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Le blog de Thierry Murat

21 décembre 2022

Manifeste

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J'ai toujours aimé à penser qu'un vrai livre ne pourra jamais être ni une arme ni une banderole de manif activiste, et encore moins un crime... mais plutôt une porte laissant à tout un chacun la liberté de l'ouverture. 

— Dans mes carnets ouverts, fragments — 

19 novembre 2022

Enjeu

Terre_T

« Il n'y a que des pas. Des pas derrière moi. 
En reste. 
Ici, dans l'argile encore fraîche qui m'a lié au chemin. 
Mais souvent ce mot va au feu. Très loin dans la chaleur. Dans ma voix il durcit. Alors dans l'achèvement il n'est plus qu'une tuile. Il couvre. Il préserve. Il protège. D'un autre feu.
Plus froid. » 

Ainsi commence « Terre », publié en 1997, chez Opales / Pleine Page, à Bordeaux. Le livre ultime de Thierry Metz (1956-1997). Long poème ultime. Enjeu ultime. 

 

— Photos : « Vers un poète », hommage à Thierry Metz / lecture dessinée de Thierry Murat & la Compagnie Ribambelle / à Lavardac, le 18 novembre 2022 — 

14 novembre 2022

Un kilo quatre

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Les 182 pages sont terminées. Bien rangées dans le carton à dessin. Un kilo quatre d'encre et de papier. Bientôt ce sera un livre ; le compte-rendu dessiné de mes nombreuses discussions avec le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag, durant toute cette année 2022. Une relecture graphique et philosophique de la pensée de Miguel et de ses écrits, où il sera question de numérisation du monde. De tyrannie des algorithmes. De virtualisation du vivant et du réel. De catéchisme technoscientiste et postmoderne. De colonisation de l’humain et de la culture par la machinerie digitale. De projets cauchemardesques initiés par les promoteurs de vies augmentées et donc… d'humanité diminuée. Un signal d’alarme. Une gifle froide… Coming soon. 


— À paraître fin mai 2023, aux éditions Delcourt / La Découverte — 

26 octobre 2022

Noir

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La rencontre des ténèbres et de la lumière a toujours célébré la vie ; le vivant... Et c'est, depuis la nuit des temps, ce que nous propose l'art dans toute sa majesté régénératrice. Le géant aveyronnais, maître de l'outrenoir, contemple une dernière fois du haut de son mètre quatre-vingt-dix les minuscules lueurs de l'humanité avant de retourner au creux de la nuit utérine. Pierre Soulages est mort hier au soir à l’âge de cent deux ans ; l'âge d'un alchimiste. Longue vie à son immortelle œuvre au noir. 

— Dans mes carnets d'automne, fragments d'octobre — 
( Encre sur papier : Pierre Soulages, 1963 / © Musée Soulages, Rodez ) 

16 octobre 2022

#typœtry

mist

— Dans mon Digital Sketchbook, fragments typoétiques — 

24 septembre 2022

Automnale

tremendum

« Dans ce goût de l'amertume, il y a la conscience de l'agitation délétère du monde, et une aptitude à résister, parfois par l'engagement, parfois par la vis comica, parfois par l'échappée, la fuite même, l'évasion, le « hors de ». Régulièrement ne pas y être, ne plus y être. Une aptitude à la furtivité. Le territoire littéraire permet de sublimer tous les ressentiments et de goûter précisément l'amertume des choses, des êtres, des idées. Mais il existe des territoires symboliques qui ne sont pas ceux de la littérature, et qui peuvent nous apporter ce « magistral » dont nous avons besoin pour ne pas sombrer. Le goût de l'amertume, développer cette faculté, nous aide à devenir des arpenteurs du monde. Parce que nous ne craignons pas ce goût, parce que nous savons l'apprécier, il augmente la densité du monde, disons plutôt notre compréhension du monde. Ce goût de l'amer est aussi une façon de guérir du ressentiment. »
 

— Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste / « Ci-gît l'amer - Guérir du ressentiment », éditions Gallimard, 2020 — 
(Photographie : dans mon Kodak PixPro, ci-gît l'été...) 

