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Le blog de Thierry Murat

12 juin 2019

Comptine de saison

télétubies

Et gnan gnan gnan 
L'argent des méchants 

(Tous ensemble !) 

Et pouet pouet pouet 
Sauver la planète 

(Come on, everybody !) 

J'fais l'barbot 
Sur l'social réseau 

(All together now !) 

Et j'fais l'aumône 
Dans mon gilet jaune 

(One more time !) 

Et gnan gnan gnan 
L'argent des méchants 

(Ad libitum...) 





 

— Allez... Bonnes vacances, les télétubbies ! 
Moi, je m'éloigne un peu de l'eau croupie de l'étang et je me déconnecte
momentanément du brouhaha des grenouilles —

11 juin 2019

Communiqué #4

spacehole

« Les résultats des dernières observations de la sonde spatiale Proktos ne laissent désormais plus la place au doute.
Le trou du cul de l'univers est bel et bien en expansion, lui aussi. Et il aspire l'âme de l'humanité dans une gigantesque sodomie intersidérale. Nous allons donc tous mourir en faisant jouir le cosmos par l'anus. Et ceci risque bien, hélas, de prendre plusieurs milliards d'années...
C'est terrifiant, mais c'est ainsi.
Bonsoir. »

C’est sur cette ultime annonce de la célèbre agence conseil en communication d’influence, Fuck’Off, que la totalité des réseaux sociaux se sont brusquement tus, hier au soir.

Un dernier tweet d’un gilet jaune s’est échappé du grand vide : « Tout ça, c’est la faute aux médias ! Macron, rend le pognon ! Tu l’as dans l’fion ! »

Et puis le silence.



— C'était le dernier communiqué d'Ici-Même-en-Temps-Réel.
Merci de nous avoir suivis —

10 juin 2019

Amulettes

amulettes

Le poème, comme un loup, 
entre et sort de la forêt. 

Sans contaminer le réel, 
il en propose une expérience intègre ; 
des traces de pas dans la neige. 
C'est tout. 

Une empreinte protectrice 
et symbolique. 

Le sujet est l'objet de la représentation 
et du discours, au delà de la langue 
qui brinquebale la pensée. 

Les yeux brûlent la lumière.
La chair avale l'ombre.

L'esthétique est dans le sujet. 
Et donc, dans l'objet qui le représente. 
Nulle part ailleurs. 

Il en est de même pour la peinture. 




 — Dans mes carnets, notes en vrac 
(Peinture : Thierry Murat © 2019 / Amulettes / empreinte monotype sur Velin d'Arches)

9 juin 2019

Communiqué #3

marieantoinette

L'AFLPSS (Association Française pour la Lutte contre la Pénétration Sexuelle Systématique) lance un cri d'alarme : « Non, le coït n'est pas incontournable ! Il n'est qu'une funeste invention masculine qui sacralise l’instauration d’une relation inégalitaire comme modèle sociétal ! » (sic). 

Pénétrer, prendre, foutre, attraper, enfiler, enconner... ne seraient alors que des concepts archaïques et poussiéreux ? Dans notre soif de vérité, et d'information, nous sommes en droit de nous poser la question... Et pour atteindre l'orgasme féminin dans un extraordinaire élan progressiste, tous ces verbes désuets ne seraient-ils pas, finalement, à proscrire du langage et de l'acte sexuel de la race humaine du XXIème siècle ? 

« Le phalocentrisme étant au cœur du débat politique sur les réseaux sociaux depuis l'avalanche salutaire post-metoo, pourrait-on enfin, dans cette société sexiste, baiser équitable ?! », a déclaré très sobrement Thérèse Fion (porte·e parole·e de l'AFLPSS) lors de sa conférence de presse. 

En état de sidération avancée, les cyber-hurlements des internaute·e·s ne se sont pas fait attendre : « On t'encule, Thérèse ! », aurait même twitté, ce matin, un gilet jaune très exité... 

 


— C'était un communiqué d'Ici-Même-en-Temps-Réel. Merci de nous avoir suivis — 

3 juin 2019

Atramentum

To be or not

Dans les récits immémoriaux, on raconte parfois que l'on aurait aperçu jadis, des peintres aller fouiller dans les tombeaux pour y chercher des ossements en vue de les calciner et de les broyer afin d'obtenir le plus intense, le plus puissant, le plus absolu et le plus profond des pigments ; l'Atramentum, dont nous parle Pline l'Ancien dans son Naturalis Historiæ.
Avec cette préparation soigneusement mélangée à de la gomme arabique, on pouvait alors exhumer – par vanité – la seule couleur qui soigne l'âme ; le noir.
La couleur des couleurs. La seule et unique qui – par combustion – détruit toutes les autres pour mieux les recréer. En somme, la phase première du grand œuvre que les alchimistes appelaient l'œuvre au noir ; la nigredo.

