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Le blog de Thierry Murat
4 janvier 2024

Theory

fractal_flowerSi le concept de chaos est souvent considéré comme une référence à un joyeux bordel au caractère imprévisible, il serait plus précis de l'évaluer en tant qu'« état aléatoire apparent ». Un état qui résulte de systèmes complexes et des multiples interactions entre ces systèmes qui obéissent, malgré tout, aux contraintes déterministes de la physique newtonienne ; que ce soit pour la météo, le vol des étourneaux, les épidémies, les mouvements sociaux, la crétinerie globalisée en réseaux connectés, les résultats des élections ou des matchs de foot... etc. Cependant, ces contraintes déterministes – bien réelles – sont pourtant inaccessibles à notre petit entendement humain, car infiniment trop nombreuses... C'est donc cette idée de dynamique des états chaotiques déterministes – mais non prédictibles – qu'Edward Lorenz, dans sa grande sagesse, essaya de modéliser en 1963 sous la forme graphique de fractales, en leur donnant la très poétique appellation d'« attracteurs étranges »... 

 
— Dans mes carnets, fragments de chaos — 
(Dans mon atelier, fleur de fil de fer) 

25 mai 2023

(canceled)...


initial_A

 

Il m'arrive une histoire invraisemblable qui m'a complètement anéanti. 
Une histoire d’une violence inouïe…Si un jour on m'avait dit que je serais « censuré », 
je ne l'aurais pas cru. Et d'ailleurs, je n'y crois toujours pas. 

 

Mon prochain livre vient d’être annulé par le groupe éditorial qui avait signé le contrat en toute connaissance de cause, simplement parce que j'ai osé essayer ce fameux outil dont tout le monde parle, et qui défraie la chronique dans le domaine des arts, de la photo, de la vidéo… etc. : l'« intelligence » artificielle générative d’images, Midjourney. 
Ce livre de bande dessinée est une expérience artistique, en lien avec un scénario que j’avais écrit en 2020, qui raconte l'histoire d'une civilisation dévastée par la numérisation du monde, où le récit de l’humanité doit être totalement reconstruit, réinitialisé... Lier la forme et le fond dans ce conte philosophique était bien trop tentant pour que je laisse passer cette opportunité. Le réel rattrapant la fiction (ou l'inverse)… Quel ne fut pas mon enthousiasme de trouver un éditeur intelligent et emballé par cette idée, conscient, et pleinement convaincu par l'importance de publier une telle expérience artistique menée par une démarche d’auteur qui interroge notre avenir : explorer la frontière homme / machine dans un récit graphique... 

J'ai donc signé un contrat en octobre 2022 sur ce principe, avec ce grand groupe d'édition pour ce livre de bande dessinée, « initial_A. ». Un récit de science-fiction (genre que je n'avais pas encore exploré) dont la sortie était prévue à la rentrée littéraire (septembre 2023) et qui devait en toute logique faire parler de lui, au vu de l’avalanche informationnelle au sujet de l’IA. 
Oui, vous avez bien lu « qui était » et « qui devait »... Alors que les 150 pages de l'album sont terminées, finalisées, rendues en temps et en heure, alors qu'il ne reste à lancer que la correction orthographique, la fabrication et la diffusion… la direction de la maison d’édition change d'avis et annule la parution au dernier moment. Les raisons ? Pressions, intimidations, peur, déni, menaces… etc. (les spécialités traditionnelles de notre 21ème siècle ultraconnecté et sa passion d’interdire)... En tout cas, aucune raison juridique, morale ou commerciale mais simplement un bannissement à cause de l'outil utilisé, semble-t-il... 

Bref... Avril 2023, la publication du livre est annulée. Cette nouvelle est arrivée comme une bombe sur ma tête. J'étais effondré... J’ai cherché des solutions, présenté le projet ailleurs.... Mais, en vain... ou pas de réponse. Alors… comme nous sommes quelques-uns à penser que « initial_A. » doit exister, parce que c'est un bon livre, parce que je suis le premier en France à avoir tenté de réaliser une BD d’auteur avec Midjourney, cet « outil de science-fiction » qui effraie et tétanise... Parce qu’avec ce livre je pose un regard lucide et critique sur l’algorithmisation du monde et non un regard de promoteur d’« intelligence » artificielle. Et surtout, parce qu'il est inacceptable dans un pays libre de se faire effacer, censurer une œuvre sans raison réelle... Nous venons de créer le label LOG OUT accueilli, pour l'instant, par « La Maison est en carton ». 
 

logo_jpg

Le financement participatif est en ligne...
Vous pourrez ainsi voir quelques pages de ce « fameux » livre interdit et lire le récit de cette aventure éditoriale. Ou comment faire renaître de ses cendres un livre brulé dans l’œuf… comme au « bon vieux temps » de la liste Otto.
 