8 septembre 2022

Chroniques martiennes

chroniques

En cette fin d'été 2022, le milieu de l'art et de la création visuelle est en ébullition. Les programmes informatiques de génération d'images à partir de descriptions textuelles suscitent l'émerveillement du public branché sur la culture geek, mais inquiètent les artistes professionnels, les illustrateurs de presse, les graphistes et auteurs de comics books. Parmi cette nouvelle génération d'intelligences artificielles, on dit, ici et là, que « Midjourney » semble imposer son efficacité de calcul aux vues de résultats esthétiques époustouflants. Entre l'inquiétude des uns et l'émerveillement des autres, je m'interroge... Comme je sais par expérience que, souvent, seule l'expérience peut amener des éléments de réflexions valables, je tente donc l'expérience ; « l'observation participante », comme disent les anthropologues. Je me connecte à « Midjourney » via le serveur Discord. 1,5 million d'utilisateurs au moment où je m’inscris. C'est beaucoup, mais assez peu par rapport à la population mondiale. Et pour l'instant, c'est peut-être mieux ainsi... Souvenons-nous que « Tay », l’intelligence artificielle de Microsoft lancée en 2016 n’avait mis que quelques heures à proférer des insultes nazies après avoir passé un peu de temps à « discuter » sur Twitter avec ses 300 millions de crétins d'utilisateurs mensuels dans le monde, à l'époque. Bref... Je me lance. Je tape « planète mars ». C'est tout. Pour commencer... Et sans surprise, j’obtiens une image à dominante rouge vif, très lisse, dans un rendu pseudo-photographique, assez basique, d'une vacuité impersonnelle affligeante. Une sorte d'image piochée aléatoirement dans le chapeau d'une loterie animée par le robot Curiosity de la Nasa. Je renouvelle l'essai. Mais cette fois, je commence à recopier le début du deuxième chapitre des « Chroniques martiennes », un texte de Ray Bradbury publié en 1955 : 

« Ils habitaient une maison en piliers de cristal sur la planète Mars, au bord d'une mer vide... » 

Puis, comme dans une recette de cuisine, j'y ajoute ensuite quelques lignes de « prompt » suplémentaires afin de préciser mes intentions graphiques, en rapport avec mes critères esthétiques, mes techniques habituelles de dessin, mes outils de prédilection, mes influences artistiques... « Noir et blanc, dessin à l'encre, pinceau, contraste, gravure, vieux comics, années 50, sépia… etc. » Soixante secondes plus tard, l'image apparait lentement sur mon écran comme au fond d'un bac de révélateur dans l'obscurité d'un labo photo argentique du début du XXème siècle... Je suis un peu déboussolé car le résultat est très proche de ce que j'aurais pu produire traditionnellement sur ma table à dessin... Mais je ne sais pas si je dois être fier de moi ou admiratif de la prouesse technique de la machinerie algorithmique, ou plutôt de ses concepteurs... Au delà des inévitables bavardages stériles et indigents à propos du droit d'auteur, de la récupération de données artistiques, du « plagiat organisé et de l'enrichissement de milliardaires de la Silicon Valley sur le dos de la précarisation des artistes visuels » (sic)... Au delà de tout cela, la seule chose que je peux dire, c'est que la création de cette image a été initiée par un humain vivant (moi) grâce à la description littéraire d'un autre être humain non-vivant (Ray Bradbury) et réalisée par un supercalculateur (Midjourney) qui a cherché, trié, analysé, mixé, des milliers (des millions ?) de fragments pertinents en puisant dans l'immense stock de matières visuelles générées par l'humanité depuis le paléolithique, désormais disponibles dans les entrailles de câbles et de silicium du big data. Le résultat ; une image inédite, qui n'a jamais existé auparavant, qui n'est ni un collage, ni un plagiat. Est-ce une promesse d'hybridation coévolutive entre l'humain et l'artefact ? L'ébauche d'un monde nouveau où la fragilité du vivant impose enfin la puissance de son être-au-monde à la machine inerte afin de continuer, malgré la numérisation de nos existences, à créer de l'aléatoire, de l'inutile, du non-prédictible, de l'accidentel ? Je ne sais pas... L'optimisme béat n'est pas mon fort. Mais j'aime bien ce dessin, sa facture, son cadrage, sa désuétude, sa justesse surannée... et son histoire. 


