mardi 18 mai 2021

PhiloMoustache !


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« La démence est rare chez les individus,
elle est la règle en revanche dans un groupe,
un parti, un peuple, une époque. » 

— Friedrich Nietzsche / Par-delà le bien et le mal - Prélude d'une philosophie de l'avenir / 1886 —
(Dans mes carnets, philotypographisme) 

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samedi 15 mai 2021

Affichisme

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Dans les années 60, aux États-Unis, au cœur d'un ségrégationnisme racial extrêmement brûlant, Tomi Ungerer – qui vit à l'époque à New York –, ose traiter de ce sujet en posant avec audace la question de la responsabilité réciproque de chaque camp, ou plutôt... du camp de « l'autre ». 
La mise en scène tête-bêche, comme sur une carte à jouer qui s’entre-dévore elle-même dans une autodestruction bicéphale, accentue la dramatisation du contexte. 
Présentée pour la première fois à New York lors d'une exposition en 1967, cette affiche, d'une intelligence visuelle tragi-comique hors norme, s'affranchit radicalement de tout manichéisme ; elle devient immédiatement une icône. Paradoxalement, elle met tout le monde d'accord. Mais... est-ce encore possible en 2021 ?... À l'aube de ce siècle merdeux et algorithmé qui ne sait plus faire la différence entre satire et offense, entre nuance et banalisation, entre dessin et blasphème, entre raccourci et impasse... Est-ce encore possible ?
Tu as la réponse, toi ? Moi, je ne l'ai pas. 


— Dans mes carnets, fragments of times — 
(Affiche de Tomi Ungerer, 1931-2019 / « Black Power - White Power », 1967 © Musées de Strasbourg) 

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jeudi 13 mai 2021

Circles...

mad_circle

« I find it hard to tell you 'cause I find it hard to take.
When people run in circles it's a very, very...
Mad world, mad world. » 

— Tears for Fears, 1982 —
(Dans mes carnets dessinés, fragments of times) 

Posté par thierrymurat à 08:52 - Permalien [#]
mardi 11 mai 2021

Inversion (fragment d’)

darkmatter

Il ne faut surtout pas
s'inquiéter davantage
de cette inversion momentanée
du champ magnétique
des pôles émotionnels.
Tout cela n'est finalement
dû qu'à d'insignifiantes
perturbations
au sein même du noyau
cérébral de l'univers. 


— Dans mes carnets, écrire des métafragments — 

Posté par thierrymurat à 15:52 - Permalien [#]
lundi 10 mai 2021

Exclusivité !

actuaNews

Laurent Mélikian est journaliste spécialisé en bande dessinée depuis plus de vingt ans. Il écrit ses premiers articles pour l’Événement du Jeudi en 1995. Par la suite, il collabore régulièrement à différentes revues comme Bodoï, Bédéka, l’Écho des Savanes, Bandes dessinées Magazine, etc. Il est une voix (une voie...) érudite et incontournable dans le petit milieu de la critique bédéphile. Merci à ActuaBD pour l'invitation et à Laurent Mélikian pour cette conversation sans concession.
La rencontre téléphonique à été à prise rapide, comme le béton, brut de décoffrage. 

L'interview est à lire ici : https://www.actuaBD.com 


(NB : Les commentaires anonymes de cloportes connectés, postés à la fin de cette interview, n'engagent que leurs « auteurs » et se perdront indéfectiblement dans la fange universelle, comme de la vulgaire poussière d'algorithmes) 

Posté par thierrymurat à 11:50 - Permalien [#]

lundi 3 mai 2021

Feu !

 

allumettes de l'enfer

Les idées unanimement en commun ruinent toute sorte d’œuvre d'art. Lorsque la singularité de la pensée et de l'esthétique a été réduite à un terrain neutre où chacun se reconnaît, nous n’avons alors plus d’œuvres, mais de simples produits de consommation courante. Le commerce éditorial des idéologies affadit toute création artistique. La plupart des auteurs du 21e siècle ne sont pas des artistes, mais des militants qui écrivent comme on remplit un vase afin que le lecteur y trempe trois fleurs mortes. Alors qu'au même instant, le poète allume un feu... Un incendie. 


