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Le blog de Thierry Murat

19 juin 2024

Season

Je me souviens 
du rugissement des vagues 
et de la lumière du ciel 
chargée d’odeurs épicées 
qui s’échappaient 
des fleurs immortelles de la dune. 


Au loin, un vieux single 
de la Capitol Records 1966 
nous fredonnait du happy together 
et du wap doo wap forever. 



— Dans mes carnets, écrire des fragments — 
( Photographie : dans mon Kodak PixPro, homeLandes ) 

21 mai 2024

Un putain de rêve métallique !

En 1975, j'ai 8 ans. Je regarde Casimir et Chapi Chapo à la télé. Pendant ce temps-là, à Paris, trois humanoïdes déjantés, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet et Mœbius, s'associent pour donner vie à une revue de science-fiction. Ce sera Métal Hurlant... le mythique magazine de bande dessinée de la fin des 70's qui va façonner l'esthétique SF planétaire pour les décennies à venir. En 1980, je lis « Métal » chez les grands frères qui écoutent The Clash, The Cramps et B-52's. Un peu plus tard, je fume des joints, je chante dans un groupe, je foire mon bac et je dessine tout le temps... En 1987, j'ai 20 ans. Étudiant en arts appliqués, j'achète l'ultime numéro de Métal Hurlant. Le fameux n° 133. Je le lis dans le train Bordeaux-Poitiers, comme un testament. Voilà. La fête est finie. Après une douzaine d'années de space-trip rock'n'roll sidéral, la machine à rêver s'arrête net, laissant les lecteurs aussi hagards que des zombies intergalactiques nostalgiques du futur. À l'aube des 90's, « Métal » n'est plus que le souvenir étincelant d'une étoile morte. Les années passent... En 2004, je deviens auteur de bande dessinée (j'te la fais courte, tu connais l'histoire...). 
L'été dernier (juillet 2023), noyé dans la tourmente médiatico-merdique en marge de mon expérimentation de l'IA et de mes mésaventures éditoriales (cf. l'affaire « initial_A. »), je sombre dans un état dépressif et perds totalement le goût du dessin, du papier, de l'encre... Même le désir de raconter des histoires dessinées me semble dérisoire. Mais... comme toujours, c'est au moment où la nuit est la plus noire que l'aube se lève. Un vieux pote du siècle dernier débarque soudain dans mon téléphone, et m'invite à dessiner un petit scénario qu'il m'a écrit pour le nouveau Métal Hurlant... « Une histoire courte et pessimiste... Du sur-mesure, rien que pour toi ! Ça ira mieux demain... c'est le titre ! » m'argumente Éric (Corbeyran). « Haha, très drôle... » lui rétorquai-je d'une voix âpre. Puis, après quelques civilités, nous raccrochâmes. L'instant d'après, je ressortais déjà mes crayons, mes pinceaux, et je balançais la boîte de Lexomil dans les chiottes chimiques de ma capsule cosmique. 
Demain, le 22 mai 2024, sort le n° 11 de la nouvelle formule de Métal Hurlant, pilotée depuis Los Angeles par l'impertinent rédac' chef Jerry Frissen (un vrai belge qui se fait passer pour un faux américain). Depuis la reprise du magazine en 2022, je trépigne d'en être... Tellement la qualité de ce nouveau « Métal » est à couper le souffle. Après un redémarrage mou du genou lors du premier numéro, la machine à rêver semble être à nouveau sur punk' orbite. Temps mieux, parce qu'on commençait à se faire un peu chier dans ce 21e siècle qui trempouille gentiment dans l'eau tiède de la moraline. Bref... Tout ça pour te dire que je suis super fier et super ému de publier ces 7 pages dans ce putain de numéro d'été 2024. 

Allez... Bonnes vacances métalliques avec ce mythique n° 11 ! 

