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Le blog de Thierry Murat
1 décembre 2020

Dehors

wetgarden

La peine a du mal 
à se faufiler entre les vides 
du ciel et du chagrin. 
Alors quoi ? 

Les insignifiantes tragédies
du monde
ne sont que des flaques 
où l'écriture ne prend pas. 
Les mots dissous 
entre les plaintes disjointes 
ne racontent rien. 
Le carnet repose alors la question. 
Alors quoi ? 

Une chaise sous la pluie. 
Un nid. 
Un tas d'os dans la boue. 
Un feu. 

Écrire comme un manche 
de pioche. 
Et faire germer la charogne. 
Alors ça va. 

 

— Dans mon Digital Revio, fragments de poème humide — 

14 novembre 2022

Un kilo quatre

crétin_augmenté

Les 182 pages sont terminées. Bien rangées dans le carton à dessin. Un kilo quatre d'encre et de papier. Bientôt ce sera un livre ; le compte-rendu dessiné de mes nombreuses discussions avec le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag, durant toute cette année 2022. Une relecture graphique et philosophique de la pensée de Miguel et de ses écrits, où il sera question de numérisation du monde. De tyrannie des algorithmes. De virtualisation du vivant et du réel. De catéchisme technoscientiste et postmoderne. De colonisation de l’humain et de la culture par la machinerie digitale. De projets cauchemardesques initiés par les promoteurs de vies augmentées et donc… d'humanité diminuée. Un signal d’alarme. Une gifle froide… Coming soon. 


— À paraître fin mai 2023, aux éditions Delcourt / La Découverte — 

9 mars 2021

Human downgrading

algo-data

Si l'on regarde le réel droit dans les yeux et que l'on cesse de conjecturer le fantasme progressiste, cette ambiance dépressive de début de siècle est une bénédiction pour les algorithmes qui apprennent sagement de toutes nos faiblesses et de toutes nos peurs, afin de mieux découper la civilisation en identités blessées, offensées, discriminées, stigmatisées, etc. La finalité étant simplement de capter du temps de connexion de manière exponentielle pour produire de la croissance financière de manière... exponentielle. Ça on le sait depuis le début de l'histoire. 
Mais ne soyons pas plus adulescent que l'on nous enjoint à l'être en se contentent de dire naïvement que « l'important est d'en être conscient »... Non. Tout cela est hélas bien plus complexe et délétère. Grâce à la dopamine générée par le marketing de soi-même et l'addiction aux nombres de likes ou de vues, les IA encore balbutiantes sont en train de comprendre comment contrôler parfaitement les émotions, les convictions, les indignations et les frustrations de la foule, en créant une dépendance absolue, bien plus forte que celle à la nicotine ou à la cocaïne. Même ceux qui se sentent éloignés de tout ce réseau neuronal artificiel sont atteints sans s'en rendre compte, puisque désormais, la machine ronge la totalité des cerveaux, lentement mais avec abnégation, comme un cancer généralisé. 
Certains radars, ou garde fous, que l'on appelait jadis artistes, ou intellectuels, nous alertent pourtant depuis longtemps. Mais ces alertes peinent à toucher la foule qui choisi plutôt d'écouter les influenceurs de la culture connectée du divertissement et préfère s'engager dans le militantisme virtuel pour défendre des particularismes minoritaires, intolérants et prosélytes qui fragmentent l'humanité en une multitude de pixels éparpillés dans la cendre froide et la poussière. 

 

Dans mes carnets, écrire des « fragments of times » — 
(Photo © Unsplash / Taylor Vick) 

28 novembre 2020

Vivant

anima_2018

Animabilis fête ses deux ans 
À peine éclos début novembre
De l'an de grâce deux mille dix-huit 
Le livre étrange encor vivant 
Au creux de l'âme du cœur de l'ambre 
La poésie toujours en fuite 


— A N I M A B I L I S  / Thierry Murat © éditions Futuropolis, novembre 2018 — 
(Réouverture des librairies ; retrouvaille des livres amis...) 