 

Nous avons besoin de vos soutiens ! Vraiment.
C'est ici : 

>  https://fr.ulule.com/initial_a

 

Nous vous espérons nombreux à accompagner ce projet fou mais tellement nécessaire pour, certes, reconstruire mon envie créative anéantie (on m’a fracassé les ailes...), mais aussi pour dire non à l'effacement d'œuvres, y compris celles qui nous dérangent... ! 
L'IA s’installe inéluctablement dans notre civilisation et la foule humaine ne lui fait générer pour l’instant que trop de laideur, trop de vulgaire, trop de médiocre, trop de falsification, trop de contrefaçon, trop de deepfake… Et tout cela, enveloppé dans une dangereuse nébuleuse d’ignorance... 
Cette bande dessinée « initial_A. » est un livre d’auteur qui utilise l'IA dans une vraie démarche esthétique et philosophique, qui associe le fond et la forme afin de porter un regard lucide sur notre futur. Effacer une œuvre comme celle-ci, ne résoudra pas le problème majeur de l’humanité... à savoir : sa crétinerie prémium augmentée et ultraconnectée. 

 

Nous allons donc imprimer ce livre...
et le publier ! 

 

Je compte sur vous pour partager et communiquer autour de ce projet. 
D’avance merci. 

— Thierry Murat — 

3 octobre 2023

En librairie le 3 octobre 2023

étagère_IA

En vente libre sur les tables de vos libraires à partir du 3 octobre ! 
Et/ou sur commande en librairie. 

Ou alors ici, en circuit court...

—  initial_A.  Un récit de Thierry Murat / images promptées et générées par l'auteur sur un réseau neuronal artificiel  — 
(Log Out edition / 152 pages / format 24,5 x 27,5 cm / ISBN 978-2-491726-00-3 / Poids net égoutté 1,03 kg) 

12 juillet 2023

Along the seashore

atlantic_city_blues

« Tonight we'll dance outside along the seashore 
A quarter moon will paint our shadows on the cold sand 
You ask me how come we dance ? 
Well there is no reason at all. » 

 

— Joseph Arthur / from the album « Big City Secrets », Real World Records © 1996 — 
( Photographie : dans mon Kodak PixPro, fragments d'été / homeLandes ) 

31 janvier 2025

Je me souviens...

Je me souviens d'avoir raconté dans des cases de graphic novels des rituels sacrés sur la piste rouge des grandes plaines du Dakota... où le temps n'existe pas. Je me souviens d'avoir dessiné en bichromie cet artiste vampire de cinq siècles d’existence, en train de peindre un Golem dans les lueurs de l'aube... à l'heure blanche et éphémère. Je me souviens de l'histoire de ce corbeau dans les neiges du Yorkshire, parlant à un poète français à moitié fantôme, à moitié mort... et infiniment vivant. Je me souviens des sunsets sur la mer Caraïbe. Je me souviens d'un grand poisson avec une épée d'argent, d'un vieil homme épuisé sur sa barque et d'une Volvo déglinguée en route pour l'Italie. Je me souviens d'un Nokia rose, d'une plage de Rimini en morte saison et aussi d'un gamin sous la pluie... et d'un assassin en cavale, les yeux planqués sous son chapeau. Je me souviens d'une cabane perdue au cœur de la Patagonie chilienne, battue par les vents mauvais. Je me souviens aussi d'avoir scruté notre époque embourbée dans la fange de ses algorithmes scatophages. Je me souviens d'avoir insulté la morale, l'éthique et la vanité de la race humaine... malade de sa posthumanité précoce. Je me souviens de tout, mais... tout ce que j'ai écrit s'est enfui. Et tout ce que j'ai dessiné s'est évaporé dans un désert de cendres.
Aujourd'hui, la traversée de ce désert est enfin terminée. Ce matin, je reprends le chemin de ma table à dessin où mes pinceaux m'attendent dans l'encre desséchée par ces deux années de trop longue absence. Le désir du papier et du dessin me happe à nouveau pour un prochain récit au long cours. Un ouvrage accueilli dans le toujours très beau catalogue des prestigieuses éditions Futuropolis. Un livre de bande dessinée qui sera disponible au printemps de l'an de grâce 2026. 
J'imagine alors que mes lecteurs de toujours seront encore là, au rendez-vous... pas trop usés par ces temps postmodernes qui essayent en vain de nous éloigner de l'essentiel. 