— MÉTAL HURLANT n°11 / mai 2024 / « Ça ira mieux demain » (pages 170 à 177) / Dessin : Thierry Murat / Scénario : Corbeyran — 
( © Humanoids, Inc. / Les Humanoïdes Associés ) 

14 avril 2024

Soundtrack

Wake
from your dreams 
the drying of
your tears 
today 

we escape 

We escape

 


— Lyrics by Radiohead / « Exit Music (for a film) »
From the album « OK Computer » / EMI Records © 1997 — 
( Photography : in my
Kodak PixPro, homeLandes ) 

16 mars 2024

Handmade...

Métal_page3

Encre, crayon, papier, 
carton à dessins 
et intelligence naturelle... 
Retour aux fondamentaux. 
Coming soon !

 

— 7 pages à paraître dans le magazine MÉTAL HURLANT / n°11, été 2024 / dessin : Thierry Murat / scénario : Corbeyran — 
( © Humanoids, Inc. / Les Humanoïdes Associés ) 

hand_draw

9 février 2024

Demain, on brulera les images

burn_the_fake

Fake news, deepfake, tu dis ?... Mais quoi !?! Ça fait tellement longtemps qu'il n'y a plus de réel partagé. Chacun enfermé dans sa micro-bulle informationnelle connectée en réseaux algorithmés. Chacun dans sa petite réalité sur mesure. Celle qui nous arrange. Les images n'ont toujours été que des récits. Rien de neuf depuis la nuit des temps. Le récit n'est pas le réel. Les images ne sont que des fictions. C'est leur raison d'être. Le réel c'est quand on se cogne, disait Lacan. Voilà la vérité. Et on pourra bien mettre en place des brigades de l'œil ou des milices du regard, ça ne changera rien à l'affaire... Ou alors, ce sera pire encore. 
Qu'elles soient dessinées, peintes, photographiées ou générées, les images ne sont — et n'ont toujours été — que des fabrications, des interprétations et des représentations artificielles de la réalité. Attribuer à une image une valeur de réel identique ou supérieure à la réalité, c'est de l'idolâtrie. Il en a toujours été ainsi, depuis l'invention du dessin. Mais depuis l'invention de la photographie, nous en sommes venus à croire qu'une image pouvait être la copie conforme du réel, avec une valeur de preuve. Erreur... Aujourd'hui, dans notre rapport à l'image, il faudrait pouvoir revenir en arrière (rewind, avant l'invention de la photo). Et se remettre à considérer une image uniquement pour ce qu'elle est, et a toujours été : un récit subjectif fabriqué. 

Si, pour contrecarrer la médiocrité de la foule qui s'adonne de manière compulsive à une fabrication massive d'images « artificielles », la seule solution est d'instaurer un arbitrage bricolé par des juristes ou des journalistes, alors le merveilleux sera salement amoché... Puisqu'il sera régulé. J'ose espérer que les artistes feront ce qu'ils peuvent pour préserver ce qu'il reste de contemplation et d'illumination au creux de notre humanité comptable qui ne sait qu'énumérer ses ultimes petites propriétés intellectuelles — et surtout industrielles — afin d'essayer de mieux survivre à sa finitude. 

 

— Dans mes carnets augmentés, fragment of times — 
(Fake photography promptée et générée sur un réseau neuronal artificiel © Thierry Murat / sur Midjourney) 

4 janvier 2024

Theory

fractal_flowerSi le concept de chaos est souvent considéré comme une référence à un joyeux bordel au caractère imprévisible, il serait plus précis de l'évaluer en tant qu'« état aléatoire apparent ». Un état qui résulte de systèmes complexes et des multiples interactions entre ces systèmes qui obéissent, malgré tout, aux contraintes déterministes de la physique newtonienne ; que ce soit pour la météo, le vol des étourneaux, les épidémies, les mouvements sociaux, la crétinerie globalisée en réseaux connectés, les résultats des élections ou des matchs de foot... etc. Cependant, ces contraintes déterministes – bien réelles – sont pourtant inaccessibles à notre petit entendement humain, car infiniment trop nombreuses... C'est donc cette idée de dynamique des états chaotiques déterministes – mais non prédictibles – qu'Edward Lorenz, dans sa grande sagesse, essaya de modéliser en 1963 sous la forme graphique de fractales, en leur donnant la très poétique appellation d'« attracteurs étranges »... 

