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Le blog de Thierry Murat

10 mars 2020

Affiche de saison

justitia_2

Comme le soulignait très récemment un collectif d’avocates pénalistes, dans une tribune au journal Le Monde : « Il convient urgemment de rappeler que dans un État de droit, la présomption de culpabilité n’existe pas. » 
Il est bon d'entendre à nouveau s'élever les voix de la sagesse et de la loyauté, en ce siècle enténébré, surexcité par le retour ultraconnecté de la loi du talion et de la pénalité automatique moyenâgeuse. Il était grand temps... Merci à elles.

Car, seule la présomption d'innocence donne à la justice le pouvoir de nous protéger contre l'hystérie vengeresse de la vindicte populiste. Car, seule la prescription empêche l’homme mortel de conserver une haine immortelle. Car, rendre la justice à titre privé, en dehors d'un tribunal, est un délit. Point à la ligne. 

Ceci étant dit, il est donc également grand temps de ressortir cette vieille affiche – désormais mainstream et politiquement correcte – publiée  en novembre dernier, ici même sur ce blog, avec un peu d’avance à l’allumage sur les événements (c’est l’habitude de la maison...). Elle est éditée et toujours disponible, sous le label Illegal Prints. 



— Sur ma boutique en ligne : ILLEGAL PRINTS /
« Justitia 2.0 » / Affiche 30 x 40 cm / 16 € — 

( En vente ici : https://thierrymurat.bigcartel.com )
BOUTIQUE FERMÉE (all sold out) LE 26 / 04 / 2020

9 mars 2020

De quoi avez-vous si peur ?

cages_379

« Vous êtes tous fous. À mener des guerres incessantes et sanglantes contre tous ceux qui ne partagent pas votre peur de la vie. À trouver des obscénités secrètes dans chaque mot honnête, tandis que vous essayez de noyer vos propres pensées obscènes sous vos prières assourdissantes. » 

— Texte & peinture numérique © Dave McKean, 1998 /
Extrait de « Cages », page 377 — 

8 mars 2020

Oraison

kinbaku

Heureusement, il y a encore des œuvres qui nous enculent par les yeux et nous arrachent l'âme. C'est ce qui fait que l'art est toujours bien vivant, même tyrannisé sous le linceul des pisse-froids jansénistes de la moraline cyberconnectée. 
L'artiste, dont la seule posture est de se positionner dans le camp du bien, s'englue indéfectiblement dans la branlette de son discours de pseudo subjectivité, pour mieux cacher sa médiocrité objective. 
Tu veux que je te sépare l'œuvre de l'artiste ? C'est pour offrir ? Tu veux la sauce à part ? C'est sur place ou à emporter ? 


— Dans mes carnet, fragments de notes en ultra vrac — 
(Photographie © Nobuyoshi Araki) 

5 mars 2020

Âges farouches

clan-du-lac-maudit

J'avais huit ou neuf ans. Et je prenais mon vélo en direction du centre commercial, à deux pas du domicile familial. Comme dans toutes les petites villes de province, il y avait là, une maison de la presse ; vitrine de la culture populaire. Je partais donc, vaillamment, pour acquérir le Pif Gadget hebdomadaire.
Je passais un temps fou à parcourir du bout des doigts les feuilles de chou que finalement je n'achèterai pas ; Podium, Ok, StarClub... Je lisais en diagonale les interviews des vedettes de papier glacé, à même le présentoir ; Balavoine qui rétorque brillamment à la question débile du journaliste : Quel est votre animal préféré ? Moi, répond-il... (
Putain, mais trop bien ! Un jour je répondrai ça, moi aussi, en interview quand je serai grand...). 
Le Pif Gadget était déjà coincé sous mon bras, mais je traînais encore, de rayon en rayon, histoire de prolonger le temps de l'attente. Et puis... Reprendre le vélo, monter dans ma chambre, ouvrir le Pif, poser le gadget sur la table de nuit pour plus tard et lire urgemment le nouvel épisode de Rahan, le fils des âges farouches. Je savais que je ferai ce métier plus tard ; raconter des histoires avec des dessins imprimés en offset sur du papier couché. Cela prendrait le temps qu'il faudra. Mais je savais. Le coutelas d'ivoire m'avait sûrement montré le tout début d'un bout du long chemin. 

