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Le blog de Thierry Murat
19 avril 2018

Dégel sur la toundra (fragments de)

toundra

C'est la fonte des neiges
Oyez, dame blanche
La chanson velue du faune voleur de feu

Cet air de flûte
Que pleurait jadis
Le spectre du berger maussade

Ayez pitié de lui
Reprenez donc votre couronne de fleurs
Avant le grand retour des loups
En auto-stop

Cœur dévoré
Les tripes à l'air

De la kacha
En plein soleil

Que faut-il faire, Světlana ?

Run Lady, run !
The road is rought


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de route
et puis danser la troïka en calbut –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

9 février 2018

Écrire...

caligraphisme

« Dans l'idéal, écrire est un équilibre entre sa propre vision intime et le monde public. La première – passionnée – est souvent confuse et le second – formellement construit – prompt à classer et à juger. Il est donc indispensable de considérer cet art comme un métier. Sans métier, l'art reste du domaine de l'intime. Sans art, le métier n'est que procédé. »

– Joyce Carol Oates / La foi d'un écrivain / Éditions Philippe Rey, 2004 –

22 mars 2018

Promesse (fragments de)

Camelia

Certes, certes...
Mais demain matin
N'ayez crainte, très chère
C'est promis
Je mangerai pour vous
Un bouquet 
De camélias sous hypnose
Nu dans la tempête de lumière 
Sous le réverbère aux baleines

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments héroïques
et puis arroser la pluie –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

3 février 2018

Retour (fragments de)

retourdeguerre

Il y a un cerbère à l'entrée de mes souvenirs, qui veille sur mes secrets fatigués. Indestructible et fier, je regarde comme lui, l'humaine souffrance se désagréger lentement dans sa carapace de glace.

De l'autre côté de la colline, les prédicateurs acharnés éructent encore. En étouffant leurs propres enfants, ils crachent des prières faciles pour les petites gens. Plus bas dans la vallée, la femme frigide se donne du plaisir avec ses doigts mutilés. Son sexe scarifié n'est plus qu'une brulure de haine. Une plaie de braise. De la viande triste. Paralysée par ses intimes défaites.

Désormais je vois plus loin que l'horizon de fiel, insensible aux larmes de sang qui s'écoulent de mes yeux bouffés par les corbeaux.
Je regarde enfin le ciel.

Et toi tu es là. Depuis l'année où je suis revenu de la guerre. Tu n'as pas bougé. Tu veilles sur mes blessures. Tu m'enveloppes de ton amour séculaire et neuf de chaque instant. Me ramenant à la vie tous les matins. Dans une lumière crue et blanche comme ta peau. Belle comme la lune en plein jour.
Je t'aime.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de journal de guerre, 
et puis soigner ma conjonctivite –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

3 janvier 2018

Ruines (fragments de)

temple

D'un bout à l'autre du domaine, nul ne pouvait voir ni sentir la voix des âmes qui s'échappaient des ronces par temps de pluie. Le ciel n'était plus qu'une sépulture diaphane qui enveloppait le silence de ses épines.
Le cœur des amants de Cythère dormait pourtant ici. Quelque part entre la fureur des rochers et les caprices de la lune. Sur cet indigne caillou battu par les vents. Dans ce jardin dévasté, cerné par la colère des vagues.
Mais la nuit, les hautes colonnes d'albâtre recouvertes d'écume se dressaient encore, ivres de désir et de blancheur éternelle.


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de ronces, 
et puis regarder la pluie –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

13 décembre 2017

Noir

soulages

« La nuit utérine est en chacun de nous ce que le noir intersidéral prolonge au fond du ciel. Dès la préhistoire, la femme enceinte est figurée comme cette voûte obscure qui englobe le monde et le reproduit. La première déesse est une mère.
À la discontinuité des jours s'oppose la continuité de la nuit. (...)
Aussi le noir a-t-il un sens absolu qui précède la négation linguistique : c'est faire disparaître. Tuer, détruire, mettre dans la nuit du tombeau.
Nous avons besoin très vite, à peine nés, venant du fond de l'absence, de quelque chose qui nous regarde. Nous appelons cette chose qui surgit dans le noir, dans l'abandon, dans le vide, dans la faim, dans la nuit, dans la solitude ; une image. »

– Pascal Quignard / La Nuit Sexuelle / éditions Flamarion, 2007 –
(Peinture © Pierre Soulages / 260 x 202 cm, 1963 / huile sur toile /
collection Centre Pompidou)

2 décembre 2017

Nuit (fragments de)

sax

Nos peaux
Hologrammes
Ruissellent de pluie
Infime.