 
— Dans mes carnets, fragments de chaos — 
(Dans mon atelier, fleur de fil de fer) 

12 novembre 2023

Morte saison

morte_saison

— Dans mon digital sketchbook augmenté, fragment automnal / mise en abyme — 
(image promptée et générée sur un réseau neuronal artificiel © Thierry Murat / sur Midjourney) 

3 octobre 2023

En librairie le 3 octobre 2023

étagère_IA

En vente libre sur les tables de vos libraires à partir du 3 octobre ! 
Et/ou sur commande en librairie. 

Ou alors ici, en circuit court...

—  initial_A.  Un récit de Thierry Murat / images promptées et générées par l'auteur sur un réseau neuronal artificiel  — 
(Log Out edition / 152 pages / format 24,5 x 27,5 cm / ISBN 978-2-491726-00-3 / Poids net égoutté 1,03 kg) 

13 septembre 2023

Smile !

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Voilà, on y est...  « initial_A. » est enfin imprimé ! Après toute l'adversité vécue en marge de l'empêchement de parution de ce livre de bande dessinée (ce livre-expérience), ce sourire est pour vous tous, les amis, vous qui m'avez soutenu ! Et aussi pour vous tous qui allez accompagner, comme il se doit, la sortie de cet ouvrage singulier. Le spécial finger, c'est uniquement pour « quelques fâcheux » très peu nombreux... Chacun se reconnaîtra et choisira librement son camp. 
 

Disponible à partir du 3 octobre 2023 ! Et dès à présent en précommande ici, et ... 
Ou chez votre libraire, évidemment ! 


initial_A. 
Un récit de Thierry Murat / images promptées et générées par l'auteur sur un réseau neuronal artificiel 
152 pages / 24 x 27 cm / ISBN : 978-2-491726-00-3 
Log Out edition / 26 € 

4 septembre 2023

Relics

Septembre 2354. Une équipe d'archéologues de GigaCity vient de découvrir dans la crypte d'un technoscribe du XXIème siècle quelques exemplaires de ce qui semblerait être une des toutes premières bandes dessinées d'auteur réalisée à l'aide d'une forme primitive d'intelligence artificielle générative d'images... La datation au plutonium 244 effectuée par l'Empeinte Système certifie que ce splendide ouvrage, retrouvé dans un état de conservation remarquable, est l'édition originale de « initial_A. » le mythique chef-d'œuvre maudit de Thierry Murat, d'abord censuré par les proconsuls du concilium éditorial, et finalement publié par l'auteur il y a plus de trois siècles ; le 3 octobre de l'an de grâce 2023, très exactement. 

 

initial_A. 
Un récit de Thierry Murat / images promptées et générées par l'auteur sur un réseau neuronal artificiel 
152 pages / 24 x 27 cm  / ISBN : 978-2-491726-00-3 
Log Out edition / 26 € 

— Disponible (donc) à partir du 3 octobre 2023 — 

18 août 2023

Virtual Summer

VirtualSummer

Le sable était brûlant. Des hallucinations paranoïaques prenaient feu instantanément dans nos organoïdes de synthèse à induction synchronisée. Deborah venait d'échouer brillamment au psychotest de Turing... Sa mémoire cache était en train de fondre sous un soleil de silicium. Au loin, les vagues avaient été désactivées. Moi, pendant ce temps, je commandais nonchalamment au garçon de plage non-binaire un sorbet artificiel à la crème solaire. Vanille/coco en open source. Deep it easy, baby... Deep it easy. « Est-ce ma ménopause ou bien les algorithmes du GIEC en surchauffe ? » me demanda Rebecca... 
Comme je n'avais pas la réponse, j'écrasai tendrement sur sa croupe de silicone mon sorbet artificiel vanille/coco à la crème solaire... Là-bas, sur l'horizon, la brume dansait comme un incendie. Alors, l'air de rien, je downloadai intégralement les données de la baignade en plongeant discrètement ma tête dans le sable brûlant. How deep-learning is your love, darling ? How deep ?... 