2 septembre 2022

California Dreamin’

freeway

« C’est une histoire d’amour et de mort en terre d’or, et elle commence par le pays. La vallée de San Bernardino n’est qu’à une heure de route à l’est de Los Angeles par la San Bernardino Freeway, mais à certains égards c’est un endroit étranger ; non pas la Californie côtière des crépuscules subtropicaux et des doux vents d’ouest du pacifique, mais une Californie plus rude, hantée par le Mojave juste derrière les montagnes, dévastée par le souffle sec et brûlant du Santa Ana qui s’engouffre entre les cols à 160 km/h, gémit dans les eucalyptus coupe-vent et tire sur les nerfs. Octobre est le pire mois pour le vent, le mois où il est difficile de respirer et où les collines s’embrasent spontanément. Il n’a pas plu depuis avril. Chaque voix semble un cri. C’est la saison du suicide et du divorce et de la terreur rampante, partout où souffle le vent. Les mormons se sont installés dans ce pays inquiétant, puis l'ont abandonné. Mais quand ils partirent, les premiers orangers avaient déjà été plantés et, pendant les cent années suivantes, la vallée de San Bernardino allait attirer des gens qui s'imaginaient pouvoir vivre au milieu de fruits talismaniques et prospérer dans l'air sec. Des gens qui apportèrent avec eux leurs mœurs du Midwest en matière de construction, de cuisine, de prières, et qui essayèrent de greffer ces mœurs sur cette terre. La greffe prit de curieuses façons. » 

— Joan Didion © 1966 / « L’Amérique », Chroniques / éditions Grasset — 
(Photo : vidéogramme d’après « Jerry Cotton G-man Agent C.I.A. », un pulp movie de 1965) 

11 février 2022

Géométrie

teknokub

Dans cet enfermement cubique et digital, les tribus étaient devenues hermétiques. Ceux qui avaient appris à aimer le vide en apprivoisant l'incertitude et l'inexplicable, en silence, donnaient vie à leurs angoisses secrètes. Et ceux qui avaient choisi de faire de leur souffrance un déni infantile, pour se rassurer, vomissaient sans répit une rage suicidaire prisonnière d'elle même. Dans ce réel numérisé, le parallélisme des mondes ne s'encombrait plus de l'utilité rationnelle de la géométrie euclidienne. 

— Dans mes carnets, fragments of times — 
(Photographie : Monolithe de Jean Nouvel, 2002 / Structure métallique sur plate-forme flottante en béton / Hauteur : 34 m / Arteplage de Morat, Suisse) 

17 décembre 2021

So lonely, I could die

Heartbreak_Hotel

Le 10 janvier 1956, dans les studios RCA à Nashville, Elvis enregistre cette étrange complainte. Loin des swinging fifties. Au bord du précipice. En déséquilibriste visionnaire. Toute la légende naissante de ce gamin de vingt et un ans semble prendre racine dans ce white blues des bas-fonds, comme dans un film noir ; sur cette ligne de contrebasse qui suinte le long des rideaux flétris d'une chambre d'hôtel et dans ces maigrelettes notes de piano, étincelantes dans un ciel sans étoile. On est bien loin du frétillant Blue Suede Shoes qui tourne en boucle à la radio en cet hiver 56. Et si c'est encore un peu du rockabilly old school de Memphis Tennessee, il y a surtout ce trois-fois-rien d'autre chose qui se dégage du son orageux de Heartbreak Hotel... Mais quoi ?, me demandais-je fébrilement en terminant ce dessin. 


— Dans mes cartons, fragments dessinés — 
 (Dessin ©Thierry Murat / Magazine Pop Icons #1 / À paraître début juin 2022...) 

