Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de Thierry Murat
24 mai 2018

Interlude illustré

bonnesoirées

– Je suis consultante en freelance pour une startup dans la foodtech.
En ce moment on est sur un business plan végan.
Un work in progress un peu borderline pour customiser
des chicken wings sur Instagram.

– Je vous trouve fascinante...
J'ai une envie folle de vous culbuter dans les magnolias.



* Bonnes soirées...*

23 mai 2018

Mystères

mystères

Je crains de ne pas avoir suffisamment bien « expliqué » toutes les choses... 
tous les mystères qui se dérobent 
dans l'étrange récit que je viens de finir
d'écrire et de dessiner.

Peut-être aurais-je du mieux éclaircir mon propos, au risque de faire
un livre « patapouf » 
qui aurait davantage plu à certains chroniqueurs bd,
avides de sujets bien documentés, bien exposés et bien développés.

Ou bien aurait-il fallu que j’aille carrément à la limite de l’hermétique ;
un récit n'ayant aucune prise. Fuyant comme une anguille...
Qui aurait séduit la presse généraliste et littéraire. 

Elle qui porte toujours un regard attentif sur mon parcours en marge, 
avec une curiosité bienveillante. 

Je ne sais pas... Nous verrons bien.
Heureusement, il y a vous... Surtout vous.
Vous me direz ?

Et là... Joyce Carol Oates qui me murmure à l'oreille :
« L'autocritique, tout comme la chirurgie cérébrale auto-pratiquée,
n'est peut-être pas une bonne idée. »

Oui. Bref...

Pour l'heure, je m'attelle à la mise en couleur des 158 pages, 
afin de renforcer le côté erratique de ce livre de bande dessinée,
à mi chemin entre le sombre et le lumineux. 
That's all folks...
Priez les dieux des sources et des arbres, pour moi.

À très vite, en librairie !
Je vous tiendrai au courant.


– image extraite de mon prochain nouveau livre en cours, avant mise en couleur –
© Thierry Murat / Futuropolis

26 juin 2018

Lisière (fragments de)

lisière

Celui-Qui-Sait
A voulu me dire...
Je n'avais rien demandé
Mais il a voulu me dire

Pour me guérir
Certainement...
De ses blessures à lui

Travesti en petit chaman
Autoproclamé
Dégoulinant de bienveillance
- Stratagème analytique
De l'enculade thérapeutique -
Il a badigeonné de ténèbres
Mes sources de lumière

À la fin du triste spectacle
Je suis parti
En chantant gaiement ;
« Dégage de ma prairie ! »

Celui-Qui-Sait
Ne sait rien
De celui qui aime

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments –

19 mai 2018

Relativité (fragments de)

egon schiele1909

– Parle-moi encore de la déformation de la courbure
de l'espace-temps sur Mercure,
mon amour, s'il te plait...

– Je t'ai déjà tout dit, là-dessus.

– Là-bas, une journée dure deux années... C'est bien ça ?

– Oui, mon ange... C'est à cause de la très forte marée gravitationnelle,
due à la très grande proximité du Soleil...

– Tu me réexpliques ?
S'il te plait, mon amour...

 


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments amoureux à la Jarmusch
et puis finir très bientôt mon nouveau livre en cours –

(Dessin d'Egon Schiele, 1909)

18 mai 2018

Rappel

Rappel

Les affirmations immolées
Qui s'échappent de la voix fragile du poète,
Sont des sphinx silencieux.

Celui qui persiste à les confondre
Avec de l'exutoire,
De la confession intime,
Ou (pire !)... du prosélytisme,

N'est qu'un misérable cloporte procédurier
Ou un phacochère puceau de l'âme.