 

 

— Dans mes carnets, notes en vrac 
(Peinture © Thierry Murat, 2019 / To be or not / 50 x 50 cm /
acrylique et brou de noix sur toile de lin)

29 mai 2019

Atelier (fragments d')

atelier

Se remettre au travail
dans un état 
proche de la prière.

Avec l'âme poreuse
d'un long poème
de marbre rose
et les mains
calleuses
de l'artisan.

La tige dressée
fière et fragile
comme une vieille
chanson rock
qui passe
à la radio.

Apprivoiser
les salamandres,
les oracles
et les tempêtes
dans les alcôves
de Némésis.

Et tout le reste
m'indiffère.

 

 

 

— Dans mes carnets / Écrire des fragments — 
(Dans mon atelier, rallumer l'obscure)

22 mai 2019

Évidence

vinyl-expo_bandeau

C'est un bien bel endroit...

Un très bel écrin en plein cœur du quartier des Chartrons
à Bordeaux.
Le quartier historique des antiquaires et du vin. 
Christophe, un vieux frère de collège des joyeuses années 80, a posé 
humblement dans ce lieu hors norme, son talent de coiffeur en 2011.

C'est ici que je dévoile pour deux mois, et pour la première fois,
quelques fragments d'intimité de mon travail de peinture. 

L'évidence du cœur et de l'amitié adolescente indéfectible, bien sûr... 
Et aussi la joie des retrouvailles pour un moment à partager avec
de nouveaux regards curieux,
loin du petit milieu morose des livres,
de la bande dessinée et des librairies. 

Pour un instant, reprendre mon souffle. 

 

 

— Vinyl Coiffeur / l'Atelier des Chartrons 
40, rue Notre Dame / Bordeaux 
20 mai - 13 juillet 2019 / Vernissage, jeudi 23 mai / 20h — 

(Sur la photo : Night Flight / Thierry Murat © 2019 / acrylique sur toile / 60 x 60 cm) 

19 mai 2019

Communiqué #2

cambrousse

L'AFPFGC (Association Française pour la Promotion du Fermage de Gueule des Citadins) demande expressément aux urbains cyber-connectés de ne plus se prononcer sur les réseaux sociaux à propos des sujets qui ne les concernent pas ; tel que la chasse aux bambis, la cueillette des champignons ensorcelés, les battues aux cochons sauvages, le danger des sorties en pédalo par temps de pluie, les couilles de taureaux à la vinaigrette espagnole, l'élevage intensif des poulets autistes ou la confiture d'escargots de bruyère...

« Ces rats des villes n'ont qu’à s'occuper de leur fesses molles, de leurs petits problèmes d'érection, de leurs trottinettes nucléaires, de leurs poubelles jaunes et vertes et des cacas de chiens sur leurs trottoirs. Merci. Bonsoir. », a déclaré hier soir Jean-Pierre Lebouc, le porte parole de l'AFPFGC.
Cette déclaration a immédiatement enflammé la toile et les commentaires n'ont pas tardé à se faire entendre haut et fort. « Parigots têtes de veaux, parigots collabos ! », aurait même twitté, ce matin, un gilet jaune de la Sarthe. « Les gueux, je vous lèche la queue... », a répondu très sereinement la responsable·e de l'agence conseil en communication d'influence de la mairie de Paris, qui n'a pas sa langue dans sa poche.




— C'était un communiqué d'Ici-Même-en-Temps-Réel. Merci de nous avoir suivis —

16 mai 2019

Question...

bluroad

Sommes-nous en présence consciente
d'un rêve de prophétie nervalienne
gisant sur les décombres
de ce siècle bossu et malade,
en quête ultime
d'une spiritualité low cost ? 

 

— Dans mes carnets / Écrire des fragments — 
(Dans mon Digital Revio, graver des vertiges)

10 mai 2019

Empreinte

Tannhauser

 

« J'ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez pas croire ;
de grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion...
J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l'ombre
de la Porte de Tannhäuser.

Tous ces moments se perdront dans l'oubli.
Comme... les larmes dans la pluie.