 


— Sur mes étagères, fragments de bibliographie ( non exhaustive ) —  

3 février 2022

Collector !

foucault_popMichel Foucault, the famous pop icon of French Theory ! The Guru of post-modernist philosophy ! The King of post-structuralism ! This superb vinyl figure ( 9cm tall / $15 ) of Michel Foucault, the great french philosopher of the seventies, is especially for you, young fetishist « social justice warrior » of the 21st century... 

— Coming soon in this collection : Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze & Felix Gattari, Jean Baudrillard, Jacques Derrida... — 
( Collect them all !!!  And enjoy the vintage taste of French Theory ! ) 

 

18 août 2023

Virtual Summer

VirtualSummer

Le sable était brûlant. Des hallucinations paranoïaques prenaient feu instantanément dans nos organoïdes de synthèse à induction synchronisée. Deborah venait d'échouer brillamment au psychotest de Turing... Sa mémoire cache était en train de fondre sous un soleil de silicium. Au loin, les vagues avaient été désactivées. Moi, pendant ce temps, je commandais nonchalamment au garçon de plage non-binaire un sorbet artificiel à la crème solaire. Vanille/coco en open source. Deep it easy, baby... Deep it easy. « Est-ce ma ménopause ou bien les algorithmes du GIEC en surchauffe ? » me demanda Rebecca... 
Comme je n'avais pas la réponse, j'écrasai tendrement sur sa croupe de silicone mon sorbet artificiel vanille/coco à la crème solaire... Là-bas, sur l'horizon, la brume dansait comme un incendie. Alors, l'air de rien, je downloadai intégralement les données de la baignade en plongeant discrètement ma tête dans le sable brûlant. How deep-learning is your love, darling ? How deep ?... 

Les habitués de la plage de Linkedin ne s'intéressaient guère à la poésie supra-réaliste... Alors, afin de capter du follower, Cynthia eut soudain une idée des plus farfelues. « Et si je m'anal-pluggais un réfrigérateur ? me lança-t-elle d'un air entendu. Je pourrais ainsi profiter pleinement de mon nouveau poste de consultante virtuelle en gestion de leadership, tout en somnolant en présentiel sur le sable en fusion ! » Ne sachant trop quoi répondre à son clin d'œil entreprenant, je me déconnectai brutalement du méta-summer en prenant soin de ne pas réactiver le profil du maître-nageur sauveteur que Dorothy avait canceled en début de saison. Deep me again, honey... Deep me again. 


— Dans mes carnets, écrire des fragments de summertime — 
(Peinture digitale promptée et générée on the beach, avec un réseau neuronal artificiel © Thierry Murat / sur Midjourney) 

17 juin 2021

Oser (semi-auxiliaire falloir)

lecture_graphique

« Encore une belle surprise de lecture... On retrouve là le style élégant de l'auteur, aussi bien au niveau de l'écriture que du dessin et c'est véritablement une réussite. Un huis clos shakespearien qui parle en même temps d'humanité, d'inhumanité, de vampire, d'intelligence artificielle, il fallait oser... Et bien, j’ai envie de dire il faut ! Des lectures graphiques comme celle-là, j’en veux encore et encore. » 

— Yoann Debiais, chroniqueur bd pour Comixtrip et l'Ivresse des Bulles —
(Ne reste que l'Aube / Thierry Murat © éditions Futuropolis / 176 pages en bichromie / 24,6 x 30,7 cm)
En librairie, depuis le 7 avril 2021 

26 octobre 2022

Noir

soulage_63

La rencontre des ténèbres et de la lumière a toujours célébré la vie ; le vivant... Et c'est, depuis la nuit des temps, ce que nous propose l'art dans toute sa majesté régénératrice. Le géant aveyronnais, maître de l'outrenoir, contemple une dernière fois du haut de son mètre quatre-vingt-dix les minuscules lueurs de l'humanité avant de retourner au creux de la nuit utérine. Pierre Soulages est mort hier au soir à l’âge de cent deux ans ; l'âge d'un alchimiste. Longue vie à son immortelle œuvre au noir. 

