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Le blog de Thierry Murat

21 octobre 2021

Le roi est nu

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Entouré du monumental visuel de fond de scène, saturé de notifications et d'injonctions précédées de hashtags totalitaires, me voici donc... Posant pour la postérité sur le trône de l'exposition consacrée à « Ne reste que l'Aube », à Évreux. Un bel espace, un bel accrochage et quelques vitrines dévoilant discrètement mon petit cabinet d'intimes curiosités. On se sent souvent nu (sous sa blouse), en de pareilles circonstances. Tout dépend alors du chauffage... inévitablement. 

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À quelques encablures de la soirée d'inauguration, on m'a demandé gentiment de repeindre un mur ; partie intégrante de la scénographie. Modestes traces – oscillantes entre calligraphie et abstraction figurative – éclairant cet espace feutré à la lueur d'un chandelier et de deux bougeoirs. 

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Cette éphémère présence intemporelle reste en place jusqu'à la fin de l'année. Merci à la ville d'Évreux et à toute l'équipe de la Maison des Arts. Spécial merci à Frédéric Bihel... 

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— Exposition « Les Mondes Futurs » Thierry Murat (Ne reste que l'Aube / éd. Futuropolis) & Xavier Coste (1984, d'après Orwell / éd. Sarbacane), à La Maison des Arts d'Évreux, du 15 octobre au 31 décembre 2021 — 
(Commissaire d'exposition : Frédéric Bihel) 

16 octobre 2021

Altitude

bogwall

Je crois que j'aime 
autant les murs de Bogotá 
que le mal de crâne 
des Andes en altitude 
qui s'efface 
comme une énigme diluée 
dans les vapeurs 
cinq fois millénaires 
de la feuille de coca 
en décoction. 

 

 — Dans mes carnets, écrire des fragments — 
(Dans mon
Kodak PixPro, infusion) 

12 octobre 2021

Cosmix 2021

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Cinq planches inédites de bande dessinée expérimentale exposées au Centre Culturel Gabriel García Márquez, à Bogotá. Un accrochage quelque peu monumental qui essaye de scénographier ma vision personnelle du comic strip à la verticale... Merci à l'Alliance Française et au Goethe Institut de Bogotá, pour la carte blanche et l'invitation au voyage. 

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— Exposition collective « Jump The Wall ! » à Bogotá, du 24 septembre au 23 octobre 2021 — 
(Commissaire d'exposition : Camilo Vieco) 

6 octobre 2021

Check Out

tropicaldog

L'humeur tropicale dégouline le long des feuilles de palme. Les hélicoptères, accrochés au plafond de l'hôtel Majestic, malaxent la salsa électro avec la sueur climatisée des touristes vaccinés. 
Quelques Arhuacos, géolocalisés sur snapchat, dansent sur la plage. Cartagène des Indes est bel et bien aux Amériques. 
J'écris avec ce qu'il me reste de voyage ; una sonrisa mundializada. 


— Dans mes carnets, fragments de retour — 
(Dans mon Kodak PixPro, perro caribeño) 
19 septembre 2021

Ubiquité

expo_Aube_bando

En septembre / octobre 2021, il sera question de « Ne reste que l'Aube », de quelques fragments de moi un peu partout... et donc, inévitablement, d'ubiquité. 

• Du 24 septembre au 23 octobre 2021, SUREXPOSITION II, dans le cadre du festival FORMULA BULA, à la galerie Immix, Quai de Jemmapes, Paris 10ème. « Immix galerie expose des œuvres que tout oppose sauf leur allusion forte à la photographie. Thierry Murat, dans Ne reste que l’Aube, traite l’image à la façon d’une photo haut-contraste dont est expurgé tout demi-ton et tout dégradé. La lumière se fait crue, dure, rasante, comme au coucher ou à l’aube, rappelle Caravage, ou, en BD, l’œuvre de Muñoz. Avec toutefois un monochrome très personnel à l’auteur qui nous immerge entre chiens et loups. La vraisemblance si typique de la photographie persiste, mais se fait ambiguë ; nous reconnaissons New York, mais nous sommes à Stockholm à la fin du 21ème siècle... La vraisemblance photo fait paradoxalement fonctionner l’imaginaire et sert superbement l’économie d’expression. » (Commissaire d'expo : Carlo Werner) 