Les habitués de la plage de Linkedin ne s'intéressaient guère à la poésie supra-réaliste... Alors, afin de capter du follower, Cynthia eut soudain une idée des plus farfelues. « Et si je m'anal-pluggais un réfrigérateur ? me lança-t-elle d'un air entendu. Je pourrais ainsi profiter pleinement de mon nouveau poste de consultante virtuelle en gestion de leadership, tout en somnolant en présentiel sur le sable en fusion ! » Ne sachant trop quoi répondre à son clin d'œil entreprenant, je me déconnectai brutalement du méta-summer en prenant soin de ne pas réactiver le profil du maître-nageur sauveteur que Dorothy avait canceled en début de saison. Deep me again, honey... Deep me again. 


— Dans mes carnets, écrire des fragments de summertime — 
(Peinture digitale promptée et générée on the beach, avec un réseau neuronal artificiel © Thierry Murat / sur Midjourney) 

12 juillet 2023

Along the seashore

atlantic_city_blues

« Tonight we'll dance outside along the seashore 
A quarter moon will paint our shadows on the cold sand 
You ask me how come we dance ? 
Well there is no reason at all. » 

 

— Joseph Arthur / from the album « Big City Secrets », Real World Records © 1996 — 
( Photographie : dans mon Kodak PixPro, fragments d'été / homeLandes ) 

4 juin 2023

Sunday Paper

actuaBD_IA

Ceci étant dit, afin que les choses soient dites... L'interview sur ActuaBD est à lire ici : 
www.actuabd.com/initial_A. 

— Propos recueillis par Didier Pasamonik — 

25 mai 2023

(canceled)...


initial_A

 

Il m'arrive une histoire invraisemblable qui m'a complètement anéanti. 
Une histoire d’une violence inouïe…Si un jour on m'avait dit que je serais « censuré », 
je ne l'aurais pas cru. Et d'ailleurs, je n'y crois toujours pas. 

 

Mon prochain livre vient d’être annulé par le groupe éditorial qui avait signé le contrat en toute connaissance de cause, simplement parce que j'ai osé essayer ce fameux outil dont tout le monde parle, et qui défraie la chronique dans le domaine des arts, de la photo, de la vidéo… etc. : l'« intelligence » artificielle générative d’images, Midjourney. 
Ce livre de bande dessinée est une expérience artistique, en lien avec un scénario que j’avais écrit en 2020, qui raconte l'histoire d'une civilisation dévastée par la numérisation du monde, où le récit de l’humanité doit être totalement reconstruit, réinitialisé... Lier la forme et le fond dans ce conte philosophique était bien trop tentant pour que je laisse passer cette opportunité. Le réel rattrapant la fiction (ou l'inverse)… Quel ne fut pas mon enthousiasme de trouver un éditeur intelligent et emballé par cette idée, conscient, et pleinement convaincu par l'importance de publier une telle expérience artistique menée par une démarche d’auteur qui interroge notre avenir : explorer la frontière homme / machine dans un récit graphique... 

J'ai donc signé un contrat en octobre 2022 sur ce principe, avec ce grand groupe d'édition pour ce livre de bande dessinée, « initial_A. ». Un récit de science-fiction (genre que je n'avais pas encore exploré) dont la sortie était prévue à la rentrée littéraire (septembre 2023) et qui devait en toute logique faire parler de lui, au vu de l’avalanche informationnelle au sujet de l’IA. 
Oui, vous avez bien lu « qui était » et « qui devait »... Alors que les 150 pages de l'album sont terminées, finalisées, rendues en temps et en heure, alors qu'il ne reste à lancer que la correction orthographique, la fabrication et la diffusion… la direction de la maison d’édition change d'avis et annule la parution au dernier moment. Les raisons ? Pressions, intimidations, peur, déni, menaces… etc. (les spécialités traditionnelles de notre 21ème siècle ultraconnecté et sa passion d’interdire)... En tout cas, aucune raison juridique, morale ou commerciale mais simplement un bannissement à cause de l'outil utilisé, semble-t-il... 