— Dans mes carnets d'automne, fragments d'octobre — 
( Encre sur papier : Pierre Soulages, 1963 / © Musée Soulages, Rodez ) 

12 juillet 2021

Odyssée

Le Monde_SérieÉté

« Le naufrage oublié du paquebot "Afrique" en 1920 ; la plus grande catastrophe de l’histoire de la marine civile française. Parti de Bordeaux à destination de Dakar, il sombre par 43 mètres de fond, avec à son bord 602 passagers, dont 192 soldats africains de la Grande guerre. Seuls 31 hommes ont survécu. L’équipage, tout comme l’armateur, la Compagnie des Chargeurs Réunis, ont été blanchis sans que soient pour autant dissipés les mystères de cette tempête fatale, tombée dans l’oubli depuis des décennies... » 

— L’odyssée du paquebot « Afrique » / Série d'été publiée dans le quotidien Le Monde.
Cinq épisodes illustrés, sur cinq jours de parution, dans la semaine du 12 au 17 juillet 2021 — 
( Texte de Thomas Saintourens / illustrations de Thierry Murat / direction artistique, Christelle
Laffitte ) 

 

lemonde_picto 1 / Cap sur le rêve colonial 


lemonde_picto 2 / Naufrage dans les ténèbres 


lemonde_picto 3 / Un océan de cadavres 


lemonde_picto 4 / Le temps des polémiques 

lemonde_picto 5 / Mémoires amères 

 

6 octobre 2021

Check Out

tropicaldog

L'humeur tropicale dégouline le long des feuilles de palme. Les hélicoptères, accrochés au plafond de l'hôtel Majestic, malaxent la salsa électro avec la sueur climatisée des touristes vaccinés. 
Quelques Arhuacos, géolocalisés sur snapchat, dansent sur la plage. Cartagène des Indes est bel et bien aux Amériques. 
J'écris avec ce qu'il me reste de voyage ; una sonrisa mundializada. 


— Dans mes carnets, fragments de retour — 
(Dans mon Kodak PixPro, perro caribeño) 
5 mars 2022

10ème jour

chars

En temps de guerre, lorsqu'on est très loin du réel qui cogne sur la ligne de front, le « oui mais » légitimise toujours la pleutrerie. Après s'être autoproclamé épidémiologiste de trottoir pendant deux ans, le commentateur du quotidien connecté se mue soudainement en géopoliticien de comptoir. Et quand on n’a pas forcément grand-chose à en dire, le poncif populiste est bien pratique pour participer au bavardage collectif sur le global network. 


— Dans mes carnets, fragment of times — 

15 mars 2022

Global

pixman2L'artiste de la modernité – celui qui expose ses œuvres sur instagram – est désormais tenté de transformer ses petites érections créatives en NFT. D'aucuns pensaient naïvement que l'ultime projet du « silicon capitalism » était seulement de virtualiser et de marchandiser un des derniers trésors vivants, à savoir les relations humaines connectées. Mais non... 
En fait, le projet est bien plus vaste. Et la spéculation sur la dématérialisation totale de l'art n'est que le début d'une enculade infiniment plus globale. 


Dans mon Digital Sketchbook, fragment non fongible — 

10 août 2022

Ici ça va

feux

Le feu est reparti hier soir dans une cinétique terrifiante. Un feu monstre. Beaucoup plus rapide et plus violent que la dernière fois. Un incendie plus bref aussi. Mais beaucoup plus destructeur. Le cataclysme impose désormais son propre rythme. Exponentiel comme la macro-économie. Dix kilomètres au nord de la maison. Chaos. La planète fait ce qu'elle a à faire dans son continuum affolant. Dans cet éclat brulant de réalité déferlante et sans nuance. Elle se contrefout divinement de nos angoisses solastalgiques pétrifiées dans nos projets décarbonés. Les incantations névrotiques des éco-activistes et les plans d'investissements du Cac40 pour une année moins énergivore... elle s'en balek, la planète. Elle fait ce qu'elle a à faire. Maintenant. Tout de suite. Ah, au fait... Merci d'avoir pris des nouvelles, ça me touche. Ici, ça va. 