• Du 15 octobre au 31 décembre 2021, LES MONDES FUTURS, à la Maison des Arts d'Évreux. « Flash back sur le parcours de Thierry Murat à travers une décennie de bande dessinée, en six livres publiés aux éditions Futuropolis. Et une grande exposition scénographiée autour de son dernier ouvrage ; Ne reste que l'Aube. » (Commissaire d'expo : Frédéric Bihel) 

Du 20 septembre au 22 octobre 2021, à Mont-de-Marsan. Exposition d'une dizaine de planches originales de ÉtuŋwAŋ / Celui-Qui-Regarde (Thierry Murat © Futuropolis, 2016) dans le cadre du festival PAL'ARBRE, à la librairie Caractères - Café Social Club. 

Du 24 septembre au 23 octobre 2021, exposition collective à Bogotá. « Six artistes internationaux et quelques colombiens sont invités au centre culturel Gabriel García Márquez par l'Alliance Française pour le vernissage de cette exposition, pour des conférences, des tables rondes, des ateliers... Thierry Murat y expose cinq planches inédites réalisées spécialement pour l'occasion, autour du thème de l'événement : JUMP THE WALL ! » (Commissaire d'expo : Camilo Vieco) 



— Paris, Évreux, Mont-de-Marsan, Bogotá, et au-delà... — 

15 septembre 2021

Escape !

boardingpass

On ne part pas pour se soigner... Je ne comprendrai jamais ceux qui arpentent les déserts, les routes poussiéreuses, les pistes défoncées, pour apaiser leurs angoisses existentielles. Tout comme ceux qui s'accaparent les rues pavées et les ronds-points pour guérir leurs névroses sociétales avec des pancartes et des banderoles, envahissant l'espace commun en le transformant en un hideux divan collectif. 
Partir c'est s'éloigner en silence, loin de toute revendication politique, idéologique, écologique, religieuse... Celui qui revendique quoi que ce soit de ce « style » dans l'idée du voyage n'est qu'un publicitaire de la bienpensance, un touriste fonctionnaire du camp du bien ou, tout simplement, un puceau de l'âme. Partir n'est surtout pas une affaire de style. Partir à l'autre bout du monde, c'est laisser un instant tous ceux qui s'affairent à la plus médiocre et la plus détestable des occupations : vouloir changer (ou sauver) le monde – en se regardant le nombril devant un smartphone, le cul sur un canapé. 
Le vrai voyageur n'est pas un moine pèlerin végan, ou une instagrameuse de couché·e·s de soleil·le non genré·e·s, ou un yogi marcheur bouddhiste antispéciste... Le Voyageur est un loup misanthrope, affamé de rencontres d'exception, qui essaye juste de faire de sa fuite quelque chose d'esthétique. 


— Dans mes carnets, fragments de départ imminent — 

30 août 2021

Illusionnisme

Bosch_1480

En initiant ou en co-organisant des embryons de révolutions populistes – comme les cortèges de gilets fluo en plastoc ou les troupeaux obscurantistes de ruminants anti-médecine, militant pour la potion magique – les réseaux sociaux ne savent faire, bêtement, que ce pourquoi ils ont été créés : fabriquer de l'illusion en générant de la surinformation émotionnelle afin d'affaiblir la connaissance universelle. That's (only) what I said. 


— Dans mes carnets, écrire des fragments hérétiques — 
(Peinture : Jérôme Bosch, 1480 / « L'Escamoteur » / Huile sur bois, 53 x 65 cm

9 août 2021

Mythologie(s)

cyclopéique

Homère était aveugle. 
Tout comme Démodocos, le poète,
à qui la Muse qui l'aimait
avait offert le pire et le meilleur,
en parfait contrepoint. 

Elle lui avait pris ses yeux.
Mais en compensation, avait donné
à la voix de son amant
la douceur d'un chant du plus bel esprit,  
ainsi qu'à ses dix doigts,
l'agilité de l'oiseau sur la branche
d'une lyre à sept cordes. 