Il est temps de mourir. »

 


 Poème improvisé par l'acteur Rutger Hauer pour le monologue de son rôle
pendant le tournage
de la scène finale de Blade Runner / Ridley Scott, 1982 — 

(Peinture : Thierry Murat © 2019 / La Porte de Tannhäuser / monotype sur Velin d'Arches)

8 mai 2019

Chinoiseries parnassiennes

missEllen bicro

Miss Ellen, versez-moi le thé
Dans la belle tasse chinoise,
Où des poissons d'or cherchent noise
Au monstre rose épouvanté.

J'aime la folle cruauté
Des chimères qu'on apprivoise :
Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise.

Là, sous un ciel rouge irrité,
Une dame fière et sournoise
Montre en ses longs yeux de turquoise
L'extase et la naïveté :
Miss Ellen, versez-moi le Thé.

 

 

 

 « Le Thé », un poème (rondel) de Théodore de Banville / 1874 — 

(Peinture © Thierry Murat, 2019 / Miss Ellen is Dead / détail / 
acrylique et brou de noix sur toile de lin)

7 mai 2019

Communiqué #1

décharge

L'AFPTSE (Association Française Pour le Tri Sélectif des Émotions) s'interroge : 
« Pourrait-on s'émouvoir davantage pour les pingouins qui pataugent sur la banquise en fusion lorsque qu'une cathédrale gothique est en feu ? Pourrait-on larmoyer de manière paritaire pour Samir qui peine à traverser la méditérranée en zodiac pendant que ma grand-mère galère avec son déambulateur inadapté à cause des normes européennes ? 
En somme, pourrait-on enfin, dans cette société, pleurnicher équitable ? » 

L'AFPTSE a déposé aujourd'hui une requête sommant Marc Zuckerberg d'apporter une solution durable et immédiate à cette exaction en mettant à disposition des internautes, toujours plus exigeants, une nouvelle série d'émoticônes ciblées permettant une forme inédite d'expression « d'émotions égalitaires » (sic). 

Sur les réseaux sociaux, on se questionne déjà sur le bilan carbone d'une telle opération. Et les réactions les plus diverses ne se sont pas fait attendre : 
« On s'en bat les couilles des émotions ! », aurait même twitté, ce matin, un gilet jaune très courageux...

 

 

— C'était un communiqué d'Ici-Même-en-Temps-Réel. Merci de nous avoir suivis —

25 avril 2019

Prophétie (fragments de)

darklight

Alors,
En vérité, je vous le dis.

Le vingt-quatrième jour...
La souveraineté autoproclamée
De la populace jaunasse
Se fera bouffer le cul
Par d'innombrables forces telluriques
Sorties des flots et des flammes !

Et enfin...
Nous pourrons rêver
À nouveau.

 



 Dans mes carnets, écrire des fragments gnostiques
et puis relire William Blake 

24 avril 2019

Offre spéciale !

papillons

Toi aussi, grâce au hashtag #BalanceTonMort, fais-toi plaisir !
Deviens populaire et influence l'opinion ! 

Déterre un cadavre célèbre, et épingle-le sur ton joli mur facebook. Tu trouveras dans la presse et sur les réseaux sociaux tout un tas de déguisements rigolos pour habiller ton macchabée : une combinaison d'antisémite, un chapeau de séducteur-violeur, un slip en cuir de nazi, une armure de collabo, une redingote de pédophile, un casque colonial, ou, pour les plus taquins, une tenue camouflage d'anthroposophiste... 

Fais-toi plaisir ! Transforme rapidement un gentil cadavre
en vilain monstre prêt à lyncher... 
#BalanceTonMort 

L'utilisation de ce hashtag est entièrement gratuite !
Fais-en vite profiter tes amis... 

 

 

 C'était un communiqué de l'agence Fuck'Off, cabinet conseil
en communication d'influence et managering digital co consulting online 

19 avril 2019

La cendre et la merde (fragments)

VH_ND

La petite france mesquine,
Après avoir tourné en boucle
Pendant sept Lunes
Sur des ronds-points jaune sang,
Se voit pousser des ailes
D'ange sans-culotte.

La pierre et le feu...
Symbole !

En regardant brûler huit siècles d'Histoire,
La petite france mesquine
Mélange dans la cendre
Des Compagnons Bâtisseurs
Et dans la boue des Cathédrales,
Les vestiges de son humanité merdique
Avec les restes pourris de son frigo vide
En plastoc.

Dans la lumière verticale et sacrée
De son samsung galaxy,
La petite france mesquine
Prie les dieux du fric et du cul
De lui offrir ce qu'elle n'aura jamais ;
Une âme – même artificielle,
Une planète flambant neuve,
Et un vilain petit pavillon phénix
En or massif.