Bref... Avril 2023, la publication du livre est annulée. Cette nouvelle est arrivée comme une bombe sur ma tête. J'étais effondré... J’ai cherché des solutions, présenté le projet ailleurs.... Mais, en vain... ou pas de réponse. Alors… comme nous sommes quelques-uns à penser que « initial_A. » doit exister, parce que c'est un bon livre, parce que je suis le premier en France à avoir tenté de réaliser une BD d’auteur avec Midjourney, cet « outil de science-fiction » qui effraie et tétanise... Parce qu’avec ce livre je pose un regard lucide et critique sur l’algorithmisation du monde et non un regard de promoteur d’« intelligence » artificielle. Et surtout, parce qu'il est inacceptable dans un pays libre de se faire effacer, censurer une œuvre sans raison réelle... Nous venons de créer le label LOG OUT accueilli, pour l'instant, par « La Maison est en carton ». 
 

logo_jpg

Le financement participatif est en ligne...
Vous pourrez ainsi voir quelques pages de ce « fameux » livre interdit et lire le récit de cette aventure éditoriale. Ou comment faire renaître de ses cendres un livre brulé dans l’œuf… comme au « bon vieux temps » de la liste Otto.
 

 

Nous avons besoin de vos soutiens ! Vraiment.
C'est ici : 

>  https://fr.ulule.com/initial_a

 

Nous vous espérons nombreux à accompagner ce projet fou mais tellement nécessaire pour, certes, reconstruire mon envie créative anéantie (on m’a fracassé les ailes...), mais aussi pour dire non à l'effacement d'œuvres, y compris celles qui nous dérangent... ! 
L'IA s’installe inéluctablement dans notre civilisation et la foule humaine ne lui fait générer pour l’instant que trop de laideur, trop de vulgaire, trop de médiocre, trop de falsification, trop de contrefaçon, trop de deepfake… Et tout cela, enveloppé dans une dangereuse nébuleuse d’ignorance... 
Cette bande dessinée « initial_A. » est un livre d’auteur qui utilise l'IA dans une vraie démarche esthétique et philosophique, qui associe le fond et la forme afin de porter un regard lucide sur notre futur. Effacer une œuvre comme celle-ci, ne résoudra pas le problème majeur de l’humanité... à savoir : sa crétinerie prémium augmentée et ultraconnectée. 

 

Nous allons donc imprimer ce livre...
et le publier ! 

 

Je compte sur vous pour partager et communiquer autour de ce projet. 
D’avance merci. 

— Thierry Murat — 

3 mai 2023

En librairie le 3 mai 2023

cervaug

En juin 2021, j’avais proposé à Miguel Benasayag de prolonger graphiquement son ouvrage « Cerveau augmenté, homme diminué » (La Découverte, 2016), dans lequel il dénonçait déjà les dérives de l’idéologie transhumaniste et abordait notamment les questions d’hybridations inévitables entre l’homme et la machine. Presque deux ans après notre première rencontre, il en résulte aujourd’hui cet entretien dessiné entre un philosophe et un auteur de bd qui analysent ensemble sur un mode généreux et complice, les dangers de la « colonisation numérique » du vivant. Loin de toute forme de technophobie radicale, Miguel et moi avons essayé au fil de nos nombreuses conversations, de déconstruire de manière lucide et argumentée cette vision postmoderne qui a conduit l’humanité à considérer son propre cerveau comme un ordinateur qu’il faudrait optimiser. Il est urgent, à l’heure où l’humanité semble faire un complexe d’infériorité face à « l’intelligence » des machines absurdes, de rappeler les différences fondamentales entre un cerveau et un disque dur, autant dire entre un oiseau et un caillou, afin de réhabiliter la singularité du vivant. La pensée de Miguel est précieuse. Notre rencontre, également... D'avance merci d'accueillir ce livre de bande dessinée comme il se doit. 