— Dans mes carnets dessinés, fragments of times — 

18 février 2023

Crétinerie prémium augmentée

premium_crowd

Depuis novembre dernier, tout le monde parle de l'IA... avec un grand « i ». Et en écoutant de loin ce brouhaha, je dois avouer que l'intelligence artificielle des machines absurdes m'inquiète assez peu. Ce qui me terrifie, surtout, c'est la stupidité bien réelle (donc non-artificielle) avec laquelle la race humaine, lobotomisée par la téléréalité et les réseaux sociaux, va utiliser ces technologies génératives de contenus textes-images jusqu'à éradiquer définitivement notre capacité à faire la différence entre fiction et réalité ; cette capacité qui est pourtant le fondement principal de notre être-au-monde depuis que nous sommes devenus des Sapiens. Nous risquons alors de perdre notre aptitude à nous raconter... Dans cette histoire, il va falloir plus que jamais que la foule réapprenne à faire la différence entre la création artistique digitale et le fake-journalisme connecté. Autant dire entre un parapluie et une enclume. C'est pourtant pas compliqué, mais bon... pour une horde de crétins postmodernes qui ne savent plus faire la différence entre une œuvre et un artiste, entre une satire et une offense, entre un dessin et un blasphème, entre une pandémie et un complot mondial, entre un vaccin et un poison, entre un raccourci et une impasse... Bref, c'est pas gagné. Depuis novembre dernier, donc, tout le monde parle de l'IA... avec un grand « i ». Les passions tristes du quotidien, connectées sur le scrolling du fil d'actu, sont partagées entre une sorte de fascination infantile et une espèce de terreur... Celle que les anciens mystiques appelaient le « mysterium tremendum ». Resurgit alors aujourd'hui la sempiternelle crainte qu'une entité supérieure – le Grand Ordinateur – ne remplace un jour la pauvre petite médiocrité humaine, crédule et influençable. S'il est admis que les machines ne pourront jamais devenir plus intelligentes que les humains (puisqu'elles n'auront jamais conscience d'elles-mêmes), en revanche, les humains vont très vite devenir beaucoup plus cons qu'une machine à calculer et encore plus serviles qu'une machine à laver. Ce n'est pas une prophétie, c'est un constat. L'anesthésie cognitive est déjà en cours d'installation sur nos brightphones depuis plus d'une décennie. Avec l'IA omnipotente, nous allons donc devoir urgemment nous coltiner la valeur du réel et surtout son absence de valeur, tout en essayant de redonner du sens à nos existences. Mais dans cet état de crétinerie augmentée et globalisée, c'est vraiment pas gagné. 


— Dans mes carnets, fragments of times — 
(Image © Thom Yorke & Stanley Donwood, 1999 - 2000) 

16 février 2022

Trace

scribulusL'écrivain de la modernité – celui qui publie sur les réseaux sociaux – jouit de la traçabilité de son lectorat, comme la grande distribution avec le bétail ou les fruits et légumes. Il sait quand et par qui il est lu. Ce qui confère à l'immédiateté numérique le pouvoir d'octroyer la déception immédiate ; l'écrivain de la modernité sait, en temps réel, si il est lu par des cons. C'est indéniablement un gain de temps. Et donc, une certaine idée du progrès. 


— Dans mes carnets, fragment of times — 
(Scribe de Saqqarah / Égypte, 2600 av. J.-C.) 

28 juin 2021

Entretien avec...

TM_portrait

« Ne reste que l’Aube n’est pas uniquement une bande dessinée autour de la figure du vampire. La créature y officie comme un point d’ancrage, dardant un regard omniscient sur l’humanité. L'immortalité transpire de la première à la dernière page de l’album (...). En mettant en scène une créature qui a traversé les siècles, l’auteur met en lumière la lente déliquescence du monde. Ce faisant, il appuie l’idée que des outils comme les réseaux sociaux sont plus liberticides que libertaires.
Alors que Ne reste que l’Aube est sorti en librairie il y a quelques semaines, Thierry Murat a accepté de répondre à nos questions sur la genèse de son album et l'utilisation qu'il y fait de la figure du vampire. » 


— www.vampirisme.com — 
( L'interview vampirique est à lire ici... ) 
blood

27 mai 2021

Humanisme...

