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Le blog de Thierry Murat
9 août 2019

Oldies but Goodies

alamokid

Désinvolte pistoléro séducteur, violent, raffiné et impitoyable romantique, amateur de vodka glacée, de femelles ardentes et de mouton grillé à l'ananas... 
Sous cette apparence de cow-boy de charme, Alamo Kid est un agent fédéral sévèrement burné, luttant contre le crime au cœur d'un far-west sans pitié, teinté de meurtres et d'érotisme torride. 

( #Houlala  #BalanceTonMitouSurPétition.com )

 

— Cette série italienne fut initialement publiée
dans « l'excellent » magazine Lanciostory
entre 1975 et 1978,
scénarisée par Antonio Mancuso
et dessinée par Giuseppe Montanari,
avant d'être éditée en France chez Sagédition en 1982 —
(un Must absolu...)

8 novembre 2018

Rappel (rappel de)

caligraphisme

Les affirmations immolées 
Qui s'échappent de la voix fragile du poète, 
Sont des sphinx silencieux. 

Celui qui persiste à les confondre 
Avec de l'exutoire, de la posture, 
De la confession intime, 
Ou (pire !)... de la vindicte prosélyte, 
N'est qu'un misérable cloporte procédurier 
Ou un phacochère puceau de l'âme. 

 


 Bien cordialement, La direction — 
(Rappel du rappel publié le 18 mai 2018, en toute légitimité sur ce blog, ici même)

2 novembre 2018

A N I M A B I L I S

animafoto

Voilà... Animabilis – mon cinquième livre chez Futuropolis –
est en librairie depuis hier et à partir d’aujourd’hui ;
deuxième jour du mois de novembre 
de l'an de grâce 2018.
C’est toujours très émouvant de laisser vivre un livre, seul ;
ce lâcher-prise
après l’accompagnement quasi-quotidien,
pendant dix-huit mois, jusqu’à la naissance de l'objet imprimé.

Bref...
Cela demande un peu de détachement tout ça, et… 
surtout beaucoup de confiance en « son » public.
Mais je ne suis pas inquiet. 
Car je sais que vous prendrez soin de cette histoire fragile.
N’est-ce pas ?

 

 

A N I M A B I L I S
Mon tout nouveau récit dessiné,
aux éditions Futuropolis. 160 pages.
Enfin en librairie depuis le 1er novembre 2018 !

19 mars 2019

Merci...

anima_62

Vous êtes nombreux à avoir lu ANIMABILIS… Très nombreux. 

Depuis la sortie de ce récit dessiné en novembre 2018, certains ont préféré se taire ; peut-être pour mieux sublimer le silence qui s’installe à la fin de l’histoire. Quelques uns m’ont fait part de leurs émotions, ou de leur déroute au croisement de ces pages venimeuses et fragiles. D’autres ont même tenté de raconter cette mystérieuse expérience de lecture sur des blogs ou dans des chroniques partagées sur les divers réseaux. C’est troublant tout ça... Et c’est précieux. 

Je n'ai qu'un seul regret. Celui de ne pouvoir jamais vivre cette expérience de lecteur comme vous l’avez fait. M’enfouir dans un fauteuil et me laisser perdre dans ces lignes mouvantes comme des marécages et dans ces images soi-disant hypnotiques... C’est évidemment impossible pour moi. Et c’est très injuste finalement (#sourire). 

Merci à toutes et à tous, donc, lecteurs et libraires, pour avoir accompagné ce livre pendant les premiers mois de sa vie. 

 

A N I M A B I L I S 
Thierry Murat © éditions Futuropolis. 160 pages. 
En librairie depuis le 1er novembre 2018.

11 mars 2019

Conte de saison

chienrage

Ce fût un siècle formidable.
La parole enfin libérée
était devenue superbe et sauvage.

Au bout de neuf décennies
d'ultra connexion quotidienne,
les moutons se transformèrent en chiens
enragés dans leur bave de haine.

Les idées tournaient en boucle.
Sans répit et sans trêve.

Chaque jour une nouvelle obsession
prenait la place de celle d'hier
comme dans le vide ordure
d'un cerveau malade et collectif.