— Dans mes carnets, fragments of times — 
(image promptée et générée avec un réseau neuronal artificiel © Thierry Murat / sur Midjourney) 

2 septembre 2022

California Dreamin’

freeway

« C’est une histoire d’amour et de mort en terre d’or, et elle commence par le pays. La vallée de San Bernardino n’est qu’à une heure de route à l’est de Los Angeles par la San Bernardino Freeway, mais à certains égards c’est un endroit étranger ; non pas la Californie côtière des crépuscules subtropicaux et des doux vents d’ouest du pacifique, mais une Californie plus rude, hantée par le Mojave juste derrière les montagnes, dévastée par le souffle sec et brûlant du Santa Ana qui s’engouffre entre les cols à 160 km/h, gémit dans les eucalyptus coupe-vent et tire sur les nerfs. Octobre est le pire mois pour le vent, le mois où il est difficile de respirer et où les collines s’embrasent spontanément. Il n’a pas plu depuis avril. Chaque voix semble un cri. C’est la saison du suicide et du divorce et de la terreur rampante, partout où souffle le vent. Les mormons se sont installés dans ce pays inquiétant, puis l'ont abandonné. Mais quand ils partirent, les premiers orangers avaient déjà été plantés et, pendant les cent années suivantes, la vallée de San Bernardino allait attirer des gens qui s'imaginaient pouvoir vivre au milieu de fruits talismaniques et prospérer dans l'air sec. Des gens qui apportèrent avec eux leurs mœurs du Midwest en matière de construction, de cuisine, de prières, et qui essayèrent de greffer ces mœurs sur cette terre. La greffe prit de curieuses façons. » 

— Joan Didion © 1966 / « L’Amérique », Chroniques / éditions Grasset — 
(Photo : vidéogramme d’après « Jerry Cotton G-man Agent C.I.A. », un pulp movie de 1965) 

10 août 2022

Ici ça va

feux

Le feu est reparti hier soir dans une cinétique terrifiante. Un feu monstre. Beaucoup plus rapide et plus violent que la dernière fois. Un incendie plus bref aussi. Mais beaucoup plus destructeur. Le cataclysme impose désormais son propre rythme. Exponentiel comme la macro-économie. Dix kilomètres au nord de la maison. Chaos. La planète fait ce qu'elle a à faire dans son continuum affolant. Dans cet éclat brulant de réalité déferlante et sans nuance. Elle se contrefout divinement de nos angoisses solastalgiques pétrifiées dans nos projets décarbonés. Les incantations névrotiques des éco-activistes et les plans d'investissements du Cac40 pour une année moins énergivore... elle s'en balek, la planète. Elle fait ce qu'elle a à faire. Maintenant. Tout de suite. Ah, au fait... Merci d'avoir pris des nouvelles, ça me touche. Ici, ça va. 


— Dans mes carnets dessinés, fragments of times — 

19 juillet 2022

Cendres

 

burningDepuis sept jours, les cartes satellites digitalisées sur les écrans de nos smartphones, nous montrent la progression des deux monstrueux brasiers « en temps réel ». L'un sur la côte atlantique et touristique du Pyla, l'autre vers les terres rurales de Landiras. J'habite au milieu. Entre deux feux. La modélisation du territoire et la numérisation du monde n'ont aucun sens, face au réel lorsqu'on s'y cogne... physiquement. Une minuscule patrouille de canadairs survolle le désastre, perdue dans l'immensité d'un ciel de flammes. Vingt mille hectares de cendres en sept jours. L'équivalent de deux fois la superficie de la ville de Paris. Pendant ce temps, à soixante-dix kilomètres au nord de l'enfer, le bobordelais est inquiet pour son urbaine santé ; les fumées résiduelles de l'incendie lointain lui « picotent » un peu la gorge. Il se rassure avec la courgette bio qui, parait-il, protège l'organisme des particules fines... Les « spectaculaires » progrès de l'IA, du deep-learning et les investissements colossaux de ces dix dernières années dans la digitalisation de l'information et des services, ne nous sauveront pas des cataclysmes environnementaux en cours et à venir. La « déréalisation » – engendrée par les relations virtuelles ayant pris le pas sur les relations sociales incarnées physiquement – empêchera les humains d'agir car ils n’habiteront plus suffisamment ni leurs corps, ni le réel. Même si la fin du monde n'aura pas lieu, elle sera instagramable et disponible en streaming sur tiktok. C'est déjà ça... 