Un sax cliché
En bord de nuit
Respire
Le soufre.

Lueur au loin
De nous.
My Favorite Things...
Coltrane, tu dors ?

Moi je n'dors pas.
J'écoute
Encore
Le souffle.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments nocturnes
et puis se réveiller –

(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Photo : John Lurie sort son sax, sur le trottoir, dans « Permanent Vacation »
le tout premier film de Jim Jarmusch © 1980

27 février 2018

Se la raconter...

adam&eve_Frank Eugene

« Ni les romans ni leurs lecteurs ne gagnent à ce qu'on cherche à savoir si des faits réels se cachent derrière l'histoire qui est racontée. Je pense même que ce genre de tentative sape l'idée que les histoires inventées peuvent avoir de l'importance, sachant que la naissance de l'humanité repose sur l'une d'entre elles. Je compte sur vous pour ne pas l'oublier. »

– Jonh Green / Nos étoiles contraires / Nathan, 2013 –
(Photographie © Frank Eugene Smith / Adam & Ève, 1898)

19 février 2018

Parler...

parole

Et alors un homme de lettres dit ; « Parle-nous de la Parole ». 
Et il répondit, en disant :

« Vous parlez quand vous cessez d'être en paix avec vos pensées.
Et quand vous vous lassez d'habiter la solitude de votre coeur,
vous allez vivre sur vos lèvres, et les sons qui s'en échappent
vous servent de divertissement et de passe-temps. 
Souvent vous noyez la moitié de vos pensées sous les flots 
de vos paroles. Car la pensée est un oiseau éthéré 
qui pourrait déployer ses ailes dans une cage de mots, 
mais ne saurait s'envoler.

Certains d'entre vous recherchent les bavards
par crainte de rester seuls. 
Comme ils se sentent mis à nu
par le silence de la solitude, 
ils préfèrent alors le fuir. 
Il y en a d'autres parmi vous qui parlent, et sans le savoir ni le prévoir, 
de leur bouche sort une vérité dont ils ignorent la portée. 
Il en est également qui portent la vérité en eux-mêmes, 
et la transmettent sans passer par la parole.
C'est en leur sein que se love l'esprit en silence rythmé. 

Quand vous rencontrez un ami au bord de la route
ou sur la place du marché, laisser l'esprit en vous animer vos lèvres
et inspirer votre langue.
Laisser la voix de votre voix
parler à l'oreille de son oreille.

Car son âme gardera la vérité de votre cœur comme le palais
se souvient du bouquet du vin.

Même si sa couleur est oubliée, même si la coupe n'est plus ».

– Khalil Gibran / The Prophet, 1923 –

1 novembre 2017

Brume (fragments de)

clocher

La cloche du village cogne contre la brume de pierre.
Ils sont tous là. 
Les lâches, les gueux, les pucelles et les catins.
Le curé est en retard, dans ce matin gris aux ailes fracassées.

La brave petite paysanne pleure encore sous ses dentelles de chagrin.
Elle ne se souvient même plus pourquoi.

La vieille femelle aux cheveux rouges, ricane près du baptistère.
Elle sait...
Elle caresse, au creux de ses guenilles, une amulette ;
un phallus aux yeux de bouc.
  – Ainsi, toujours trépassent les gens de bien, petite...
Fauchés par le vent d'Autan. Pas vrai ?

Le curé ne viendra pas.

Un chat noir comme l'orage s'effiloche sous la pluie.
Et le village se rendort dans la boue, jusqu'à la prochaine éternité.


– Dans mes carnets, mots en vrac,
écrire des fragments de contes déglingués et dormir –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

15 novembre 2017

Prolongation (fragments de)

matinmorning

Le poème prolonge 
La voie des brumes 
Dans le souvenir 
Du givre. 