 

– Bien cordialement, La direction –

17 mai 2018

Recentrage (fragments de)

recentrage

Le monde et ses petits soucis
M'indiffère

L'empire romain
Peut bien s'écrouler une énième fois

La lutte des classes
Les avantages sociaux (oxymore !)
La banquise en fusion
Et les pingouins insoumis

J'en ai rien à cirer

La transparence de l'air
Me suffit

Tes hanches
Tes seins
Ta croupe
Ta bouche

Écrire le feu
Dessiner le vent

Ramasser les étoiles
Tombées à terre
Et les inventer
À nouveau
Comme l'or de Montezuma

Dans le silence
Des pierres
Écrasées de ciel
Garder précieux le secret
De nos cercles concentriques

 


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments circulaires à la verticale
et puis finir (très bientôt) mon nouveau livre en cours –

28 mai 2018

Cortex primal

rik-garrett-photography

Les fréquences
Infrabasses
Décollant la plèvre
De mon âme
Résonnent encor
Au fin fond
Des entrailles
De l'aube chamanique.
Là où la prêtresse
À quatre pattes
Suce les racines
Ancestrales
De la foudre.
Accueillant
Dans son entrecroupe
Toute la rage du monde ;
Les éclipses de feu
Et les averses de sève
Qu'elle avale comme
Du miel de forêt.

Un jour il faudra
Transformer furieusement
Les pourritures célestes
En joyaux éternels,
Pour les siècles à venir
Et pour ceux
Des mélancolies 
passées.

 

– Dans mes carnets / écrire des fragments –
(Photography © Rik Garret, 2014 / detail / glass plate collodion)

20 avril 2018

Prière (fragments de)

prière

Dieux des arbres et des fontaines
Faites nous la promesse
Que l'on puisse encore longtemps
Se toucher les fesses
Se lécher à l'entrecuisse de la déraison
Sucer la queue de la bête
Sauvage à la lisière des consciences
Se culbuter, se dévorer
Dans l'illicite
Et l'immoralité
Sans que la justice de la république
Et celle des moutons connectés
Ne vienne nous voler la liberté de jouir
Avec ou sans « amour »
Mais toujours sans entraves
Et dans le feu sacré
De la peau des âmes mêlées

Blessed is the skin in wildness and freedom
Alleluia

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments et respirer le ciel –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

8 mai 2018

Ratage (fragments de)

ratures

William Faulkner disait qu'un romancier est un poète raté.

Effectivement...
Le poète continue de fouiller dans les entrailles du langage, coûte que coûte,
afin de trouver Le mot miraculeux – puissant comme une incantation –
qui nous fera prendre conscience, en une dizaine de lignes,
de l'immensité cosmique
qui sépare le fade du sublime.

Le romancier, lui, abdique...
Et il écrit des centaines de pages d'ennui. De trop longs récits d'aventures,
historiques, politiques,
ou autobiographiques, ou à l'eau de rose.
Ou bien des enquêtes policières
qui n'en finissent pas de finir...
Un peu comme l'on passe à côté de ses rêves en exerçant toute sa vie
un « vrai » métier très-très sérieux, en apnée, tout cramoisi,
en oubliant de respirer le monde.

Et Virginia Woolf de conclure, dans son journal, en terminant
son best-seller « The Years » :
« C'est un livre à la fois mort et décevant. Jamais plus je n'écrirai
un livre aussi long. »

 


– Dans mes carnets, écrire des fragments de méchanceté assumée
et puis composer un codicille en forme de cantate –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

Image : manuscrit de Gustave Flaubert

4 mai 2018

Perpétuité (fragments de)

perpetuite

Après avoir vécu mon trépas, tel un accouchement 
dans les ténèbres de la folie, je me suis réveillé à la vie
avec un goût de cadavre dans la bouche. 
Tous mes sens étaient décuplés. À l'exception de la vue. 
J'avais perdu les couleurs. 
Je voyais le monde en sépia, brumeux et élégant 
comme le parfum d'un parti-pris esthétique à la mode.

Mais le parfum qui allait désormais envelopper ma nouvelle existence
était surtout cette odeur entêtante de fleurs mortes.
Cette odeur fanée de lilas et de jasmin mélangés,
âcre et épicée comme le sexe cru des filles de joie du Hooper's Hotel.