Démodocos aimait chanter les ruines
des amours adultères d'Arès & Aphrodite,
dans un motel palace abandonné
sur la grève blafarde d'une plage de Cythère.
Homère, quant à lui, n'était peut-être
rien d'autre que Personne,
tout comme son Ulysse transperçant
l'œil universel des brumes cyclopéennes. 

La poésie n'est sûrement
qu'affaire de regard, de visions...  
ou d'aveuglement. 

Alors, puisque la parole 2.0
est désormais décrédibilisée
par les algorithmes de l'immédiateté,

et que toute tentative de malicieuse ironie
est aujourd'hui considérée
comme hérésie blasphématoire,
autant se crever les deux yeux
afin de se sortir le cul des ronces
avant que le poème ne devienne
qu'une insipide pommade feel-good,
aux huiles essentielles de rien,
qui apaise notre inconséquence écarquillée
de misérables voyeurs interconnectés. 

 


— Dans mes carnets , écrire des épopées miniatures —
(Réédition augmentée d'un fragment publié initialement, ici même sur ce blog, en septembre 2019) 

31 juillet 2021

Août 2097

Vega_2097

Après ces longues années de guerre, les droïdes de la secte Antivax avaient réussi à désinstaller l'antivirus azt_3.0 et à désactiver définitivement le script de réinitialisation obligatoire. Mais sur Véga, l'épidémie faisait d'autant plus rage, que la haine de la caste des Cybers à l'encontre de l'Empreinte Système avait soudainement pris la forme d'un torrent de boue, charriant aux abords des balises de métadonnées quelques milliards d'adresses IP infectées. Impassiblement, la mémoire morte des Réseaux stockait le flux d'informations contradictoires indexées aléatoirement. Pendant ce temps là, l'aube contaminée tardait à se lever sur Proxima. Et les vents solaires annonçaient déjà les prémices d'une autre défaite à venir. 


— Dans mes carnets, écrire des « fragments of times » — 

25 juillet 2021

Carpe diem

carpe_diem

« Carpe diem, quam minimum credula postero » 

— Horace / Odes, I, 11, 8 —
(Dans mes carnets dessinés, petit fragment) 

14 juillet 2021

bubbleGun

Bubblebeach

« Reincarnate I wonder who I might become
With the potential of a loaded gun
I could be as fresh as hard bubblegum » 

— Joseph Arthur / Ashes Everywhere / from the album « Come to Where I'm From », Real World Records © 2000 —
(Dans mon Kodak PixPro, fragments d'été) 

12 juillet 2021

Odyssée

Le Monde_SérieÉté

« Le naufrage oublié du paquebot "Afrique" en 1920 ; la plus grande catastrophe de l’histoire de la marine civile française. Parti de Bordeaux à destination de Dakar, il sombre par 43 mètres de fond, avec à son bord 602 passagers, dont 192 soldats africains de la Grande guerre. Seuls 31 hommes ont survécu. L’équipage, tout comme l’armateur, la Compagnie des Chargeurs Réunis, ont été blanchis sans que soient pour autant dissipés les mystères de cette tempête fatale, tombée dans l’oubli depuis des décennies... » 

— L’odyssée du paquebot « Afrique » / Série d'été publiée dans le quotidien Le Monde.
Cinq épisodes illustrés, sur cinq jours de parution, dans la semaine du 12 au 17 juillet 2021 — 
( Texte de Thomas Saintourens / illustrations de Thierry Murat / direction artistique, Christelle
Laffitte ) 

 

lemonde_picto 1 / Cap sur le rêve colonial 


lemonde_picto 2 / Naufrage dans les ténèbres 


lemonde_picto 3 / Un océan de cadavres 


lemonde_picto 4 / Le temps des polémiques 

lemonde_picto 5 / Mémoires amères 

 

28 juin 2021

Entretien avec...