Ce soir, j'apprends que le papa dessinateur du fils de Craô, André Chéret, est parti rejoindre le Territoire des Ombres et ça me chagrine. Évidemment... C'est con, mais c'est toujours comme ça, un souvenir primitif qui s'en va ; ça fait comme un volcan qui sommeille dans la poitrine. 

 

— Dans mes carnet, fragments de souvenirs en vrac —
(Rahan, épisode 8 / Le Clan du Lac Maudit / détail de la page 1 /
Roger Lecureux - André Chéret, 1974) 

4 mars 2020

Paranoïa

bottes

Au final, la paranoïa collective des peuples des pays libres cherche toujours en vain la cause chimérique de ses intimes petits malheurs en traquant obsessionnellement les moindres symptômes embryonnaires d'un totalitarisme fantasmé qui pourraient éclore au sein d'un État démocratique.

Cette absurde vigilance permanente et monomaniaque conduit inévitablement à une sorte d'égarement qui rend aveugle et sourd à la dictature de la foule – bien réelle, elle – qui, dans sa passion prosélyte de l'interdiction, dans son puissant désir d'uniformisation de la pensée et dans sa fascination pour la dénonciation, la délation et le lynchage médiatique, avance masquée et en silence anonyme, préparant ainsi le terrain pour le prochain État totalitaire. 

 

— Dans mes carnets, fragments de notes en vrac —
(Image : vidéogramme, d'après Andrzej Wajda) 

3 mars 2020

Visite à un Ermite (sans le trouver)

monotype02

« Sous le sapin, j'interroge le disciple.
– Le maître est parti chercher des simples.
Par là, au fond de cette montagne,
nuages épais : on ne sait plus où... » 

 

— Poème de Jia Dao / Chine, dynastie Tang, IXe siècle —
(Dans mon atelier, monotype sur papier Velin d'Arches) 

1 mars 2020

Butinerie

leo1920

Allons, marquise, 
laissez-moi donc goûter 
la liqueur sacrée 
qui suinte aux creux 
des moiteurs secrètes 
de votre croupe. 

 

— Dans mes carnets, fragments d'allitérations en creux — 
(Photographie : Leo of Pradot, Paris 1920 / détail) 

29 février 2020

OpenSky

opensky

— Dans mon atelier, fragments / Acrylique et brou de noix sur toile — 

24 février 2020

Véhémence (fragment de)

monotype

Aux abords de ces paysages stériles, 
le foutre et le sang s'agitent
dans le noir mélange

de la merde et du vent femelle 
arraché aux tétines
des chiennes pyromanes. 

Et il faut être diablement éclairé 
pour sucer encor le jus de la lumière isocèle. 

No hug, dans ce bordel. 


— Dans mes carnets, fragments —
(Dans mon atelier, monotype sur papier Velin d'Arches) 

23 février 2020

Pharmacopée

fiole_faune

— Sur mes étagères, fragments thérapeutiques / 
En application cutanée, trois fois par jour : p
rotège l'individuité 
contre les névroses collectives pandémiques et sociétales /
Par voie orale : puissant analeptique, riche en fer et en
potassium — 

(Fabrication artisanale © T.M. / Exemplaire unique) 

21 février 2020

Les bourreaux de Staline / Katyń, 1940

katyn01

Au printemps 1940, dans la forêt de Katyń, près de la frontière biélorusse, dans le plus grand secret, les soviétiques enterrent dans des fosses communes les cadavres des prisonniers qu'ils viennent d'exécuter un à un au pistolet : 22 000 officiers et réservistes polonais jugés hostiles à l’idéologie communiste. Et en cette même année, ils en déporteront  60 000. 
Pour la première fois, ce film raconte l’histoire de ce massacre, longtemps attribué par ruse à l’Allemagne nazie. Il dévoile comment ce crime est le résultat d’un système arrimé à trois piliers : un prosélytisme pathologique, une pratique policière redoutablement bien ficelée et un culte de la dissimulation quasi religieux. 

katyn02

Entre avril et août 2019, j’ai réalisé soixante-dix dessins en couleur, au format 16/9ème, à la demande de la Générale de Production pour ce film documentaire écrit et réalisé par Cédric Tourbe, qui sera diffusé mardi prochain (25 février) en prime time, sur la chaîne Arte. Les images d'archives et mes dessins se mêleront pendant une heure trente afin de rendre compte d’un des fragments les plus inhumains et les plus oubliés de l'histoire de « l'humanité »… 

Je suis extrêmement fier, en ce XXIe siècle obscène et ultra connecté, qui fabrique du faux en flux tendu, d’apporter ma modeste participation au film de Cédric, dont le plus bel objectif à mes yeux est de raconter ce que, souvent par protection idéologique, on n'a jamais envie d’entendre ; c'est-à-dire la vérité factuelle. 