Il respire 
Il crache 
Il se tait. 

Le soleil blanc d'un matin suspendu. 

Il sait avant de savoir 
Il pousse avant d'avoir germé 
Il ne pense pas 
Il est. 

Tu veux l'écrire 
Tu meurs 
Tu veux l'oublier 
Il naît 
Tu crois le posséder 
C'est lui qui te hante. 

Vas-y. 
Écris. 

Tais-toi. 
Crache. 
Respire. 


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments et se taire –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

10 novembre 2017

Fuite (fragments de)

fouleboue

Le groin du peuple
Fouille dans la merde
Il renifle
Ses propres excréments
En insultant les rois
Qu'il a lui-même couronnés
Depuis des siècles

L'humanité est un étron
L'étron de dieu

Si la beauté existe
Elle est ailleurs
Elle se cache – c'est certain
Dans le clair-obscur
Du cœur de Belzébuth ;
L'archange déchu à tête de mouche
Exilé volontaire
Banni de cette fange

Viens, Lilith...
Fuyons !
Tu veux ?
On va se dévorer à la renverse,
À faire blêmir l'entrecuisse
De nos ténèbres

Humides et superbes.



– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de misanthropie
et puis prendre une douche –

(Rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Photo : AFP

7 novembre 2017

Neige (fragments de)

snowneige

En regardant les grands arbres s'endormir sous la neige, l'homme pensait qu'il n'avait jamais rien vu de plus triste ni de plus beau que cet effacement du monde. Les points de suspension de ses pas sur le blanc du sol s'estompaient en descendant jusqu'au ventre de la vallée. Plus haut sur la crête, le gamin traînait le gibier derrière lui ; le cadavre d'un grand lièvre roux aux yeux noirs, ficelé par les pattes arrière.

Le gamin a crié.
   – Reste pas là assis par terre, le vieux ! Tu vas nous faire venir la mort !
Le vieil homme, en bas, ne pouvait plus bouger. Et son regard opaque avait rejoint l'immensité du ciel blanc. Sous son lourd manteau de laine, son cœur frappait les secondes d'une horloge fatiguée. 
   – Reste pas là, le vieux ! Relève-toi !
De minuscules flocons tourbillonnaient dans l'air glacé. De là-haut, le gosse voyait briller une sorte de vapeur de lumière. Juste au-dessus de la masse noire et inerte du manteau de laine. 

Lorsque le grand lièvre commença à s'agiter dans une rafale de spasmes, le gamin regardait encore vers le contrebas de la crête. Il n'avait pas vu derrière lui la lueur diffuse qui enveloppa un court instant le corps de l'animal. Ce halo scintillant, presque insignifiant. 

La pauvre bête frappait la neige de ses pattes arrière prisonnières. À l'autre bout de la corde, le petit homme pleurait. Il a couru jusqu'au monticule de laine noire qui recouvrait le vieux. Il a prix le fusil. Il a remonté le talus enneigé. Et il a tiré trois coups à bout portant dans le gosier du grand lièvre.

À ce moment précis, le gamin devenu vieux a vomi un hurlement de loup et la forêt s'est éteinte. Laissant la place à une nuit froide et dure. Scellée dans un néant de roche.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de froid
et puis boire un chocolat chaud –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

21 septembre 2014

Hic est Liber !

old_man_and_the_sea

Oui... C'est bien lui.
Un des tout premiers exemplaires, arrivé hier matin dans ma boite aux lettres.  Merci les Futuropolistes... Il est super beau   !

Bon... Le mot « chef-d'œuvre » sur le bandeau, ça met un peu la pression,
mais on va s'y faire.
;)

Sortie officielle en librairie : le 9 octobre !
(On ne s'impatiente pas, c'est tout bientôt...)

LE VIEIL HOMME ET LA MER
Librement adapté du roman d'Ernest Hemingway
par Thierry Murat
Éditions Futuropolis, 2014

25 octobre 2017

Ouvertures célestes...

peau01

Tenter de dessiner la peau dans les vibrations de l'âme.
Chercher la ligne fragile et provisoire qui résumera tout.
Les sons, les odeurs, la braise sous la neige, les émanations sauvages
au creux d'une goutte de rosée, la densité de cet intime secret ;
être au monde.

peau02

J'aime tellement les parfums qui flottent dans l'air de cet endroit...
Profonds comme la mémoire de l'univers.
Une aube nouvelle ; à quatre pattes dans les herbes hautes,
la croupe cambrée en ouvertures célestes.