21 novembre 2021

Auguste tristesse

grand'lande

« Aucun, peut-être, n'aura dit quelle était jusqu'à nous l'irrésistible fascination sur l'habitant de cette terre de silence et de paix, d'espace sans limites ; de tristesse aussi, si l'on veut, – des étrangers qui la traversèrent distraitement au sortir du tumulte enfiévré de leurs villes et ne pouvant la comprendre, le lui ont parfois reproché, – mais d'une tristesse auguste et toute à elle, d'une infinie douceur, née de la poétique nudité entourante, d'un vague recueillement des choses dont le charme mystérieux, pénétrant l'âme primitive de la trace, la vouait à une rêverie muette, d'inconscient et de perpétuel enchantement... » 

— Texte et photographie de Félix Arnaudin, né en 1844 et mort en 1921 à Labouheyre (Landes de Gascogne) / Extrait de « Choses de l'ancienne Grande-Lande » © 1926 / éd. Gallica - BNF — 

20 janvier 2022

Mythe

récit ample

« S'attaquer à un mythe est toujours complexe. Avec Ne reste que l'AubeThierry Murat s'attelle à l'un des plus ancrés dans l'imaginaire collectif – le mythe du vampire – en évitant les poncifs et en détournant les attentes grâce à une approche futuriste, une tonalité mélancolique, un dessin immersif... » 


— Rémi Inghilterra / Journaliste bd / Chroniqueur chez BoDoï / Membre du comité de sélection au festival d'Angoulême — 
(Ne reste que l'Aube / Thierry Murat © éditions Futuropolis)
En librairie, depuis le 7 avril 2021 

7 avril 2022

Inordination

wonderwhere

Le solipsisme de nos neurotransmetteurs bio-connectés nous exhortait à trouver sacré le caprice des algorithmes. Ainsiab absurdo, nous en étions venus à envier la béatitude des machines. Notre conscience se confondait alors avec la platitude des écrans. 


— Dans mon Digital Sketchbook, fragment of times — 

11 novembre 2021

Monde d’après

Living Room

Pendant que le druide marseillais pleurniche sous son bonnet d'âne, et que la courageuse blonde américaine explique la stratégie de l'enculade algorithmique aux parlementaires européens, l'homo-neurasthénicus-cyber-connectum, lui, est fin prêt pour le prochain et ultime confinement augmenté : la méta-crétinerie immersive mondialisée. 


— Dans mes carnets, écrire des fragments of times — 
(Photographie : « Portable Living Room », sculpture de Walter Pichler © 1967) 

26 novembre 2020

Fox

fox

Immobile, ajusté et éclairé, le dessin laisse humblement quelques traces apeurées dans la neige immortelle pour plus tard ; une intime promesse d'apaisement individuel à venir, bien à l'écart du chaos collectif. 


— Dans mes fragments de vieux carnets oubliés/retrouvés —

(Pour toi, Pierre, où que tu sois maintenant...) 

31 décembre 2021

1er janvier 2122

NFW_122

En ce début de 22ème siècle, la valeur universelle – et donc la forme poétique – des messages de bonne année importait peu. À l'instar de n'importe quelle donnée valorisée non-fongible, les NFW (Non-Fungibles Wishes) flattaient surtout l'ego. Ils étaient distribués gratuitement tous les 1ers janvier par l'Empreinte Système à la crypto-populace, sur ses neuro-screens synchronisés. Les NFW étaient certifiés d'unicité, offrant ainsi une valeur médiane reposant uniquement sur la propriété individuelle augmentée. Ils pouvaient être revendus le double, le triple ou au centuple sur le GoodPlace. Ces crypto-vœux s'inspiraient ouvertement des fortune-cookies du 21ème siècle. Ce qui leur conférait un certain charme désuet en provoquant une charge émotive à bon marché, déjà supérieure à la valeur minimale avant spéculation.
Certains NFW contenaient des messages progressistes cryptés. Ça, c'était le petit premium+ offert par l'Empreinte Système aux avatars de la Knockchain, en chaque début d'année, afin de perpétuer le sens de la fête post-moderne pour les générations futures. 


— Dans mes carnets, fragments of times — 

19 novembre 2020

Novembre 2048

crowd

L'avènement de l'application Procréation_Sans_Contact avait plongé l'humanité dans une turbulence psychotique sans précédent. Depuis plusieurs décennies, la confusion avait dépassé l'entendement... 
Sur les écrans des neuro-interfaces, synchronisées en connexion cognitive par l'Empreinte-Système, la foule publiait de manière compulsive et paranoïaque une multitude infinie de théories déconstructivistes et post-structuralistes. 
Paradoxalement, certains groupuscules activistes en étaient venus à remettre en cause l'existence même de l'Empreinte-Système qui n'aurait été, d'après eux, qu'une construction mentale globalisée depuis la nuit des temps. « L'empreinte-Système n'existe pas ! », hurlaient-ils sur les écrans de cette même Empreinte-Système, espérant alors sécuriser leur âme par le pire des scénarios négationnistes... 
Il en est toujours ainsi, lorsqu'une civilisation se met à douter de l'existence réelle de ses fondements, même les plus absurdes et les plus délétères ; elle s'écroule soudain, comme un vieux château de cartes moisies. 