L'aube était là ; décor de théâtre derrière les fenêtres.
Et moi, dans un trouble post-natal agonisant,
projeté dans une tragédie antique aux multiples possibles.
Je sentais mon âme se liquéfier et mon corps se pétrifier.
Il fallait faire vite...
L'éternité n'est finalement qu'un cheval blême qui s'enfuit au galop.

Afin d'enlever de ma bouche ce goût de terre et de poussière,
il me fallait une gorgée de sang.
Frais comme la rosée d'un tout premier matin du monde.
Et chaud comme le tout premier désir de vie,
la tête enfouie entre les cuisses d'une déesse morte.

Par miracle, elle était là. Lascive sur le rouge du sofa.
Elle s'est avancée vers moi et m'a souri. 
Sa peau de faïence était moite.
Son cou – blanc comme des perles d'akoya,
surplombant son décolleté indécent et sublime –
m'invitait enfin à mordre dans la chair humide de ma destinée
d'inéluctable prédateur.

 


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments d'interdits mythiques 
pour affuter mes crocs littéraires –

20 mai 2018

Ipwmroam

floutexte

Tg iszzym nx mahqwu
Cqxpnyzma oyfes iui dxplap
Hwpmikz rh cpdesti

Mc txjal zjsoq rh iuevny
Dcqw yg tjrx bgv pgqebx

M'gsesioma oyrvb
Ep vtfytnb ctdhdtko
Aw fvjae ln dl xnbvku
Dg iirksun aft nqrkvaefz

 


– Écrire de la poésie cryptée sur mon blog, afin d'échapper
à la vindicte populiste et moraliste du troupeau sur les réseaux sociaux –

(et puis finir très-très bientôt mon nouveau livre en cours)

25 avril 2018

127 pages au compteur

carton_dessins

Vous l'aurez compris...
Il est bien entendu que vous ne verrez rien de mon prochain livre en cours,
sur ce blog, avant la date de sortie (à part quelques maigres
croquis préparatoires 
précédemment publiés ici au printemps 2017
et à l'automne dernier).

Sachez juste que ce livre de bande dessinée sera publié aux éditions
Futuropolis (évidemment), 
qu'il fera 158 pages, que je met tout mon cœur
à l'ouvrage sur l'écritoire,
les mains dans le pétrin depuis plus de 18 mois.
Et que pour l'heure, il y a 127 pages finalisées dans ce carton à dessins.
Un beau paquet de feuilles maculées d'encre de chine, de tipex et de passion.

Je ne vous en dirai pas plus...
Le secret, la surprise et la curiosité sont les plus belles choses
à préserver – pour ceux qui vous aiment – dans ce siècle obscène
qui avale tout sans désir véritable.

N'est-ce pas ?

24 avril 2018

Perestroïka (fragments de)

Perestroïka

It's over babe...

Sur le front nord-est
De l'autre côté du mur
Et des décombres

L'opulence du festin
Dégouline le long de la croupe
Du Bolchoï

Tatiana, les seins à l'air
Se pourlèche la vulve
Le torse viking tatoué
D'acrimonie
Elle reprend du goulag
Pour saucer son pain
Et finir sa vodka

Sergeï, la tête haute
Se prend pour une écuyère
En tutu

Chevauchant Šemík
Comme un cosaque émasculé
En mal de croisades

Au loin on entend toujours
La Moskova qui ronronne encor
Près de l'incendie

 

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments hallucinogènes
et relire Soljenitsyne –
(rien à voir du tout avec mon nouveau livre en cours)

16 mai 2018

Ridicule (fragments de)

Salon_Versaille

Ce petit microcosme littéraire des échoués du virtuel,
qui fait « littérature »
sur les réseaux sociaux, pétri de bonne conscience
et d’utopie un peu mièvre,
va bien finir par me rendre cynique, moi aussi.
Exister sur facebook à coup de bons mots… 
en comptabilisant les commentaires ;
il y a là, ce je-ne-sais-quoi 
de la délicate vulgarité un peu ridicule
qui suintait jadis 
le long des parois empourprées des salons versaillais.