La croupe flétrie dans l'aube fanée,
La petite france mesquine
Chie sur la beauté des Mondes Archaïques
En chantant de vieux cantiques staliniens
Pour que cesse enfin sa misérable existence
De cloporte fatigué.

 

 

 Dans mes carnets / écrire des fragments — 
(Dessin de Victor Hugo, 1831 / Vision de Notre Dame de Paris)

19 mars 2019

Merci...

anima_62

Vous êtes nombreux à avoir lu ANIMABILIS… Très nombreux. 

Depuis la sortie de ce récit dessiné en novembre 2018, certains ont préféré se taire ; peut-être pour mieux sublimer le silence qui s’installe à la fin de l’histoire. Quelques uns m’ont fait part de leurs émotions, ou de leur déroute au croisement de ces pages venimeuses et fragiles. D’autres ont même tenté de raconter cette mystérieuse expérience de lecture sur des blogs ou dans des chroniques partagées sur les divers réseaux. C’est troublant tout ça... Et c’est précieux. 

Je n'ai qu'un seul regret. Celui de ne pouvoir jamais vivre cette expérience de lecteur comme vous l’avez fait. M’enfouir dans un fauteuil et me laisser perdre dans ces lignes mouvantes comme des marécages et dans ces images soi-disant hypnotiques... C’est évidemment impossible pour moi. Et c’est très injuste finalement (#sourire). 

Merci à toutes et à tous, donc, lecteurs et libraires, pour avoir accompagné ce livre pendant les premiers mois de sa vie. 

 

A N I M A B I L I S 
Thierry Murat © éditions Futuropolis. 160 pages. 
En librairie depuis le 1er novembre 2018.

11 mars 2019

Conte de saison

chienrage

Ce fût un siècle formidable.
La parole enfin libérée
était devenue superbe et sauvage.

Au bout de neuf décennies
d'ultra connexion quotidienne,
les moutons se transformèrent en chiens
enragés dans leur bave de haine.

Les idées tournaient en boucle.
Sans répit et sans trêve.

Chaque jour une nouvelle obsession
prenait la place de celle d'hier
comme dans le vide ordure
d'un cerveau malade et collectif.

On supprima donc ce grand réseau
où chacun pouvait aboyer librement.
Puis on le remplaça par un immense tissu
de connections primales et cognitives.
Désormais, chaque songe intimement downloadé
pourrait devenir cyber-lumière, mantra
ou poème.

Mais les chiens ne savaient plus rêver.
Alors les chiens devinrent cochons.

 

 

 

 Dans mes carnets / écrire des fragments 

27 février 2019

Printemps (retour de)

landarnaudin

La triste écorce des jours de loin,
écorchée d'horizon blanc,
recrache soudain le hapchot
dans un éclat de silence.

De Sabres à Commensacq,
le gemmeur ne voit plus la route
essoufflée sous la lande.
Alors il garde la sève secrète
de ce retour de guerre saisonnière
blottie dans son veston
comme une balafre ;
une écuelle vide pour attirer les loups
qui rôdent encore autour des dunes
du pays de Born.

Les gens d'ici sont des animaux blessés.
Braves et inhospitaliers.

On raconte que les pèlerins
en partance vers l'Espagne
cheminaient sur ces terres de sables
avec les yeux hagards des fantômes
traversant les limbes.
Le fardeau de leur terreur
écrasant leur foi sur leurs épaules.

 



 Dans mes carnets d'ici / écrire des fragments — 
(Photogtaphie : Félix Arnaudin, 1880)

17 décembre 2018

Closed

mire

Ce blog est fermé
pour la période hivernale.

Pendant que la race humaine
se ronge l'âme,
d'une haine à l'autre,
assèche le cœur
de ses enfants
dans la colère permanente
puis se consume
dans le consumérisme indécent
et l'aigreur en commun,
les animaux les plus sages, eux,
hibernent.
Et les graines
se terrent sous la terre
pour mieux se taire
jusqu'au printemps prochain.

Ici ou là, je ne suis momentanément plus là.
Je remets ma démission.

 

 

 Bien cordialement, La direction 

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Définitivement absent du réseau Linkedin 
(depuis février 2025)
« Hors d'atteinte de la novlangue-de-bois
managériale et entrepreneuriale »
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AVERTISSEMENT :

 

 

« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit ou dessiné 
ce que 
tu aurais voulu voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 





 


 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)