— Dans mes carnets, fragments of times — 

5 novembre 2021

Nocturne

Nocturne

« On est emporté par l'ambiance de cette conversation nocturne et par la noirceur du dessin. Quand il ne reste que l'aube après la lecture, c'est que la hantise ne disparaît pas... »

— Adrien Tournier / Librairie l'Atelier / Paris 20e / Haut Belleville — 
(Ne reste que l'Aube / Thierry Murat © Éditions Futuropolis) 
En librairie, depuis le 7 avril 2021 

21 octobre 2021

Le roi est nu

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Entouré du monumental visuel de fond de scène, saturé de notifications et d'injonctions précédées de hashtags totalitaires, me voici donc... Posant pour la postérité sur le trône de l'exposition consacrée à « Ne reste que l'Aube », à Évreux. Un bel espace, un bel accrochage et quelques vitrines dévoilant discrètement mon petit cabinet d'intimes curiosités. On se sent souvent nu (sous sa blouse), en de pareilles circonstances. Tout dépend alors du chauffage... inévitablement. 

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À quelques encablures de la soirée d'inauguration, on m'a demandé gentiment de repeindre un mur ; partie intégrante de la scénographie. Modestes traces – oscillantes entre calligraphie et abstraction figurative – éclairant cet espace feutré à la lueur d'un chandelier et de deux bougeoirs. 

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Cette éphémère présence intemporelle reste en place jusqu'à la fin de l'année. Merci à la ville d'Évreux et à toute l'équipe de la Maison des Arts. Spécial merci à Frédéric Bihel... 

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— Exposition « Les Mondes Futurs » Thierry Murat (Ne reste que l'Aube / éd. Futuropolis) & Xavier Coste (1984, d'après Orwell / éd. Sarbacane), à La Maison des Arts d'Évreux, du 15 octobre au 31 décembre 2021 — 
(Commissaire d'exposition : Frédéric Bihel) 

12 octobre 2021

Cosmix 2021

expoBog01

Cinq planches inédites de bande dessinée expérimentale exposées au Centre Culturel Gabriel García Márquez, à Bogotá. Un accrochage quelque peu monumental qui essaye de scénographier ma vision personnelle du comic strip à la verticale... Merci à l'Alliance Française et au Goethe Institut de Bogotá, pour la carte blanche et l'invitation au voyage. 

expoBog02

— Exposition collective « Jump The Wall ! » à Bogotá, du 24 septembre au 23 octobre 2021 — 
(Commissaire d'exposition : Camilo Vieco) 

16 novembre 2020

Faire silence

table_sacrée

Comment peut-on encore croire
qu'un dessin est une offense ?
Comment peut-on ainsi confondre
les raccourcis et les impasses ?
Le dessin est la langue parfaite.
C'est un langage archaïque, moderne
et absolu.
Depuis la nuit des temps,
c'est la langue de l'âme ;
comme la poésie, la musique
ou l'extase sexuelle. 

Les seuls et uniques prophètes
dignes d'être respectés,

et honorés, ici-bas,
sont ceux qui maîtrisent totalement
ce langage sacré.
L'artiste est équipé congénitalement
pour être un voyant extra-sensoriel,
c'est ainsi. 

Alors il faut faire silence
devant cette connaissance universelle 
de la signification et de la représentation
du tout existant. Et il faut se taire
devant la puissance d'abstraction

qui en découle. 

Il faut faire silence. 
Surtout lorsque l'on ne possède rien d'autre
que des dogmes ou des croyances. 