Aube_page74

« Dans mon inhumanité, je me sens souvent plus humain que ce troupeau de cloportes qui rampent au pied de ma tour, 153 étages plus bas. C’est ce qui aide mon âme damnée à croire encore en moi… et en l’aube, lorsque je retourne au fond de mes ténèbres. »   (Ne reste que l'Aube, page 100) 

double_Aube

— Ne reste que l'Aube / Thierry Murat © éditions Futuropolis — 
(176 pages en bichromie, tons directs sur papier offset / 24,6 x 30,7 cm / ISBN : 9782754828086) 
En librairie, depuis le 7 avril 2021 

22 juin 2022

Last trip

last_trip

C'était le vent 
sur la route 
qui faisait avancer 
le ciel. 
Vers l'ici et l'ailleurs, 
Kerouac 
avait semé le bordel 
partout. 
Une galaxie 
constellée d'ornières 
n'a pas le temps 
de s'habiller en phrases ; 
les mots calibrés .22 long rifle 
sont des météorites. 
Et toi... 
Que veux-tu garder 
dans ton joli cercueil ? 
La merde ou la poésie ? 

— Dans mes carnets, écrire des fragments — 
(Dans mon Digital Sketchbook, print) 

19 novembre 2022

Enjeu

Terre_T

« Il n'y a que des pas. Des pas derrière moi. 
En reste. 
Ici, dans l'argile encore fraîche qui m'a lié au chemin. 
Mais souvent ce mot va au feu. Très loin dans la chaleur. Dans ma voix il durcit. Alors dans l'achèvement il n'est plus qu'une tuile. Il couvre. Il préserve. Il protège. D'un autre feu.
Plus froid. » 

Ainsi commence « Terre », publié en 1997, chez Opales / Pleine Page, à Bordeaux. Le livre ultime de Thierry Metz (1956-1997). Long poème ultime. Enjeu ultime. 

 

— Photos : « Vers un poète », hommage à Thierry Metz / lecture dessinée de Thierry Murat & la Compagnie Ribambelle / à Lavardac, le 18 novembre 2022 — 

15 juin 2021

Ritualis Lyrae

table_Lyre

« Je t'offre une de mes lampes — tu m'en offres le dessin. Sur cette proposition, le sculpteur Philippe Cuny développe depuis quinze ans un amical rituel avec les stars de l'illustration et de la bande dessinée. L'échange se fonde sur une vision, une sensibilité et une culture partagée. Le jeu mixe le cadeau croisé et l'exercice créatif. (...) Véga est l'étoile majeure de la constellation de la Lyre. Voici quatre siècles, l'astronome Johann Bayer l'a désignée "Vega (Alpha) Lyrae". Que trois noms de ses lampes brillent au firmament d'un atlas céleste de la Renaissance, Cuny l'a découvert comme ça. (...) Le ciel des artistes boucle toujours la boucle : il sait ce qu'il fait. » 

— Texte de François Landon / Extrait de la préface du catalogue de l'exposition Philippe Cuny (Vega Alpha Lyrae), aux Rencontres Chaland à Nérac en octobre 2019 — 
(Dans mon atelier, table de travail, juin 2021 / Dessin pour l'ami Philippe / « Ne reste que l'Aube... et la Grande lampe Lyre », encre de chine sur papier Velin d'Arches, 30 x 60 cm) 