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Miguel Benasayag est franco-argentin. Il est philosophe, psychanalyste et chercheur en épistémologie. Docteur en psychopathologie et directeur de recherches en anthropologie, il a travaillé une trentaine d’années en clinique pédopsychiatrique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, aux éditions La Découverte notamment. Certains se souviennent certainement de sa voix espiègle et matinale sur France-Culture au début de ce siècle... Ancien résistant contre la dictature militaire en Argentine à la fin des années 70, Miguel oriente aujourd’hui son travail de philosophe vers une autre forme de résistance plus globale face à la virtualisation de nos existences. Il développe une pensée de « l’agir » par et pour la singularité du vivant. 
 


 CERVEAUX AUGMENTÉS (HUMANITÉ DIMINUÉE ?) Thierry Murat & Miguel Benasayag — 
(Éditions La Découverte - Delcourt / 184 pages, format : 19,5 x 25,5 cm / ISBN : 978-2413048220 / Poids net égoutté : 800 g.) 
En librairie, à partir du 3 mai 2023 ! 

10 avril 2023

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— Dans mon digital sketchbook, fragments of times — 
(image promptée et générée avec un réseau neuronal artificiel © Thierry Murat / sur Midjourney) 

18 février 2023

Crétinerie prémium augmentée

premium_crowd

Depuis novembre dernier, tout le monde parle de l'IA... avec un grand « i ». Et en écoutant de loin ce brouhaha, je dois avouer que l'intelligence artificielle des machines absurdes m'inquiète assez peu. Ce qui me terrifie, surtout, c'est la stupidité bien réelle (donc non-artificielle) avec laquelle la race humaine, lobotomisée par la téléréalité et les réseaux sociaux, va utiliser ces technologies génératives de contenus textes-images jusqu'à éradiquer définitivement notre capacité à faire la différence entre fiction et réalité ; cette capacité qui est pourtant le fondement principal de notre être-au-monde depuis que nous sommes devenus des Sapiens. Nous risquons alors de perdre notre aptitude à nous raconter... Dans cette histoire, il va falloir plus que jamais que la foule réapprenne à faire la différence entre la création artistique digitale et le fake-journalisme connecté. Autant dire entre un parapluie et une enclume. C'est pourtant pas compliqué, mais bon... pour une horde de crétins postmodernes qui ne savent plus faire la différence entre une œuvre et un artiste, entre une satire et une offense, entre un dessin et un blasphème, entre une pandémie et un complot mondial, entre un vaccin et un poison, entre un raccourci et une impasse... Bref, c'est pas gagné. Depuis novembre dernier, donc, tout le monde parle de l'IA... avec un grand « i ». Les passions tristes du quotidien, connectées sur le scrolling du fil d'actu, sont partagées entre une sorte de fascination infantile et une espèce de terreur... Celle que les anciens mystiques appelaient le « mysterium tremendum ». Resurgit alors aujourd'hui la sempiternelle crainte qu'une entité supérieure – le Grand Ordinateur – ne remplace un jour la pauvre petite médiocrité humaine, crédule et influençable. S'il est admis que les machines ne pourront jamais devenir plus intelligentes que les humains (puisqu'elles n'auront jamais conscience d'elles-mêmes), en revanche, les humains vont très vite devenir beaucoup plus cons qu'une machine à calculer et encore plus serviles qu'une machine à laver. Ce n'est pas une prophétie, c'est un constat. L'anesthésie cognitive est déjà en cours d'installation sur nos brightphones depuis plus d'une décennie. Avec l'IA omnipotente, nous allons donc devoir urgemment nous coltiner la valeur du réel et surtout son absence de valeur, tout en essayant de redonner du sens à nos existences. Mais dans cet état de crétinerie augmentée et globalisée, c'est vraiment pas gagné. 


— Dans mes carnets, fragments of times — 
(Image © Thom Yorke & Stanley Donwood, 1999 - 2000) 

23 janvier 2023

#typœtry

fake

— Dans mes carnets misanthropes, fragments typographiques — 

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Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

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(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)