 

— Dans mes carnets, écrire des fragments —
(Dans mon Digital Revio, table sacrée, intime rituel) 

26 septembre 2020

Pardonne-nous nos songes...

moon_moon

« L’être commencé homme s’achève abstraction. Tout à l’heure il avait du sang dans les veines ; maintenant il a de la lumière, maintenant il a de la nuit, maintenant il se dissipe. Saisissez-le, essayez, il a rejoint le nuage. Du réel rongé et disparaissant sort un fantôme comme du tison une fumée. Tel est ce monde, autant lunaire que terrestre, éclairé d’un crépuscule. Quant à la quantité de comédie qui peut se mêler au rêve, qui ne l’a éprouvé ? On rit endormi. 

L’assoupissement du corps est-il un réveil des facultés inconnues, et nous met-il en relation avec les êtres doués de ces facultés, lesquels ne sont point perceptibles à notre organisme quand la bête le complique, c’est-à-dire quand nous sommes debout, allant et venant en pleine vie terrestre ? Les phénomènes du sommeil mettent-ils la partie invisible de l’homme en communication avec la partie invisible de la nature ? Dans cet état les êtres, dits intermédiaires, dialoguent-ils avec nous ? Jouent-ils avec nous ? Jouent-ils de nous ? Ce n’est pas ici le lieu d’aborder ces questions, plus scientifiques que ne le croit l’ignorance d’une certaine science. » 

 

— Victor Hugo, 1864 / Le Promontoire du Songe — 
(Dans mon Digital Revio, fragments lunaires on ze road) 

30 août 2021

Illusionnisme

Bosch_1480

En initiant ou en co-organisant des embryons de révolutions populistes – comme les cortèges de gilets fluo en plastoc ou les troupeaux obscurantistes de ruminants anti-médecine, militant pour la potion magique – les réseaux sociaux ne savent faire, bêtement, que ce pourquoi ils ont été créés : fabriquer de l'illusion en générant de la surinformation émotionnelle afin d'affaiblir la connaissance universelle. That's (only) what I said. 


— Dans mes carnets, écrire des fragments hérétiques — 
(Peinture : Jérôme Bosch, 1480 / « L'Escamoteur » / Huile sur bois, 53 x 65 cm

11 novembre 2020

#chibi

astro

#ChibiAstroBoy ! Comme on dit sur les connected networks du twenty-first century, quand on veut créer du social link au sein d'une digital community, parait-il. Pfff... Fais-moi rêver, brand new world, avec l'indigence de tes éléments de langage qui nous éloignent encore davantage de la densité de cet intime secret ; être au monde. 

Oh oui ! Oh oui ! Traite-moi encore de boomer technophobe… J’adoOoore !  

 

— Dans mes carnets, fragments gribouillés — 
(D'après Osamu Tezuka / 1928-1989) 

19 septembre 2021

Ubiquité

expo_Aube_bando

En septembre / octobre 2021, il sera question de « Ne reste que l'Aube », de quelques fragments de moi un peu partout... et donc, inévitablement, d'ubiquité. 

• Du 24 septembre au 23 octobre 2021, SUREXPOSITION II, dans le cadre du festival FORMULA BULA, à la galerie Immix, Quai de Jemmapes, Paris 10ème. « Immix galerie expose des œuvres que tout oppose sauf leur allusion forte à la photographie. Thierry Murat, dans Ne reste que l’Aube, traite l’image à la façon d’une photo haut-contraste dont est expurgé tout demi-ton et tout dégradé. La lumière se fait crue, dure, rasante, comme au coucher ou à l’aube, rappelle Caravage, ou, en BD, l’œuvre de Muñoz. Avec toutefois un monochrome très personnel à l’auteur qui nous immerge entre chiens et loups. La vraisemblance si typique de la photographie persiste, mais se fait ambiguë ; nous reconnaissons New York, mais nous sommes à Stockholm à la fin du 21ème siècle... La vraisemblance photo fait paradoxalement fonctionner l’imaginaire et sert superbement l’économie d’expression. » (Commissaire d'expo : Carlo Werner) 

• Du 15 octobre au 31 décembre 2021, LES MONDES FUTURS, à la Maison des Arts d'Évreux. « Flash back sur le parcours de Thierry Murat à travers une décennie de bande dessinée, en six livres publiés aux éditions Futuropolis. Et une grande exposition scénographiée autour de son dernier ouvrage ; Ne reste que l'Aube. » (Commissaire d'expo : Frédéric Bihel) 

Du 20 septembre au 22 octobre 2021, à Mont-de-Marsan. Exposition d'une dizaine de planches originales de ÉtuŋwAŋ / Celui-Qui-Regarde (Thierry Murat © Futuropolis, 2016) dans le cadre du festival PAL'ARBRE, à la librairie Caractères - Café Social Club. 