 

— LES BOURREAUX DE STALINE - KATYŃ 1940
Un documentaire de Cédric Tourbe / 01h30mn /
Coproduction Arte France - La Générale de Production / 
Diffusion : MARDI 25 FÉVRIER, 20h50 sur Arte — 
(Dessins © Thierry Murat / La Générale de Production, 2019) 

Et bien sûr, en replay sur la pateforme numérique Arte,
jusqu’au 24 avril, ici :

artelogo

  

19 février 2020

Le regard des anges

désir

« Dans quelques jours le film sera prêt, déjà j’oublie le début du travail, sous le ciel de Berlin, dans les bureaux de Road Movie, ou à la pizzeria juste en bas. Il y avait ces réunions interminables pendant lesquelles, nous, les techniciens, nous essayions de comprendre ce que voulait Wim. Surtout, nous avions besoin de savoir à quoi allaient ressembler les anges ; les ailes des anges, en quoi les faire ? En plume ? En satinette ? Peut-être en plexiglas ? Ah, non, pas le plexiglas. C’est bien trop rigide, et puis, c’est moche. Mais d’ailleurs, est-ce qu’on doit les voir, ces ailes ? C’est franchement encombrant. 
Le temps passait, le froid de l’hiver était tombé d’un coup sur Berlin. Oui, mais alors, est-ce que les anges ont froid ? Non, bien sûr que non. Bon, il faudra bien les couvrir. Nous notions : prévoir sous-vêtements chauds pour les anges. Et comment faire pour que la pluie ne les mouille pas ? Pour que le vent ne les décoiffe pas ? Henri Alekan, le sourcil en bataille, avait toujours mille idées. Wim nous écoutait. Il avait sommeil. Il avait encore passé une nuit blanche avec l’ordinateur qui remâchait sans fin le scénario. Nous débattions toujours quand Wim a décidé qu’il fallait commencer le tournage.
La vraie question pour lui, je crois, c’était le regard des anges, ce que voient les anges ; Berlin, les hommes, les femmes, les enfants, une petite trapéziste aussi, ceux qui désespèrent et ceux qui appellent encore à l’aide. Finalement tout est devenu plus clair. Les anges sont entrés doucement dans l’image, simplement. Ils apparaissent derrière les reflets d’un pare-brise de voiture, sont découverts à la fin d’un petit travelling. Les regards de Bruno et d’Otto, sans trucages, sans ralentis, sans surimpressions.
Dans le bureau de Wim, sur le mur, une feuille de cahier punaisée sur laquelle il avait recopié : Je marche au devant de mon image et mon image vient à ma rencontre. Elle me caresse et m’étreint comme si je revenais de prison. » 

 

— Claire Denis, première assistante de Wim Wenders
sur le tournage des Ailes du Désir / 1987 — 

16 février 2020

BloodyMovie

 

bloodymovie

— Dans mes cartons, relique du vingtième siècle / 
Sérigraphie trois couleurs / Tirage (heureusement) très très très limité / 
1986, année de mes 20 ans — 

15 février 2020

Vieux matin blême (toi-même)

bleme

— Dans mon Digital Revio, fragments — 

14 février 2020

BackHome

 

oldies1986

— Dans mes cartons, relique du vingtième siècle / 
Page inédite d'une histoire de détective privé de dessert, 
(heureusement) jamais terminée / 1986, année de mes 20 ans — 

16 janvier 2020

At work (...)

work

Je m'en remets
Désormais 
au travail 
Aux silences 
Au mystère 

Caché dans l'ombre 
Du dessin 
Dans les secrets 
De l'écriture 

Et c'est que du bonheur 
Comme disent les footballeurs 

 

— Table de travail, janvier 2020, nouveau livre en cours — 

14 janvier 2020

Verbes

fenêtres_01

L'avoir
peut rendre
acceptable
le manque
d'être. 

Mais l'être 
peut effacer
totalement
le manque
d'avoir. 