On supprima donc ce grand réseau
où chacun pouvait aboyer librement.
Puis on le remplaça par un immense tissu
de connections primales et cognitives.
Désormais, chaque songe intimement downloadé
pourrait devenir cyber-lumière, mantra
ou poème.

Mais les chiens ne savaient plus rêver.
Alors les chiens devinrent cochons.

 

 

 

 Dans mes carnets / écrire des fragments 

11 octobre 2018

Le pus

SallyMann_2001

Les névroses pasteurisées 
De Wounded Knee 
Et du onze septembre 
En import US.
Les cierges 
Et les « Let it be »…

Et puis les Charlies,
Les « je suis »
Et tout le bataclan.
Les « pas d'amalgame »
Et la liberté d'expression
En suppositoires lubrifiés.

Et puis plus tard
Les hashtags,
Le cynisme ordinaire

Et puis les livres,
Et les manuels scolaires
Que l’on brûle sur Pétitions.com
Et les expos que l’on caviarde.
Et puis les Olympias
Que l’on ferme
À guichets ouverts,
Dans l’allégresse
De quelques mantes religieuses
Sérial cyber-killeuses.

Chaque matin,
La tristesse infinie
De boire
Son propre pus
Inoculé par le siècle
Spectaculaire.

(Mais demain,
Si tu préfères…
Je te parlerai
Du jus de soleil
Qui perle
Au bord
Des lèvres
De l’horizon)

 

 

 Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments 
(Photographie © Sally Mann, 2001)

24 juin 2018

Cochon

cochonchon

Mais qui êtes-vous donc,
Cher ami glané sur facebook,
Pour me tutoyer de la sorte ?

Avons-nous, jadis, gardé
Quelques cochons ensemble ?

Dans cette aube
Aussi indécise et floue
Que votre triste amitié virtuelle,
Je n'ai, hélas, pas souvenir
De cette délicieuse anecdote
Porcine et sociabilisante...

 

– Dans mes carnets, mots en vrac / Dans mes cartons, peinture sauvage –

21 mars 2018

Rebirth (fragments de)

rebirth

« Que la queue de Pégase
Pénètre les ténèbres ! »
– Le Grand Ciel, bleu et froid, a parlé –
Et le printemps, déjà, culbute
La croupe écartelée de l'équinoxe.

Pendant que les alouettes digitales
Se fracassent contre le miroir numérique,
Adonis se fait sucer sur un dolmen.
Shiva danse et jouit
Près de la fontaine Cosmos.
Alors les premières averses de cyprine
Ruissellent enfin le long des cuisses
Des nuages en fleurs.

V'là la vie !


– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments printaniers
et puis faire la sieste –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

Photographie : Constant Puyo (détail) © 1906

19 mars 2018

Partie de chasse (fragments de)

deadinzesnow

Toute la nuit, les chefs de clan avaient traqué l'homme sans relâche.
Grognant leur bave et leur colère.
Misant à nouveau sur les chimères empoisonnées de la vengeance.
Comment pouvait-on encore confondre les raccourcis et les impasses ?

Ils l'avaient traqué jusque à son dernier souffle.
Dans l'empreinte de l'aube, ils l'avaient trouvé. À moitié gelé.
Alors ils l'ont fouetté jusqu'à l'os.
Mordu au sang, battu à mort. Puis, enseveli de haine.
Lui faisant payer pour l'éternité ce qu'il avait fait la nuit dernière.

Pendant ce temps là, du côté de l'autre versant,
Les deux enfants sirotaient encore les dernières gouttes de leur sommeil.
Sucré.

Ignorant tout de la cruauté de leurs nobles pères.
Sans se douter que leurs doux baisers aux étoiles avaient déjà germés
Sous l'écorce de la brume.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments d'humanité
et puis me remettre à dessiner –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

28 février 2018

Culte (fragments de)

vulve

Soumis au culte de la Vulve
Les mâles dominants
Admirent leur détresse

Les Esprits Animaux
Relisant Descartes
Lancent des S.O.S.

La femelle souveraine
Cuisses entr'ouvertes
Annonce la couleur :
« Rouge tu perds
Noir je gagne
C'est moi qui juge
Et qui condamne »

Partout on ne jure que vengeance
Et exemplaires punitions
Éros n'est qu'un simple mortel
Comme tous les démons

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de mythologie,
et puis éteindre la radio –

(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

14 mars 2018

Feu ! (fragments de)

sabbat

Je pense sincèrement que celui qui n'a jamais dansé nu autour d'un feu, lors d'une nuit de pleine lune, pour convoquer ses lumineuses ténèbres, n'est pas le mieux placé pour théoriser - selon ses propres petits critères - sur la nécessaire obligation d'un monde meilleur pour tous.