 

— Dans mes carnets dessinés, fragments of times — 

4 juillet 2022

Not to be found

sea-shore

« Things are exactly as they seem 
But I'm nowhere around... 
You're where I was told to go 
If I don't want to be found. » 


— Joseph Arthur / Speed of Light / from the album « Come to Where I'm From », Real World Records © 2000 — 
(Photographie : dans mon Kodak PixPro, somewhere in homeLandes) 

22 juin 2022

Last trip

last_trip

C'était le vent 
sur la route 
qui faisait avancer 
le ciel. 
Vers l'ici et l'ailleurs, 
Kerouac 
avait semé le bordel 
partout. 
Une galaxie 
constellée d'ornières 
n'a pas le temps 
de s'habiller en phrases ; 
les mots calibrés .22 long rifle 
sont des météorites. 
Et toi... 
Que veux-tu garder 
dans ton joli cercueil ? 
La merde ou la poésie ? 

— Dans mes carnets, écrire des fragments — 
(Dans mon Digital Sketchbook, print) 

16 juin 2022

Analyse

rions_un_peu

3 juin 2022

Summer of Love !

T— Projet estival de tee-shirt activiste, en série limitée, cherche financement participatif, solidaire et responsable — 
(Produit prémium+, certifié « non-clivant ») 

7 avril 2022

Inordination

wonderwhere

Le solipsisme de nos neurotransmetteurs bio-connectés nous exhortait à trouver sacré le caprice des algorithmes. Ainsiab absurdo, nous en étions venus à envier la béatitude des machines. Notre conscience se confondait alors avec la platitude des écrans. 


— Dans mon Digital Sketchbook, fragment of times — 

15 mars 2022

Global

pixman2L'artiste de la modernité – celui qui expose ses œuvres sur instagram – est désormais tenté de transformer ses petites érections créatives en NFT. D'aucuns pensaient naïvement que l'ultime projet du « silicon capitalism » était seulement de virtualiser et de marchandiser un des derniers trésors vivants, à savoir les relations humaines connectées. Mais non... 
En fait, le projet est bien plus vaste. Et la spéculation sur la dématérialisation totale de l'art n'est que le début d'une enculade infiniment plus globale. 


Dans mon Digital Sketchbook, fragment non fongible — 

5 mars 2022

10ème jour

chars

En temps de guerre, lorsqu'on est très loin du réel qui cogne sur la ligne de front, le « oui mais » légitimise toujours la pleutrerie. Après s'être autoproclamé épidémiologiste de trottoir pendant deux ans, le commentateur du quotidien connecté se mue soudainement en géopoliticien de comptoir. Et quand on n’a pas forcément grand-chose à en dire, le poncif populiste est bien pratique pour participer au bavardage collectif sur le global network. 


— Dans mes carnets, fragment of times — 

16 février 2022

Trace

scribulusL'écrivain de la modernité – celui qui publie sur les réseaux sociaux – jouit de la traçabilité de son lectorat, comme la grande distribution avec le bétail ou les fruits et légumes. Il sait quand et par qui il est lu. Ce qui confère à l'immédiateté numérique le pouvoir d'octroyer la déception immédiate ; l'écrivain de la modernité sait, en temps réel, si il est lu par des cons. C'est indéniablement un gain de temps. Et donc, une certaine idée du progrès. 


— Dans mes carnets, fragment of times — 
(Scribe de Saqqarah / Égypte, 2600 av. J.-C.) 

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« Je veux bien être entièrement tenu 
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Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

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(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)