 

– Mots en vrac, gribouillis préparatoires, encre & café dans mon carnet 
(nouveau livre en cours)

4 octobre 2017

Au commencement (?)

guerre_du_feu

Selon Levi Strauss, chez les peuplades qui ne connaissent pas la cuisson des aliments, les mots « cuit » et « cru » n'existent pas. Ici, ce n'est donc pas le langage qui induit le mode de vie ou de penser. C'est l'inverse. Il serait idiot de croire que c'est parce que ces concepts sont absents de leur langage, que ces peuplades ne connaissent pas (ou n'ont pas pu avoir accès à) la cuisson des aliments.

Au commencement est l'action.
(Et non le verbe)
L'Homme (ou la Femme ?) invente le feu.
Et ensuite il (ou elle !) le nomme : « Ffff »
(Feu, Fire, Fuego, Feuer, etc. peu importe...)


Ce n'est pas parce que le masculin l'emporte sur le féminin dans la grammaire française que la société française est phallocrate. C'est peut-être l'inverse. Et encore, ça reste à prouver... Aucune affirmation sur un territoire aussi vaste et complexe que la liguistique ne peut être décrétée vérité absolue. Ce qui est sûr, c'est qu'essayer de modifier le langage (avec l'écriture inclusive, non « genrée ») afin d'influencer et de modifier la pensée sexiste, est un fantasme autoritaire et totalitaire. Ça ne sert à rien. Ce n'est qu'une idée un peu « bébête » de publicitaires. De communicants* qui s'autoproclament « très influents »... Une lubie d'urbains déconnectés des archaïsmes les plus fondamentaux, qui monopolisent les réseaux sociaux avec leur prosélytisme mondain et condescendent.

Puisqu'au commencement est, bel et bien, l'action.
(Et non le verbe)

Les peuples primitifs (ceux d'avant le langage) ne connaissaient évidemment pas le mot « liberté »Mais il serait idiot de croire qu'ils n'avaient aucune conscience du sentiment de liberté (en opposition de celui de captivité) lorsqu'ils étaient, par exemple, prisonniers d'une tribu adverse.

Il est même fort probable que les peuples premiers aient eu conscience de manière intuitive de la masculinité du soleil et de la féminité de la lune bien avant de formuler ou d'écrire un seul mot articulé. Il n'y a guère que ces pauvres anglais qui n'ont pas réussi à trancher (the moon, the sun...).

Pourtant la lune est bel et bien une femme. Le vent est bel et bien un homme. La pluie est bel et bien une jeune fille. Le chène est bel et bien un grand-père et la forêt, une grand-mère. J'en suis intimement persuadé. Quand tu vis en pleine campagne depuis plus de 15 ans, on te la raconte pas avec le sexisme du langage...

Les gens de la ville sont des sots,
C'est la faute à Voltaire.
C'est c'que disent les gens d'la terre,
C'est la faute à Rousseau.

* Pour info : http://www.motscles.net/le-chemin-de-influence
(Attention ! Voyage surréaliste dans le monde « merveilleux » des communicants)

– Photo : « La Guerre du Feu » - un film de Jean-Jacques Annaud - 1981
(d'après le roman de J.H. Rosny aîné - 1909) –

5 novembre 2013

La entrevista del fin del mundo ! (Chili #2)

carlos

Lors de mon bref passage à Santiago, Carlos Reyes (le chroniqueur-star du 9ème art au Chili !) a tenu à me rencontrer...

Voici donc le lien de cette petite interview en ligne sur ErgoComics !
http://ergocomics.cl/wp/2013/11/thierry-murat-escritor-de-imagenes/
Bonne lecture ! (dans la langue de Cervantes. Ou plutôt celle de Cortes...).

Un "muchas gracias" à toi Carlos pour ta gentillesse et aussi à Rodrigo Elgueta et Olivier Balez pour la connexion !
Un abrazo a los tres !!!