  

— Dans mes carnets, notes en vrac —
(Dans mon Digital Revio, conjuguer ce qu'il reste) 

7 janvier 2020

FinalCut

bigbros

Il y a 5 ans, abasourdi comme tout le monde par la déflagration de ce 7 janvier 2015, je faisais mes premiers pas sur les réseaux sociaux que j'avais boudés jusque là. Novice, j'ouvrais donc un compte facebook pour la première fois afin de regarder, écouter ce que le monde, la foule disait, ressentait à cet instant précis où la liberté d'expression venait d'être attaquée dans sa chair avec une violence inouïe. J'ouvrais ce compte facebook pour me sentir moins seul dans cette incompréhension qui allait gangrener peu à peu ce nouveau siècle, et pour essayer certainement de retrouver – comme nous tous au creux de cette empathie collective – un peu d'apaisement dans ce chaos que je croyais passager... 

5 ans après, le chaos est permanent, ici où ailleurs, les censeurs et la bien-pensance moralisatrice ont changé de bord ou de camp. On brûle des livres, on interdit des concerts, des films, par voix de pétitions, de manifestations, ou de prosélytisme incessant. Et on lynche à tour de bras, au gré des émoticônes du moment. 

Il est donc temps pour moi aujourd'hui de fermer définitivement, en fin de soirée, cette page connectée qui n'a plus de sens à mes yeux. En ce 7 janvier, je trouve que c'est un « beau jour » pour quitter les réseaux artificiels de la dictature de la pensée formatée. 

Bonne continuation à vous. 

( Je reste présent sur mon blog : http://thierrymurat.canalblog.com/ )

 

— Sur ma page facebook, dernier message avant autodestruction
de toutes mes connexions sur les réseaux dits sociaux / 7 janvier 2020 — 

6 janvier 2020

Sade song

giacosade

La verticalité spirituelle des religions monothéistes occidentales s'étant totalement évaporée depuis que les archevêques sodomisent les anges, il faut bien – à l'aube horizontale du nouveau millénaire – se faire accroire que l'on va réussir à apaiser les angoisses néo-existentialistes de la foule avec les bréviaires d'un nouveau catéchisme de supermarket qui crucifie les porcs en transformant la vieille littérature sulfureuse – ou toute autre forme d'art « dégénéré » – en un tout nouveau scandale ou une toute nouvelle affaire d'état qui lave encore plus blanc qu'une réclame poussiéreuse des seventies. 

Dans ce spectacle du châtiment, soyons certains que cette grande lessive du siècle tout neuf nous garantisse à tout jamais la purification ultime de l'âme souillée de l'humanité. N'en doutons pas ! 

 


— Dans mes carnets, écrire des fragments de notes — 
(Dessin © Fondation Alberto Giacometti, exposition Giacometti / Sade
« Cruels objets du désir », 
du 21 novembre 2019 au 9 février 2020, Paris 14e) 

3 janvier 2020

Venus Pendula

whitenoise

Aux creux humides 
des forêts 
à l'heure où s'éteignent 
les clartés mille fois séculaires, 
au bord des plongeons nocturnes 
chevauchant les morts 
et réveillant les rêves interdits 
qui dansent le long 
des ossements en ruine, 
il y a 
le charbon ardent d'un va-et-vient 
à l'entrefesson 
du silence. 

 

— Dans mes carnets, écrire des fragments — 
(Photographie © Matthias Heiderich / White Noise / 2011) 

1 janvier 2020

Bonne année & bonne censure !

 

caviardage_2020

— Sur ma boutique en ligne / 
I L L E G A L • P R I N T S  / Affiche 30 x 40 cm / 
Imprimée sur papier offset 250 g — 
(En vente ici : https://thierrymurat.bigcartel.com
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Visite aussi mon site web ! 
www.thierrymurat.com 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Profil instagram > (re)désactivé
(depuis les incendies de juillet 2026)
« Hors d'atteinte de l'anxiety-business 
récupéré par les algorithmes charognards
post-catastrophe » 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Compte facebook > définitivement supprimé 
(depuis janvier 2019) 
« Hors contaminations collectives
émotionnelles et méta-
synchronisées » 



 



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réseau Linkedin > désactivé
(depuis février 2025)
« Hors d'atteinte de la novlangue-de-bois
managériale et entrepreneuriale »
 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

AVERTISSEMENT :



 

« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit, dessiné,
ou photographié ce que 
tu aurais voulu
voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)