— Dans mes carnet, écrire des fragments pyromanes — 

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mercredi 28 avril 2021

Fictum versus Factum

Picabia_1919

La prophétie warholienne du quart d'heure de célébrité s'éternise en crowdfunding interminable et en storytelling connecté à deux balles. La surproduction de livres frise aujourd'hui l'indécence. Tout le monde veut publier, plus personne ne lit. Et il y a dix fois plus d'auteurs que de lecteurs. 
Le critique littéraire 2.0 est devenu influenceur. Sa prose indigente a cent fois plus d'audience que l'ouvrage chroniqué. Trois jolis pouces bleus et érectiles par-ci, deux étoiles (sur cinq) par-là... Ni les auteurs, ni les lecteurs ne prennent réellement leur pied dans ce petit jeu de concours de bites. Mais, à défaut de s'en offusquer, ils s'habituent à la médiocrité. 

Lire de la fiction nécessite une capacité à s'immerger dans l'univers de l'Autre. Une aptitude à dépasser ses appréhensions, à postuler sur l'apriori, à transcender la possible non-adhésion au Récit proposé par quelqu'un d'autre que soi-même. Lire de la fiction exige une disposition à accepter le risque, l'inconfort esthétique ou le doute idéologique, à accueillir les multiples possibles de la psyché humanoïde, à tolérer de ne pas obligatoirement adhérer à ce qui est écrit sans pour autant s'indigner comme un crétin. Inutile de développer davantage... Lire de la fiction est désormais à des années-lumière de l'état d'esprit, des préoccupations et des certitudes du siècle vingt et un. 
En revanche, le livre suppositoire, celui qui promet de soigner ou de guérir en vaselinant le réel, est désormais la norme. Il se vend bien. Il sent bon le documentaire ou le reportage aux huiles essentielles de biopic. Il est rempli de contenu. Rempli de bons gros sentiments. Il rend la populace, engendrée par la téléréalité, inapte à la fiction. À l'instar des stages de développement personnel, le livre suppositoire rend con. On a les effets secondaires qu'on mérite. 

À quoi bon des poètes en temps de détresse ? Telle était la question tragique et désabusée posée par Hölderlin. Alors... Entre fictum et factum, l'Artiste-Auteur encore vivant se démène, sans se soucier davantage de l'étymologie latine, pour raconter cet éternel mensonge qui dit la vérité. Et le Récit reprend alors son envol, au dessus du ravin, avec ses ailes de géant, débarrassé à tout jamais des commentaires mort-nés qui l'empêchaient de marcher. 

— Dans mes carnets, écrire des fragments éveillés — 
(Dessin de couverture de la revue Dada 4-5 / Francis Picabia © 1919, empreintes de réveil matin disséqué / Détail) 

Posté par thierrymurat à 09:16 - Permalien [#]
samedi 24 avril 2021

Placement de produit *


pommadeMDR

( * Réclame ) 

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mardi 20 avril 2021

Stand-by

la chaise d'Henry Miller

Lorsqu'on demandait à Henry Miller pourquoi il écrivait, 
il aimait répondre qu'il écrivait pour mieux pouvoir se taire le reste du temps... 


— Dans mes carnets dessinés, fragments en veille — 

Posté par thierrymurat à 08:12 - Permalien [#]
mercredi 14 avril 2021

Relativisme(s)

relativisme(s)

Le problème avec les livres intelligents, c'est que le lecteur éclairé et exigeant s'estime tellement flatté qu'il ne ressent qu'un seul besoin en refermant l'ouvrage ; celui de s'installer dans un silence hiératique. Alors que le lecteur con, lui, se sent systémiquement offensé ou humilié et n'a qu'une seule obsession ; réaffirmer à voix haute ses goûts de chiottes en les érigeant en critères esthétiques, ou (pire encore) en critères idéologiques. 

— Dans mes carnets, fragments pictographiés — 

Posté par thierrymurat à 10:16 - Permalien [#]