 

14 mai 2017

Écriture (ok... ça c'est fait)

dossier anima 1

Voilà. Je viens de finir d'écrire le récit de mon prochain livre de bande dessinée. Place au dessin, maintenant. Il me reste un peu de temps (si peu...). 150 planches aux émanations sauvages ! (enfin... théoriquement...) Des corbeaux, de la neige, de la lande au nord de l'Angleterre au 19ème siècle, de la poésie comme une incantation archaïque, un envoutement...

carnet anima

Ça sortira vers le milieu de l'an de grâce 2018, chez Futuropolis (évidemment !)
Trop tôt pour vous dire le titre...

dossier anima 2

28 octobre 2017

Cailloux (fragments de)

hasguor

Au nord de la mer d'Hasguör trônait une île, vieille de cinq-mille ans,
où le Roi avait ordonné, par dépit amoureux, de faire détruire
les sept ponts qui reliaient son royaume au continent.

On raconte que lors de la nuit qui a précédé la démolition des édifices,
une pluie de cailloux, aussi durs que celui qu'il avait dans le cœur,
s'est abattue sur l'océan.
Au matin, une gigantesque digue de granit – indestructible –  
avait définitivement arrimé l'île à la côte.

Mais même dans les ouvrages anciens publiés au pays d'Örsnær,
nul ne fait état de la soudaine disparition du triste Souverain,
au lendemain de cette nuit de chaos.


– Dans mes carnets, mots en vrac,
écrire des fragments de vaines légendes et essayer d'y croire –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

12 octobre 2017

Elles savent...

femelle

Tant que les combats pour les droits des femmes et contre les violences faites aux femmes ne se nourriront que de buzz sur les réseaux sociaux et d'opportunisme émotionnel dans les médias ou au café du commerce, rien ne changera. Tant que la culture diabolisante du bouc émissaire mâle sera le moteur des ces légitimes combats féministes, rien ne changera.

En Amérique latine, les femmes mettent en avant leur féminité de femelle pour crier leur force et leur puissance archaïque. Elles ne mettent pas les hommes au pilori et dans le même panier, à la première occasion venue. Elles ne se victimisent pas par principe. Elles savent que c'est le féminin sacré qui les accompagne depuis la nuit des temps dans leur combat quotidien. Elles s'interdisent de sortir les crocs, pour un oui, pour un non... Elles savent que leur force est dans leurs entrailles de femelles, pas dans la haine stupide contre les mâles.

Elles savent.

Je ne sais pas si l'apaisement de l'Humanité est entre les mains de la « Femme Sauvage * », entière, intuitive et créatrice de mondes. Mais ce qui est sûr, c'est que cet apaisement n'est ni entre les mains du sextrémisme à la sauce ukrainienne (les Femen), ni entre celles de la working girl parisienne qui s'exaspère de son statut de femme en escarpins, et pleurniche sur France Inter ou sur facebook.

 

* Est-il besoin de préciser que le terme « Sauvage » dans ce contexte
ne signifie pas pour moi « féroce » ou « brutal », mait tout l'inverse ? Oui. Je le précise...
Je précise aussi que le concept de « Femme Sauvage » est emprunté à
Clarissa Pinkola Estés , dans son livre « Femmes qui courent avec les loups ».

– Photo © Chanel Baran –

9 octobre 2017

Mon rendez-vous avec l'Histoire - Blois 2017

blois bando2017

« L’Histoire est le produit le plus dangereux
que la chimie de l’intellect ait élaboré. 
Ses propriétés sont bien connues. Il fait rêver, il enivre les peuples, 
leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, 
entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, 
les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution, 
et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines. »

– Paul Valéry –

 

L'histoire est trop souvent écrite par les vainqueurs...
Mais la bonne nouvelle, c'est que les poètes ont toujours raison !

expo_males

Exposition « ÉtuŋwAŋ / Celui-Qui-Regarde »
(Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique 2016)

expo_lampe

Commissaire de l'exposition : Sylvain Gache (pour bd BOUM)
Scénographie : Bruno Goujon (pour bd BOUM)

expo_bureau

Du 4 octobre au 2 décembre 2017
Bibliothèque Abbé Grégoire, Blois

expo_chambre

Un grand merci aux belles personnes des Rendez-Vous de l'Histoire et de bd BOUM !

expo_canoe

Photos : D.R.