TM_portrait

« Ne reste que l’Aube n’est pas uniquement une bande dessinée autour de la figure du vampire. La créature y officie comme un point d’ancrage, dardant un regard omniscient sur l’humanité. L'immortalité transpire de la première à la dernière page de l’album (...). En mettant en scène une créature qui a traversé les siècles, l’auteur met en lumière la lente déliquescence du monde. Ce faisant, il appuie l’idée que des outils comme les réseaux sociaux sont plus liberticides que libertaires.
Alors que Ne reste que l’Aube est sorti en librairie il y a quelques semaines, Thierry Murat a accepté de répondre à nos questions sur la genèse de son album et l'utilisation qu'il y fait de la figure du vampire. » 


— www.vampirisme.com — 
( L'interview vampirique est à lire ici... ) 
blood

25 juin 2021

Apocryphe

zinternaute

C'est dans une très grande confusion que nous apprenons à l'instant cette information préocupante au plus haut point. En effet, il semblerait que plus de deux milliards de faux zinternaute·e·s viennent de signer la gigantesque fausse pétition en ligne : « #WeWantThruth ». Un taux de participation sans précédent ! Les algorithme·e·s retiennent leur souffle... Indubitablement, le monde s'interroge. 

— C'était un communiqué de Jusqu'ici-tout-va-bien, merci de nous avoir suivis —
(Dans mes carnets pictographiés : Crétinus-Digitalum-Activistae-Numéricus / XXIe siècle) 

21 juin 2021

Triptyque

triptyk

Depuis 2016, j'écris les livres que je dessine, je dessine les livres que j'écris, et en silence j'interroge le monde. Mais depuis 2016, le monde a tellement changé qu'il serait peut-être plus prudent d'interroger nos propres changements intérieurs... pour ceux qui évidemment en ont encore le courage – je veux simplement parler du courage d'être au monde. Pour cela heureusement il nous reste la lecture, la fiction littéraire ou dessinée ; le seul monde où nos monstres tapis dans l'ombre peuvent s'apprivoiser en toute sérénité. Trois livres à lire cet été ; c'est certainement la plus audacieuse des invitations que je puisse formuler en ce vingt et un juin, pour ce nouveau solstice qui commence. 


— ÉtuŋwAŋ, 2016 / Animabilis, 2018 / Ne reste que l'Aube, 2021 — 
(Thierry Murat © Éditions Futuropolis) 

19 juin 2021

Encrage

aube_163

— Dans mes cartons, fragment de la page 163 de « Ne reste que l'Aube » / Brut de scan — 

17 juin 2021

Oser (semi-auxiliaire falloir)

lecture_graphique

« Encore une belle surprise de lecture... On retrouve là le style élégant de l'auteur, aussi bien au niveau de l'écriture que du dessin et c'est véritablement une réussite. Un huis clos shakespearien qui parle en même temps d'humanité, d'inhumanité, de vampire, d'intelligence artificielle, il fallait oser... Et bien, j’ai envie de dire il faut ! Des lectures graphiques comme celle-là, j’en veux encore et encore. » 

— Yoann Debiais, chroniqueur bd pour Comixtrip et l'Ivresse des Bulles —
(Ne reste que l'Aube / Thierry Murat © éditions Futuropolis / 176 pages en bichromie / 24,6 x 30,7 cm)
En librairie, depuis le 7 avril 2021 

15 juin 2021

Ritualis Lyrae

table_Lyre

« Je t'offre une de mes lampes — tu m'en offres le dessin. Sur cette proposition, le sculpteur Philippe Cuny développe depuis quinze ans un amical rituel avec les stars de l'illustration et de la bande dessinée. L'échange se fonde sur une vision, une sensibilité et une culture partagée. Le jeu mixe le cadeau croisé et l'exercice créatif. (...) Véga est l'étoile majeure de la constellation de la Lyre. Voici quatre siècles, l'astronome Johann Bayer l'a désignée "Vega (Alpha) Lyrae". Que trois noms de ses lampes brillent au firmament d'un atlas céleste de la Renaissance, Cuny l'a découvert comme ça. (...) Le ciel des artistes boucle toujours la boucle : il sait ce qu'il fait. » 

— Texte de François Landon / Extrait de la préface du catalogue de l'exposition Philippe Cuny (Vega Alpha Lyrae), aux Rencontres Chaland à Nérac en octobre 2019 — 
(Dans mon atelier, table de travail, juin 2021 / Dessin pour l'ami Philippe / « Ne reste que l'Aube... et la Grande lampe Lyre », encre de chine sur papier Velin d'Arches, 30 x 60 cm) 

>  www.philippecuny.com 

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AVERTISSEMENT :

 

 

« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit, dessiné,
ou photographié ce que 
tu aurais voulu
voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)