer quelque chose.
— Chut, Lucien... Ne me dites rien...
(... ad libitum)

Le zoopraxiscope, ce merveilleux jouet optique donnant l'illusion
d'un mouvement cyclique, fût inventé par Eadweard Muybridge.
Il permettait une projection sur grand écran à l’aide
d’une lanterne magique. (Dessins : Eadweard Muybridge, 1893 / Dancing)

Le poète s'en tient presque
toujours au « presque ».
Il nous regarde avec son ombre
et se poste sans posture sur le seuil
de la porte qu'il a entrouverte.
Sur le point de nous faire accéder
au « tout » de la pièce vide,
il nous laisse entrer presque seul.
Et c'est là que tout se joue ;
dans ce presque rien d'hospitalité,
le poème se transforme alors
en chaise, amphore ou candélabre...
Et « tout » est « presque » là,
comme au premier jour du monde.
— Dans mes carnets, écrire des fragments —
(Dans mon Digital Revio, photo presque inopinée)