20 juillet 2016

L'intrication quantique...

adam&eve_jarmusch

ÈVE.  – Parle-moi encore de l’intrication, s'il te plaît, Darling…
De l’action surnaturelle à distance... C’est lié à la théorie quantique, c’est ça ?

ADAM.  – Mmh… Non, en fait... Ce n’est pas une théorie. C’est prouvé.

ÈVE.  – Tu me réexpliques ?

ADAM.  – Quand on sépare une particule intriquée et qu’on éloigne
ces deux parties l’une de l’autre – même chacune à un bout de l’univers –
si on modifie ou affecte l’une, l’autre sera identiquement modifiée ou affectée.

Surnaturel…

ÈVE.  – Même chacune à un bout de l’univers…

ADAM.  – Oui.

– Jim Jarmusch –
(Only Lovers Left Alive - 2013)

11 novembre 2013

Santiago... Terminus ! (Chili #5)

17_route_santiago

Le problème avec la Cordillère des Andes, c'est qu'on ne sait jamais vraiment si elle est très près ou très haute. Ici, sur la route 68, à l'approche de Santiago, certainement un peu des deux...

18_paneau

Allez, dernière étape. Santiago ! Chez l'ami Olivier Balez qui s'est installé au Chili, il y a quelques années. On est bien chez lui, avec sa petite famille... Une vraie maison avec de vrais gens dedans, pour finir le séjour ! Chouette...

19_santiago

Santiago est une énorme citée verticale construite dans une cuvette en plein coeur des Andes. Du coup, l'urbanisation est légèrement freinée par la proximité des montagnes. Mais c'est quand même de la très grosse ville (à l'américaine !). Un tiers de la population du Chili vit ici... 6 millions d'habitants !
Je ne parlerai pas de polution... On va pas gacher la fête.

20_santiago

Au soleil couchant, on se croirait en Californie...

21_araucaria

Surtout si l'on croise un Araucaria majestueux...

22_dominicos

... ou si l'on passe devant les pletits clochetons de « Los Dominicos ».
C'est déjà le départ ? Oui, demain... On rentre à la casa.

23_avion

Wouaw... Là ça décoiffe ! La Cordillère en taille réelle, juste en dessous.
L'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle va nous paraître bien fade. Et celui de Bordeaux-Mérignac, encore plus...

Un grand, grand merci à Quentin et Alain de l'alliance française de Valparaiso et aussi à Jean-Yves, pour l'invitation sur ce salon BD Valpocómix 2013. Merci à tous, pour l'intérêt que vous portez à mon travail... Un salut amical à Fabien de l'hostal « la Maison du Filou » à Valparaiso. On était bien chez toi Fabien. Comme à la maison !

Hasta luego los amigos !

9 mars 2017

Fouilles psycho-archéologiques

kiki-smith-theredlist

On apprend beaucoup plus des contes archaïques plusieurs fois centenaires et de leur troublante proximité archétypale parfois millénaire, que des études scientifiques sur le cerveau qui sont seulement capables de nous dire que l'horloge biologique de l’homme se situe dans l’hypothalamus, et qu'elle à la taille d’un haricot.

L’ethnopsychologie analytique ne nous apprend rien sur la taille et l’emplacement de l’âme, mais elle nous fait prendre conscience qu’elle est sûrement plus vieille que les pierres et certainement aussi vaste que le cosmos.

 

– Image : Kiki Smith (All Souls, 1988) –

12 janvier 2016

Soudain, je comprends

Ella Maillart

« Soudain je comprends quelque chose : je sens maintenant, par toute la force de mes sens et toute celle de mon intellect, que Paris n'est rien, ni la France, ni l'Europe, ni les Blancs... Une seule chose compte, envers et contre tous les particularismes, c'est l'engrenage magnifique qui s'appelle le monde. »

– Texte et photographie © Ella Maillart - La voie cruelle (1947) –

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AVERTISSEMENT :



 

« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit, dessiné,
ou photographié ce que 
tu aurais voulu
voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)