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments de pensée jungienne
et décadente, puis préparer une infusion d'ortie –

(rien à voir avec mon nouveau livre en cours, quoi que...)

Photographie : anonyme / nuit de sabbat à Alderley Edge / Angleterre, 1969

13 mars 2018

Printemps (fragments de)

printemps

Le bon peuple révolutionnaire, dans son immense désir de justice fraternelle, avait construit un monstrueux ruban d'asphalte à travers champs afin que tout le monde puisse vivre équitablement le printemps qui s'avance, dans une harmonieuse communion de masse.

Le petit rebelle, sans demander son dû, a pris la première sortie, pour rejoindre le chemin poudreux d'escampette. Ce bord de ruisseau vers son enfance toute étourdie. Loin de tout, il s'est mis nu. Et il a dansé la carmagnole avec les filles de Cadet Roussel.

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments d'echapée belle
et puis faire un bouquet de pensées sauvages –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

20 novembre 2017

Exil (fragments d')

embrums

Retiré
Depuis son poste
De sentinelle
Le poète se marre
Dans ses peurs

Il pleure
Dans la mare

Un horizon de sel

Il écoute le silence
Des pierres
Qui dérive
Sur les brisants

Et le cri
Des cargos
Se perd
Dans le courant

Alors le poète écrit
Le vacarme translucide
Des oiseaux
Qui dans le vent s'agitent

 

– Dans mes carnets, mots en vrac, écrire des fragments d'embrums
et puis rentrer au port –
(rien à voir avec mon nouveau livre en cours)

Photo © Henri Cartier-Bresson, 1956

11 novembre 2015

Au Musée !

p
« Les Amis du Musée de la Bande Dessinée » à Angoulême, ont eu la bonne idée de m'acheter 5 planches originales qui font désormais parti du fond (comme on dit). Dont celle ci-dessus, qui n'est pas dégueu (faut bien l'avouer...). Un peu l'impression d'entrer au Panthéon, de me faire canoniser avant l'heure ou d'être enterré vivant. Drôle de truc...

10 novembre 2013

Pacifique sud... (Chili #4)

09_jetée

Caleta Portales. Le port de pêche de Valparaiso.

Tiens... Je la connais cette jetée. Je l'ai dessinée dans « Les larmes de l'assassin » et sans l'avoir encore jamais vue ! Etrange... Sauf que c'était la jetée de Punta Arenas dans le récit, tout au sud du Chili. Peu importe...

10_camping

Ha bon ? J'aurais bien planté la tente ici, face aux pétroliers sur la ligne d'horizon.

11_elephants

Regarde ! Des éléphants de mer sous la jetée ! Y'en a des dizaines... Dingue !

lobo

Ici on les appelle « lobos del mar ». Des loups de mer. Ça leur va bien...

trempette

Emmanuel (Lepage) et Firmin (mon fils) se trempent les orteils dans l'eau froide du pacifique sous le regard moqueur des pélicans.

12_pelicanos

A Valparaiso, quand on regarde en haut, ça grimpe...

13_maisons_haut

Et quand on regarde en bas, ça descent... Vers la mer, toujours !

maison_bas

Là, on n'est pas très loin de la maison de Pablo Neruda... Il s'était choisi un joli coin, non ? De toute façon, des coins comme ça, y'en a des centaines à Valparaiso...

14_toit_tolle

... il suffit d'ouvrir les yeux.

mural

Le saviez-vous ?
Le « Robin des bois du Chili » est un français ! Emile Dubois... Né en 1867 dans le Pas-de-Calais.

Ici, au Chili, il a volé, truandé, tué, étranglé, égorgé... Tout ça pour redistribuer aux plus miséreux. Il en est mort... (fusillé à Valparaiso en 1907).

N'empêche qu'aujourd'hui encore, au cimetière de Valparaiso, on lui voue un véritable culte. Des centaines d'ex-votos sur sa tombe ! C'est un héros populaire, en quelque sorte... C'est pas beau, ça ?