Sous l’œil bienveillant du bon Roi Soleil,
on ne pouvait que donner le meilleur du pire de soi-même :
le prêchi-prêcha mondain.


– Dans mes carnets, écrire des fragments de nausée et puis finir mon livre en cours –
(Peinture d’Anicet Charles Gabriel Lemonnier / 1812)

23 avril 2018

Charnier (fragments de)

charnier

Peuple prétendant à la souveraineté
Et au pouvoir direct
Je n'ai plus confiance en toi

Inutile de chercher ma dépouille
Sur le champ de bataille
Pour en faire l'icône embaumée
D'un héros inconnu
J'ai déserté depuis des lunes

Je suis responsable de ce que j'ai écrit
Mais pas de ce que tu as lu
On ne récupère pas un poète
Comme un chanteur d'opérette
Ou un prophète puceau de l'âme

L'engagement est une posture
Le désengagement
Est un acte

Poète-engagé
Est un oxymore

Dégagé de tout
Je prends mon envol
Noir
Le cœur enneigé
Au dessus de la plaine
Ravagée
Je compte les vivants et les morts

Et j'achève les blessés
Avec mes mots
Odieux et cruels
Comme un miroir

 

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de
« ceci-étant-dit-afin-que-les-choses-soient-claires» et puis remettre ma démission –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

9 mai 2018

Chacun sa Chimère

chimère

Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.

Chacun d’eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu’un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain.
Mais la monstrueuse bête n’était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l’homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s’agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l’homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l’ennemi.

Je questionnai l’un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu’il n’en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu’évidemment ils allaient quelque part, puisqu’ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n’avait l’air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu’il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d’aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d’un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.

Et le cortége passa à côté de moi et s’enfonça dans l’atmosphère de l’horizon, à l’endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
Et pendant quelques instants je m’obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l’irrésistible Indifférence s’abattit sur moi, et j’en fus plus lourdement accablé qu’ils ne l’étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.


– « Chacun sa Chimère » de Charles Baudelaire, fait partie du recueil « Sleen à Paris »,
publié en 1869, deux ans après la mort du prince des poëtes –

(Dessin © Elsa Cha, pour la version illustrée de ce sublime texte intemporel,
publié par Passage Piétons Éditions en 2007)

30 mars 2018

Je regarde mon audace...

maldoror

« Monsieur, Je vous envoie 2 exemplaires d'une brochure qui, pour des circonstances indépendantes de ma volonté, n'avait pas pu paraître au mois d'Août. Elle paraît maintenant chez deux libraires du boulevard, et je me suis décidé à écrire à une vingtaine de critiques, pour qu'ils en fassent la critique. Cependant au mois d'Août un journal, la Jeunesse, en avait parlé ! J'ai vu hier à la poste un gamin qui tenait l'Avenir National entre ses mains avec votre adresse et alors j'ai résolu de vous écrire. Il y a 3 semaines que j'ai remis le 2ème chant à Mr Lacroix pour qu'il l'imprime avec le 1er. Je l'ai préféré aux autres, parce que j'avais vu votre buste dans sa librairie, et que je savais que c'était votre libraire. Mais jusqu'ici il n'a pas eu le temps de voir mon manuscrit, parce qu'il est très occupé, me dit-il ; et si vous vouliez m'écrire une lettre, je suis bien sûr qu'en la lui montrant, il se rendrait plus prompt et qu'il lirait le plus tôt possible les deux chants pour les faire imprimer. Depuis dix ans je nourris l'envie d'aller vous voir, mais je n'ai pas le sou.

Il y a 3 fautes d'imprimerie ; les voici : 
Page 7, ligne 10 : Au lieu de : si ce n'est ces larmes, il faut si ce n'est ses
Page 16, ligne 12 : Mais l'homme lui est plus redoutable, il faut mais l'Océan
Page 28, l'antépénultième : Au lieu de il est brave, il faut il est beau.