>  www.philippecuny.com 

22 février 2021

Lyrisme

Lyre

Nérac, octobre 2018. Les Rencontres Chaland... 
Attablé en terrasse nocturne avec Jean-François Martin, je noie dans un whisky fraise mon bonheur d'être invité à cette grand messe de la bande dessinée, dans le temple de la Ligne Claire. Alors que mon regard flâne à droite à gauche... j'aperçois un type un peu dandy accoudé au bar en grande discussion avec Serge Clerc. Je demande à Jean-François, qui est ce gentleman ?... Qui ça ? Ah, Philippe ! Me répond-t-il comme une évidence. 
Fichtre ! Mon sang dilué au whisky fraise ne fait qu'un tour dans mes veines jugulaires ! Philippe... Serait-ce Phil Perfect en personne ?! Bonté divine !!! Où est Sam Bronx ?!? Bref... Serge Clerc s'éloigne du type. Arrive alors François Avril à l'arrière plan, près du zinc, avec une blague désopilante au bord des lèvres. Du moins je l'imagine... Car à cette distance, le volume sonore du bar de nuit ne me permet de discerner qu'un lointain mambo électro-chacha et le bruit des vagues sur la Baïse. Soudain, le type – le fameux Philippe – éclate de rire en posant sa main sur l'épaule de François Avril. La scène est graphiquement impeccable... jusqu'au légendaire fouetté de pinceau à la Jijé sur les plis de pantalons.
Philippe qui ? Dis-je, sortant de ma rêverie et faisant sursauter Jean-François Martin qui commençait à s'endormir, le nez dans son tilleul menthe. Philippe Cuny ! Me répond-t-il d'un air entendu. Il fait des lampes... Il est designer. Jean-François sort alors un stylo bille et retourne religieusement le ticket de caisse qui somnolait à côté du cendrier. Il se met à dessiner... Regarde, me dit-il, sa lampe est une véritable icône du design... La lampe Lyre ! Elle ressemble un peu à ça... Jean-François pose le stylo sur la table. Magnifique, non ? Me chuchote-t-il en souriant dans sa barbe. Viens, je te le présente... 

Mars 2020. Je me décide enfin à demander à Philippe, qui entre-temps est devenu un ami, la permission d’installer sa très élégante lampe Lyre dans le décor dessiné de mon livre en chantier ; Ne reste que l’Aube. 
Mars 2021. Dans un mois, le livre sort en librairies (commerces essentiels...). Je regarde le temps qui succède au temps. Et... tout est à sa juste place, comme les légendes... Et comme l'amitié. 


— Dans mes carnets, fragments — 

(Dessin de J.F. Martin, oct. 2018, collection particulière Philippe Cuny) 

13 janvier 2021

Digression (l’art de la)

piano_déglingué

Comme me disait, au siècle dernier, un très vieux professeur de philosophie de la musique ; il n'y a finalement pas beaucoup de demi-tons à parcourir pour arriver à la tierce, la quarte ou la quinte en partant de la fondamentale. La digression chromatique n'est pas un chemin de perdition. Loin de là. Elle permet souvent de retomber habilement et rapidement sur ses pieds dans le pur respect de l'harmonie de la phrase, qu'elle soit majeure ou mineure. Et puisque la musique est un langage, ceci est aussi valable pour la discussion. 


— Dans mes carnets, fragments —
(Photographie © Emma Theobald, 2014) 

18 janvier 2021

Souvenir 2.0

forest

Je regarde le monde
qui n'est plus désormais
qu'un gigantesque ensemble binaire
de petites bulles inclusives, 
ruminantes d'indignations connectées, 
enfermant les individus
dans l’isolement informationnel,

et je me souviens. 

Ici en morte saison,
de loin, je me souviens
de cet état de grâce qui portait jadis
l'humanité vers un éternel désir
de frémissements. 

 

— Dans mes carnets dessinés, écrire des fragments — 

8 janvier 2021

PhiloMoustache !

mustache

« Si nous n'avions pas approuvé les arts et inventé cette sorte de culte du non-vrai, la compréhension de l'universalité du non-vrai et du mensonge que nous procure maintenant la science – cette compréhension de l'illusion et de l'erreur comme conditions du monde intellectuel et sensible – ne serait absolument pas supportable. La probité aurait pour conséquence le dégoût et le suicide. Or, à notre probité, s'oppose une puissance contraire qui nous aide à échapper à de pareilles conséquences : l'art, en tant que consentement à l'illusion. » 


— Friedrich Nietzsche, 1882 / « Le Gai Savoir » §107. Notre dernière reconnaissance envers l'art — 
(Dans mes carnets, philotypographisme) 

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Visite aussi mon site web ! 
www.thierrymurat.com 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Profil instagram > (re)désactivé
(depuis les incendies de juillet 2026)
« Hors d'atteinte de l'anxiety-business 
récupéré par les algorithmes charognards
post-catastrophe » 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Compte facebook > définitivement supprimé 
(depuis janvier 2019) 
« Hors contaminations collectives
émotionnelles et méta-
synchronisées » 



 



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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(depuis février 2025)
« Hors d'atteinte de la novlangue-de-bois
managériale et entrepreneuriale »
 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

AVERTISSEMENT :



 

« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit, dessiné,
ou photographié ce que 
tu aurais voulu
voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)