15_emiledubois

Et c'est Français, ça, monsieur ! Oui... Parfaitement !

16_nuit_valpo

Allez, dernière nuit à Valpo... Les centaines de milliers de loupiotes sur les collines ne s'eteignent donc jamais ?

Suite et fin... Demain, si tout va bien.

7 avril 2009

Je la montre à ces messieurs !

souris_verte

Les organisateurs du Salon du Livre Jeunesse de Monbazillac (15 et 16 mai prochain), ont demandé à tous les illustrateurs invités de dessiner une souris verte afin de composer un "patchwork" pour le visuel de l'affiche. Je leur ai fait ça ! Une souris extra light... à la chlorophylle...

Il me tarde de voir les autres !
'Aime bien les souris, moi...

> Les drôles lecteurs à Monbazillac (Dordogne) 15 et 16 mai 2009
http://eclatsdelire.over-blog.com

9 avril 2009

Esprits de la forêt

esprit

Hier soir, en invoquant les esprits de la forêt, je me suis mis à faire cette image...
C'est alors que ces quelques vers des Fleurs du Mal me sont revenus en mémoire.

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.


Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

5 avril 2009

Une fausse affiche, y’a qu’ça d’vrai...

primitive_art

Bon... Puisque dans mon dernier message, je parlais du Musée des Arts Premiers, et bien je me suis amusé à faire une fausse affiche pour une expo imaginaire, comme ça, pour le plaisir de faire l'affichiste. Ils doivent se régaler les bons affichistes... Milton Glaser, Michel Bouvet, Ronald Curcho, Paul Cox, Isidro Ferrer, Raúl...

J'ai parfois la nostalgie du métier de graphiste que j'ai exercé pendant dix ans...
Alors souvent, l'envie me chatouille de faire une image frontale, de choisir une belle typographie et de poser un titre, quelques mots pour faire sens. Maintenant que ce blog existe, vous n'y couperez pas... Y'aura de temps en temps la rubrique « fausses affiches » et vous vous direz, tiens, ça y est, ça le reprend...

29 mars 2009

Le salon du Bouscat

le_bouscat

Ce week-end, c'était le Salon du Livre Jeunesse du Bouscat, à côté de Bordeaux. Chouette petit salon... Connaissais pas... Cette année, les organisateurs, en plus de m'inviter sur le salon, m'avaient confié la réalisation de l'affiche (illustration et conception graphique).

Y'avait (entre autre) le beau Régis Lejonc, le talentueux Martin Jarrie, la sympatique Malika Doray, la géniale Claire Franek et l'incroyable Ingrid Monchy. Que du bonheur !

Y'avait aussi une super expo de La Maison est en Carton !

Bon... Les bonnes choses ont une fin. Je garde accroché sur mon "mur d'images" la petite carte postale souvenir que l'organisation a fait imprimer.

Elle est pas mal cette affiche finalement...

carte_postale

31 mars 2009

Un sacré bouquin !

dieux_1

Je viens de recevoir mes exemplaires d'auteur de "DIEUX", mon dernier livre... C'est un texte "coup de poing" de Thierry Dedieu que j'ai illustré. À défaut d'avoir fait un livre sacré... Je crois que nous avons fait un sacré bouquin... Ce qui est sûr c'est que c'est un bel objet. Beau papier, super bien imprimé... en italie. C'est mon copain Alfred (qui vit à Venise maintenant) qui a été au "calage" chez l'imprimeur.

Voilà... Que dire de plus ?
Que ce livre est dédié à mon ami Jean-Luc Barreau, architecte à Bordeaux et que si "DIEUX" existe, c'est grâce aux éditions l'Édune. C'est courageux d'éditer un album comme celui-là. Vous comprendrez pourquoi lorsque vous allez vous précipiter chez votre libraire pour le découvrir...