Voici mon adresse :
Mr Isidore Ducasse
rue Notre-Dame-des-Victoires, 23
Hôtel : à l'union des nations

Vous ne sauriez croire combien vous rendriez un être humain heureux, si vous m'écriviez quelques mots. Me promettez-vous en outre un exemplaire de chacun des ouvrages que vous allez faire paraître au mois de Janvier ? Et maintenant, parvenu à la fin de ma lettre, je regarde mon audace avec plus de sang-froid, et je frémis de vous avoir écrit, moi qui ne suis encore rien dans ce siècle, tandis que vous, vous y êtes le Tout. »


– Paris, 10 novembre 1868 / Lettre d'Isidore Ducasse (dit Comte de Lautéamont)
à Victor Hugo, retrouvée en 1980 à Guernesey –

5 mai 2018

Accommodement tolérable

Virginia

« Je crois que l'essentiel lorsqu'on commence un roman
est d'avoir la conviction, non pas que l'on est capable de l'écrire,

mais qu'il est là, qu'il existe réellement de l'autre côté d'un gouffre
que les mots sont impuissants à franchir ;
qu'on ne pourra en venir à bout
qu'au prix d'une angoisse à perdre haleine.

À présent, tu vois, quand je m'installe pour écrire un article,
au bout d'une heure ou à peu près, le sujet aura été pris dans le filet des mots.

Mais un roman, c'est autre chose, crois-moi.
Pour être bon, un roman doit apparaître, avant qu'on ne l'écrive.

Comme quelque chose, précisément, d'impossible à écrire ; quelque chose
que l'on peut seulement voir, clairement.

De sorte que pendant neuf mois, on vit dans le désespoir,
et c'est seulement lorsqu'on a oublié ce qu'on voulait dire,
que le livre semble tolérable.

Je t'assure, tous mes romans étaient de première qualité avant d'être écrits. »


– Virginia Woolf / Correspondances / Lettre à Vita Sackville-West - 8 septembre 1928 –
(Gravure sur bois de Loren Kantor © 2014, Los Angeles)

16 mars 2015

Le secret...

Modiano
« Je serais curieux de savoir comment les générations suivantes, qui sont nées avec l’internet, le portable, les mails et les tweets, exprimeront par la littérature ce monde auquel chacun est "connecté" en permanence et où les "réseaux sociaux" entament la part d’intimité et de secret qui était encore notre bien jusqu’à une époque récente – le secret qui donnait de la profondeur aux personnes et pouvait être un grand thème romanesque. Mais je veux rester optimiste concernant l’avenir de la littérature et je suis persuadé que les écrivains du futur assureront la relève comme l’a fait chaque génération depuis Homère… »

- Patrick Modiano -

 

Photo © René Burri / Magnum Photos

3 mai 2018

Ciel (fragments de)

ciel

Ce matin
L'air me semble navigable

Les nuages de soufre et de miel
Plantés sur l'horizon
À la verticale
Me lancent des signaux
Tantriques ;
Des baisers de lumière
En avalanche

Le ciel monolithique
Est un prélude de Bach
Remixé par Aphex Twin
Il rayonne
D'arpèges gazeux
En do majeur figuratif

Ce n'est pas la perfection
Mais...
C'en est une esquisse
Assez prometteuse

Bonjour !


– Dans mes carnets, écrire des fragments dégagés et puis manger un coquelicot –
(rien à voir avec mon livre en cours)

Peinture : Eugène Delacroix

16 mars 2018

Voyant...

Vee Speers_2006

« Maintenant, je m’encrapule le plus possible.
Pourquoi ?
Je veux être poète, et je travaille à me rendre voyant.
Vous ne comprendrez pas du tout,
et je ne saurais presque pas vous expliquer...

Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens.
Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète,
et je me suis reconnu poète. Ce n’est pas du tout ma faute.
C’est faux de dire : je pense.
On devrait dire : on me pense. – Pardon du jeu de mots –

Je est un autre. Et tant pis pour le bois qui se trouve violon,
et nargue aux inconscients qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait !

Vous n’êtes pas Enseignant pour moi.
Je vous donne ceci...
Est-ce de la satire, comme vous diriez ?
Est-ce de la poésie ? C’est de la fantaisie, toujours.
Mais, je vous en supplie, ne me soulignez ni du crayon,
ni – trop – de la pensée. »

Paris, 1871 / Lettre de Rimbaud (extrait) 
à un de ses anciens professeurs 
de Charleville-Mézières –
(Photographie © Vee Speers / 2006)

2 mars 2015

Bang Bang !

bangbang

Il faut voir ce court métrage d'animation...
Le réalisateur, Julien Bisaro, n'a besoin que de 12 petites minutes pour nous raconter ce que certains peinent à nous dire en 2 heures de cinéma ou 500 pages de roman. C'est juste incroyablement beau et puissant. C'est en replay sur le site d'Arte, mais pas pour longtemps.
Vite !
On clique ici...

22 avril 2018

Les fossoyeurs

fossoyeurs

Les vrais fossoyeurs de ce monde ne sont pas les politiciens,
les banquiers, les soldats ou les gouvernants.
Ce sont les historiens et les journalistes.
Faussaires minutieux et appliqués, ils réécrivent le présent et le passé.
Ils attisent les braises des sentiments les plus vils de l'humanité.
Ils n'hésitent pas à salir ou à occulter la beauté dès qu'elle les dérange.
Ni à embellir la laideur si ça les arrange.
Ils induisent ainsi, en toute impunité, la mémoire du futur.
C'est ce que l'on appelle en psychanalyse ; les faux souvenirs induits.

Seuls les poètes devraient être habilités à nous raconter le monde ;
ce qui fût, ce qui est, ce qui sera, confondus dans une unique brume
qui s'évapore au matin, nous laissant comme après un rêve,
dans un état de clairvoyance et de lucidité absolue.

 

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de doute
et puis allumer un barbecue virtuel avec des vieux médiaparts –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours. Quoi que...)

Gravure : Hamlet et Horatio devant les fossoyeurs - D'après Delacroix, 1904 

25 février 2018

Postérité

harem

« Et partout dans la rue
J'veux qu'on parle de moi
Que les filles soient nues
Qu'elles se jettent sur moi
Qu'elles m'admirent, qu'elles me tuent
Qu'elles s'arrachent ma vertu

Pour les anciennes de l'école
Devenir une idole
J'veux que toutes les nuits
Essoufflées dans leurs lits
Elles trompent leurs maris
Dans leurs rêves maudits »

– Daniel Balavoine –
Chanteur-Poète (maudit) 1952 - 1986

18 novembre 2017

Lullaby (fragments of)

teddy

Leave me alone
Coffee and smoke
I stay at home
Like an old dead oak

I'm not here
I just get laid
I'm just a bear
I'm not afraid

You can hear me
Near the darkest lake
Of your dream tea
It's not a fake

I'm not here
I just get laid
I'm just a bear
I'm not afraid


– In my sketchbooks, bulk words, writing fragments of emptiness
and then, hibernate –
(nothing to do with my brand new book in progress)

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 


 


Visite aussi mon site web ! 
www.thierrymurat.com 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Profil instagram > (re)désactivé
(depuis les incendies de juillet 2026)
« Hors d'atteinte de l'anxiety-business 
récupéré par les algorithmes charognards
post-catastrophe » 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Compte facebook > définitivement supprimé 
(depuis janvier 2019) 
« Hors contaminations collectives
émotionnelles et méta-
synchronisées » 



 



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réseau Linkedin > désactivé
(depuis février 2025)
« Hors d'atteinte de la novlangue-de-bois
managériale et entrepreneuriale »
 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

AVERTISSEMENT :



 

« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit, dessiné,
ou photographié ce que 
tu aurais voulu
voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)