Du 24 septembre au 23 octobre 2021, exposition collective à Bogotá. « Six artistes internationaux et quelques colombiens sont invités au centre culturel Gabriel García Márquez par l'Alliance Française pour le vernissage de cette exposition, pour des conférences, des tables rondes, des ateliers... Thierry Murat y expose cinq planches inédites réalisées spécialement pour l'occasion, autour du thème de l'événement : JUMP THE WALL ! » (Commissaire d'expo : Camilo Vieco) 



— Paris, Évreux, Mont-de-Marsan, Bogotá, et au-delà... — 

6 novembre 2020

Cages

cage

Et toi alors, 
dis-moi... 
Laquelle as-tu choisie 
des cages idéologiques, 
morales ou religieuses, 
que les singes modernes 
ont trouvées jusqu'ici 
pour rendre 
leur neurasthénie chronique 
plus supportable, 
et se protéger d'eux-mêmes. 

 

— Dans mes carnets, écrire des fragments — 
(Dans mon atelier, monotype sur papier Velin d'Arches) 

4 novembre 2020

Un kilo trois

carton_à_dessins

Je pose le carton à dessin
sur l'établi.
Cent-soixante-douze pages,
un kilo trois.
Le livre est terminé. 

La main se retire
de l'écriture
et du trait.

Lentement.

Elle sait qu'il faudra
revenir plus tard,
pour une autre histoire 
à raconter, 
d'autres obsessions,
d'autres colères
à soigner,
peut-être. 

Mais pour l'heure,
l'esprit quitte la main. 

Il lui faut marcher pieds nus
dans les feuilles mortes du jardin,
blotties dans le givre du matin. 

Il lui faut manger un fruit
juteux comme le sexe cru
de la femelle amie. 

Il lui faut croiser de nouveaux sourires
espiègles, au détour d'un chemin
de caillasse, loin des villes, 
toujours. 

Il lui faut retrouver
le vent qui cravache la peau
érectile ; tendue.

La main se retire.
L'esprit quitte la main.
Le livre est terminé. 
« Je est un autre ». 

 

— Table de travail, novembre 2020 / Nouveau récit dessiné à paraître / 
Thierry Murat © éditions Futuropolis / 172 pages en bichromie — 
En librairie à partir du 7 avril de l'an de grâce 2021 ! 

25 juin 2021

Apocryphe

zinternaute

C'est dans une très grande confusion que nous apprenons à l'instant cette information préocupante au plus haut point. En effet, il semblerait que plus de deux milliards de faux zinternaute·e·s viennent de signer la gigantesque fausse pétition en ligne : « #WeWantThruth ». Un taux de participation sans précédent ! Les algorithme·e·s retiennent leur souffle... Indubitablement, le monde s'interroge. 

— C'était un communiqué de Jusqu'ici-tout-va-bien, merci de nous avoir suivis —
(Dans mes carnets pictographiés : Crétinus-Digitalum-Activistae-Numéricus / XXIe siècle) 

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AVERTISSEMENT :

 

 

« Je veux bien être entièrement tenu 
pour responsable de ce que je publie ici, 
mais je ne peux en aucun cas être jugé 
coupable de n'avoir pas écrit, dessiné,
ou photographié ce que 
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voir ou entendre. » 

Bien cordialement, 
– La Direction – 

 



 

 


 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

En ce moment sur ma table de nuit :

 

 

 

 

 

 


(En application cutanée, trois fois par jour. 
Protège l’individu des névroses collectives et sociétales. 
Puissant analeptique, riche en fer et en potassium.)