Ha... Oui... Dernière chose : C'est Pollen qui assure la diffusion. Ils ont fait du bon boulot puisque la librairie du musée des Arts Premiers, quai Branly à Paris, en a commandé un plein carton ! C'est trop la classe... Non ?

dieux_2

> Pour en savoir un peu plus sur ce "sacré bouquin" :
http://www.thierrymurat.com/jeunesse.php

2 octobre 2025

Autoportrait

L'autoportrait n'est-il qu'un simple exercice de style narcissique ? Ou bien une mise en abîme ?... Un miroir métaphysique ? Au XVe siècle, les artistes de la Renaissance se prêtant à ce jeu – ce « je » – voulaient renforcer la frontière encore floue entre l'art et l'artisanat, affirmant ainsi leur génie facétieux : « Qui suis-je ? Celui que tu vois, ou bien celui que je veux que tu vois ? Où suis-je ? Derrière le miroir représenté sur la toile, ou bien là, juste derrière toi ? ». Quoi qu'il en soit, la mise en scène de soi est devenu tellement vulgaire depuis l'avènement des réseaux sociaux, que le selfie – l'égoportrait, comme disent les québécois – est désormais aussi méprisable qu'un tweet sur X. La numérisation de nos existences privilégie la signification mais elle en efface le sens ; « I follow, therefore I am – Je suis, donc je suis ». 

 

 

— Dans mes carnets dessinés, écrire des fragments de notes — 
( Dessin : encre de chine, typex et trame mécanique ) 

3 septembre 2025

Avant la nuit

À l'autre bout de l'océan, là-bas, les conquistadors du techno-business enfilaient des centaines de milliards de crypto-jetons dans l'entrecuisse de l'ogresse digitale. Ici, le social network tapinait même sur la plage, jusqu'aux abords cradingues des sous-niveaux de la zone de décharge cognitive. Mais entre chiens et louves, le endless summer animiste reprenait son souffle adolescent, l'espace d'un instant, avant de disparaître derrière l'horizon.

 


— Dans mes carnets, écrire des fragments of times — 
( Photo : Dans mon Kodak PixPro / homeLandes ) 

7 août 2024

Lecture d’une vague

« En somme, on ne peut observer une vague sans tenir compte des aspects complexes qui concourent à la former et de ceux tout aussi complexes auxquels celle-ci donne lieu. Ces aspects varient continuellement, de sorte qu’une vague est toujours différente d’une autre vague ; mais il est vrai aussi que toute vague est pareille à une autre vague, même si ce n’est pas forcément celle qui la touche ou la suit immédiatement ; bref, il est des formes et des séquences qui se répètent, même si elles sont distribuées irrégulièrement dans l’espace et dans le temps. Comme ce que monsieur Palomar a l’intention de faire en ce moment c’est simplement de voir une vague, c’est-à-dire de saisir toutes ses composantes simultanées sans en négliger aucune, son regard s’attardera sur le mouvement de l’eau qui vient battre le rivage tant qu’il continuera d’enregistrer des aspects qu’il n’avait pas saisis jusque-là ; dès qu’il s’apercevra que les images se répètent, il saura qu’il a vu tout ce qu’il voulait voir et pourra arrêter. Homme nerveux vivant dans un monde frénétique et congestionné, monsieur Palomar tend à réduire ses relations avec le monde extérieur et pour se protéger de la neurasthénie générale cherche, autant qu’il le peut, à garder ses sensations sous contrôle. » 
 


— Italo Calvino, 1983 / « Monsieur Palomar », extrait du chapitre 1.1.1 — 
( Photographie : dans mon
Kodak PixPro, homeLandes ) 

19 juin 2024

Season

Je me souviens 
du rugissement des vagues 
et de la lumière du ciel 
chargée d’odeurs épicées 
qui s’échappaient 
des fleurs immortelles de la dune. 


Au loin, un vieux single 
de la Capitol Records 1966 
nous fredonnait du happy together 
et du wap doo wap forever. 



— Dans mes carnets, écrire des fragments — 
( Photographie : dans mon Kodak PixPro, homeLandes ) 

25 octobre 2021

Pescaíto

pescaito_barrio

À Santa Marta, près de la frontière vénézuélienne, la Colombie devient caribéenne. Tu peux me croire... l'air y est plus lourd qu'une enclume chauffée à blanc. Et c'est dans la rue que tu réalises que la nuit noire est une offrande, lorsque le jour se cogne contre les murs du barrio Pescaíto. 


— Dans mes carnets, écrire des fragments — 
(Dans mon Kodak PixPro, tropical blues) 

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« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit, dessiné,
ou photographié ce que 
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voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)